MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

8 mars en Centrafrique : Dialogue et mobilisation pour les droits des femmes

8 mars Celebration RCA 2

Les femmes et les filles centrafricaines ont été au centre de plusieurs activités organisées à Bangui et dans d’autres villes du pays à l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes célébrée le 8 mars. À travers des tables rondes, conférences-débats, marches de sensibilisation et actions communautaires organisées par la Police de la MINUSCA, les Forces de sécurité intérieure et d’autres partenaires, ces initiatives visaient à favoriser les échanges sur les défis liés à l’accès des femmes et des filles aux services essentiels de sécurité, santé, justice et protection sociale, tout en encourageant leur autonomisation et leur participation active à la construction de la paix en République centrafricaine.

A Bangui, lors d’une table ronde consacrée à l’approche communautaire et à la prévention, Saly Baro Dramé, animatrice, a déclaré que : « L’approche communautaire est essentielle pour prévenir les violences et renforcer la confiance entre la population et les Forces de sécurité. À travers le dialogue, la sensibilisation et l’écoute des communautés, nous pouvons mieux protéger les femmes et les filles et encourager leur accès aux services essentiels ».

L’Adjudant Marie-Claire Zanga, membre des Forces de sécurité intérieure, a partagé son expérience personnelle en tant que femme engagée dans les Forces de défense et de sécurité : « Je veux dire aux jeunes filles qu’elles doivent croire en leurs capacités. Nous avons toute notre place dans ce secteur et nous pouvons contribuer activement à la construction de la paix et de la sécurité dans notre pays ».

Mobiliser aussi les étudiantes de l’Université de Bangui à militer pour leurs droits

L’Association du personnel local de la MINUSCA a organisé le 6 mars 2026 à Bangui une conférence-débat autour des questions liées à la lutte contre les violences faites aux filles et aux femmes, à l’endroit des étudiantes de l’Université de Bangui.

Selon Armelle Rebecca Pana, membre de cette association, le taux de violences sexuelles et de violences basées sur le genre est très élevé dans le pays, d’où la nécessité d’impliquer davantage les filles et les femmes dans la lutte contre ces pratiques.

Fabiola Doriane Cassandra Bagalama, étudiante en master 1 à la Faculté des sciences juridiques et politiques de l’Université de Bangui, a apprécié cette initiative et dit s’engager à combattre les différentes formes de violences faites aux femmes et aux filles à travers la sensibilisation auprès des communautés.

La journée du 8 mars a également été marquée par diverses activités dans plusieurs villes de la République centrafricaine.

À Bouar, dans la Nana-Mambéré, la célébration a débuté par une marche pacifique. La population a également bénéficié d’une campagne médicale organisée par le contingent médical bangladais de la MINUSCA, ainsi que d’une séance de sensibilisation à la santé reproductive et à l’hygiène au profit des femmes détenues de la Maison centrale de Bouar. Plus de 200 d’entre elles ont également pris part à des activités culturelles.

À Birao, dans la préfecture de la Vakaga, quatre jours d’activités ont réuni la MINUSCA, le HCR, les autorités locales et les femmes autour de la promotion des droits des femmes et de l’accès à la justice. Ateliers de réflexion, actions de solidarité à l’hôpital de Birao, marche de sensibilisation et exposition de produits réalisés par les femmes locales, avec les bénéficiaires du programme de Réduction de la violence communautaire et les réfugiées soudanaises, ont marqué ces festivités qui ont mobilisé plus de 3 000 participants.

À Yalinga, dans la Haute-Kotto, la célébration de la Journée a constitué une première pour la population. Les activités ont été organisées sous l’impulsion de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) de la sous-préfecture, en partenariat avec le Gouvernorat de la région du Fertit ainsi que la MINUSCA, sous le thème : « Droits, justice et action pour toutes les femmes et les filles », afin d’encourager la participation active des femmes et des filles de la sous-préfecture au développement de leur localité.

Cette première célébration revêt une signification particulière en raison des défis auxquels font face les femmes et les filles de cette localité, tels que la participation à la vie politique, l’autonomisation économique et la promotion de l’éducation des filles.

« À Yalinga, je n'ai jamais été témoin d'une célébration du 8 mars. Aujourd'hui, nous avons marqué cette journée. Je souhaite que l'on construise une école pour adultes ici à Yalinga. Les filles ne savent ni lire ni écrire, ce qui constitue un obstacle pour notre avenir, car la main-d'œuvre qualifiée provient de Bria, où l'on sait lire. Nous ne voulons plus de cette situation », a déclaré Petula Yassikodjo, une habitante.

À Ndele dans la Bamingui-Bangoran, les femmes ont eu l’opportunité de faire entendre leur voix lors d’une marche.

Ingrid Josette Souembot Nee Sandanga