Le 25 février 2026, la ville de Birao, chef-lieu de la Vakaga, a vécu un événement inédit : une rupture collective du jeûne réunissant musulmans et chrétiens. Cette initiative à forte portée symbolique intervient dans une préfecture du nord-est de la République centrafricaine longtemps éprouvée par des crises sécuritaires et des tensions communautaires.
Frontalière du Soudan et du Tchad, la Vakaga demeure confrontée à l’insécurité liée aux incursions de groupes armés, à l’afflux de réfugiés soudanais et à la présence limitée de l’État dans certaines localités, notamment Tissifongoro, Sikkikede et Aouk.
Les différentes crises qu’a connues le pays y ont fragilisé la cohésion sociale, y compris entre différentes confessions religieuses, notamment chrétienne et musulmane, accentuée par la dernière crise intercommunautaire majeure de 2019. Mais des efforts considérables des communautés, avec l’appui multiforme de la MINUSCA, ont contribué à reconstruire le tissu social et consolider la coexistence pacifique. C’est dans cette dynamique que la MINUSCA a organisé, le 25 février, une rupture collective du jeûne du Ramadan et du Carême
Fruit d’efforts concertés
Première du genre dans la Vakaga, l’initiative a réuni environ 100 participants, au nombre desquels des leaders des confessions religieuses, des autorités locales, des représentants de femmes et de jeunes, ainsi que des réfugiés soudanais. A travers une représentation équilibrée de différents segments de la société, cette initiative visait à donner une nouvelle ardeur au dialogue interreligieux, au vivre ensemble, ainsi qu’au respect et à la compréhension mutuels.
Pour rendre possible l’événement, la MINUSCA a eu une série de consultations avec les différentes communautés pour garantir l’inclusivité des communautés représentées. S’y ajoutent des initiatives du Bureau de la MINUSCA à Birao visant à promouvoir la cohésion sociale entre la population hôte et les réfugiés soudanais estimés à plus de 26,000 au quartier Korsi de Birao.
L’accord de paix local signé en octobre 2025, entre les communautés soudanaises et centrafricaines et facilité par la MINUSCA a aussi contribué à promouvoir l’accalmie et la reprise des mouvements transfrontaliers. Des efforts concertés qui ont, tous, concouru à ce moment de partage empreint de convivialité apprécié par tous.
Des messages d’unité, de reconnaissance et d’espoir
« Voir les prêtres et les imams assis ensemble, partager le même repas, cela nous rassure. Nous, à la base, nous avons toujours vécu ensemble. Ce sont les crises qui nous divisent, pas la religion », a fait valoir Mahamat Nour Chaibou, leader communautaire à Birao.
Le préfet par intérim de la Vakaga, Bernard Npkodan, a salué cette initiative, soulignant sa portée symbolique. « C’est un message fort que la MINUSCA a voulu transmettre en réunissant musulmans et chrétiens pour cette rupture collective du jeûne. »
Dans la foulée, l’Imam de la mosquée centrale de Birao, Guido Khalifa, a exprimé sa reconnaissance envers la Mission : « Que Dieu donne la sagesse au personnel de la MINUSCA afin qu’il continue à œuvrer pour la cohésion sociale et la paix dans la Vakaga. »
Le curé Brice Goumba n’est pas en reste : « Par cet acte, la MINUSCA nous montre le chemin de l’amour, du respect mutuel et de l’unité. »
Autre satisfaction, celle du président du comité des réfugiés soudanais à Birao Issa Fadali qui a salué les efforts de cohésion sociale et la générosité de la population hôte. Occasion pour lui de prier pour la paix au Soudan et en Centrafrique tout en exhortant les participants à promouvoir le vivre-ensemble.
Des messages bien accueillis par le chef de bureau de la MINUSCA à Birao, Amadou Moctar Diallo, qui souligne que cette rupture interconfessionnelle est illustrative de l’engagement continu de la Mission à accompagner les communautés locales dans leurs efforts de consolidation de la paix et de renforcement du dialogue interreligieux dans la Vakaga.
Et cela inclut le soutien de la Mission aux mécanismes locaux de prévention et de gestion des conflits, notamment les Comités de mise en œuvre préfectoraux (CMOP), aux Comités de transhumance et aux Comités locaux de paix et de réconciliation (CLPR), sans oublier son appui à la promotion des messages de paix et de vivre-ensemble à travers la radio communautaire Yata FM. Des actions, toutes, menées en coordination avec les autorités locales et les leaders religieux.
Mamouda Tankoano


















