Depuis le déclenchement de la crise militaro-politique de 2013 en République centrafricaine, près de 300 000 Centrafricains ont trouvé refuge au Cameroun voisin. Dans le cadre du processus de retour volontaire, quelque 7 000 réfugiés sont rentrés en RCA, principalement en 2024, accompagnés d’un nombre important d’enfants dépourvus d’actes de naissance. Parmi les localités concernées, Gallo, située à 75 kilomètres de Bouar (Ouest RCA), où150 enfants ont eu droit, le 30 avril 2026, à des jugements supplétifs tenant lieu d’actes de naissance.
L’absence d’actes de naissance constitue, à bien des égards, un obstacle majeur à l’accès des enfants à leurs droits fondamentaux, notamment à l’éducation, aux soins de santé et à la protection juridique. De plus, elle compromet leur pleine réintégration socio-administrative au sein des communautés d’accueil.
Dans la localité de Gallo, 2 369 retournés, représentant 779 ménages, sont directement concernés par cette problématique. Aussi, la confection de ces documents apparaît-elle comme une intervention prioritaire et essentielle pour garantir l’identité juridique de ces enfants, renforcer leur protection et favoriser une réintégration durable et inclusive des populations retournées.
Pour la MINUSCA, initiatrice de cet appui, en collaboration avec le Commissariat national pour les réfugiés (CNR), il s’agit non seulement de garantir l’accès aux droits fondamentaux, mais surtout renforcer la cohésion sociale. En effet, au-delà de sa valeur administrative, ce document constitue un socle pour l’exercice de nombreux droits, notamment en matière d’éducation, de citoyenneté et d’accès aux services sociaux.
C’est donc à juste titre que lors de la cérémonie, l’importance capitale de l’acte de naissance a été rappelé à l’attention de tous, en tant que document essentiel pour l’identité juridique de tout citoyen.
Prenant la parole, le maire intérimaire de Foh, Barbou-Danggock Joseph, s’est réjoui de cette avancée significative pour les bénéficiaires. « Ces actes permettent aux enfants d'effectuer des examens scolaires et d'obtenir ultérieurement des cartes d'identité nationale », a-t-il souligné, illustrant l’impact concret de cette démarche sur l’avenir des enfants.
De son côté, Abdoul Karim Ali, président de la communauté des retournés de Gallo, a insisté sur la responsabilité des parents dans la conservation de ces documents. « Nous demandons aux parents de garder soigneusement ces actes. Ils sont essentiels pour garantir l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré, exprimant sa gratitude envers la MINUSCA et les autorités locales et nationales pour leur engagement en faveur de l’accès à la citoyenneté centrafricaine.
Le secrétaire général de la sous-préfecture de Baboua, Amatou Simeon, a quant à lui plaidé pour la multiplication de telles initiatives. « J’en appelle aux adultes qui n'ont pas d'acte de naissance à se rapprocher de la municipalité pour en obtenir un », a-t-il lancé.
Au nom de la MINUSCA, Kokou Sylvestre Zounou, intérimaire de la cheffe de bureau pour la région de l’Équateur, a rappelé la portée symbolique et juridique de l’acte de naissance. « C’est le premier document d’État et il joue un rôle crucial tout au long de la vie. Il confère une identité, un lien de parenté et une appartenance à une famille, une culture, une communauté et un État », a-t-il affirmé.
Il a également exhorté les bénéficiaires à en faire bon usage. « Nous appelons les familles à conserver ces documents avec responsabilité afin que les enfants puissent exercer pleinement leurs droits, notamment en matière de scolarisation », insistant sur la responsabilité collective envers les plus jeunes, car, fait-il valoir, « Les enfants sont l’avenir, et leur accompagnement est une responsabilité partagée ».
Les jugements supplétifs ont été transcrits par la mairie de Foh, dans la sous-préfecture de Baboua, à l’issue d’audiences foraines organisées au bénéfice des enfants réfugiés et déplacés de retour dans la localité.
Il convient de souligner l’accès aux documents d’identité et la protection des droits des enfants constitue des piliers essentiels pour la reconstruction du tissu social et l’avenir des communautés retournées en République centrafricaine. En cela, cet appui est aussi inscrit au nombre des priorités de la MINUSCA.
Par Dramane Darave










