Les populations de Koursou, localité située à environ 40 km de Bouar, dans la préfecture de la Nana-Mambere, ont reçu le 19 mai 2026, la visite d’une mission conjointe d’évaluation conduite par les autorités locales et la MINUSCA, à la suite du meurtre d’un éleveur de bétail deux semaines plus tôt, avec pour consequences des risques de représailles. La mission devait donc y évaluer la situation sécuritaire, recueillir les préoccupations des communautés affectées et rassurer les populations pour ainsi encourager un retour progressif à la normale.
Le meurtre de l’éleveur a provoqué des craintes de représailles et entraîné le déplacement d’habitants.Face à cette montée des tensions, la MINUSCA a rapidement déployé sur place des patrouilles de sécurité, accompagnées d’activités civilo-militaires pour soulager les populations. Ces actions ont contribué à un retour progressif des habitants.
« Grâce à la présence des patrouilles, nous constatons aujourd’hui un retour partiel des populations déplacées », s’est félicité le représentant du chef de groupe de Koursou, Yogo Judes, qui a attiré l’attention de la délégation sur « des cas de vols de semences et de bétail dans les maisons et champs abandonnés , avant deplaider pour un renforcement des patrouilles de la MINUSCA afin d’optimiser « la protection des civils et de leurs biens ».
Une réunion publique avec les autorités administratives, les représentants de l’appareil judiciaire, les leaders communautaire, ainsi que les représentants des jeunes et des femmes de la localité a permis à la MINUSCA de recueillir les préoccupations des populations affectées.
A en croire Zodiwane Alain, président de la jeunesse locale, « du fait des rumeurs persistantes de représailles, une partie des populations déplacées est restée dans les localités environnantes de Baoro et de Ngaindoua en attendant un retour complet à la normale ». Et de déplorer les conséquences humanitaires de la crise, car « Au moins deux personnes sont décédées pendant la fuite, et une femme a accouché dans la brousse ».
Les impacts sur la vie quotidienne sont également préoccupants. Jean Nandoye, une habitante âgée de Koursou, atteste que « de tels événements ne s’étaient jamais produits dans la localité (…)Les enfants n'ont pas fréquenté l'école pendant deux semaines alors que nous sommes en période d’examens, ce qui perturbe le calendrier scolaire ».
Autre temoignage, celui de Bekossi Yvonne-Gisèle, une jeune femme présente lors de la rencontre. « À cause de l’insécurité, croit-elle, les femmes ne vont plus aux champs alors que la saison des pluies bat son plein ».
En réponse, le secrétaire général de la sous-préfecture de Bouar, Thélésphore Kazama, s’ engage à « plaider auprès des enseignants pour l’organisation de séances de rattrapage au profit des élèves affectés et l’amélioration de l’accès des populations aux services de santé ».
Pour sa part, le procureur près le Tribunal de grande instance de Bouar, Aubin Romaric Bendounga, a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire : « J’invite toute personne disposant d’informations sur l’identité des auteurs à les dénoncer. Restez vigilants, nous serons toujours à vos côtés pour lutter contre l’impunité ».
Aux populations, la MINUSCA a rappelé son mandat de protection des civils, tout en les exhortant à renforcer leur collaboration avec la Mission et les forces de défense et de sécurité pour une bonne appréciation des besoins et une réponse adéquate, car malgré une accalmie progressive, la situation demeure fragile, nécessitant une vigilance continue et une mobilisation conjointe des autorités, des partenaires et des communautés pour consolider le retour à la stabilité.
La MINUSCSA s’est aussi engagée à plaider auprès des autorités compétentes pour la réouverture des écoles, l’amélioration de l’accès aux services de santé et la relance des moyens de subsistance dans la zone.
Dramane Darave










