Près de 400 femmes issues de toutes les couches sociales de la préfecture de la Nana-Mambere ont célébré, le 7 mars 2026 à Bouar, la Journée internationale des femmes, édition 2026. Placée sous le thème international « Droits, Justice, Action pour TOUTES les femmes et les filles », décliné au niveau national en République centrafricaine sous l’intitulé « De la reconnaissance des droits à l’action concrète : garantir aux femmes et aux filles centrafricaines l’accès aux services sociaux de base et à la justice », cette célébration a constitué une opportunité de mobilisation multisectorielle.
La célébration a débuté par une marche, suivie de la remise d’un mémorandum aux autorités locales. Elle rassemblé les institutions nationales, les partenaires internationaux, les organisations de la société civile, les leaders communautaires et les populations locales autour d’objectifs communs en faveur de l’égalité et de l’autonomisation des femmes.
Présidant la cérémonie, Pierre Keguenan Minang Fils, Secrétaire général de la préfecture de la Nana-Mambéré, a souligné la pertinence de cette thématique dans le contexte centrafricain où, malgré l’existence de textes garantissant leurs droits, les femmes continuent de faire face à de nombreuses inégalités dans les domaines de l’éducation, de l’emploi, de la santé et de la participation politique, tout en étant souvent victimes de violences basées sur le genre. « L’objectif est de renforcer la mobilisation pour bâtir une société plus juste et inclusive, en plaçant les femmes et les filles au centre des préoccupations », a-t-il dit, en substance.
Prenant la parole au nom de ses consœurs, Céline Gbiebivo, présidente préfectorale de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) dans la Nana-Mambéré, a souligné que malgré les avancées enregistrées, de nombreux défis persistent, notamment les disparités sociales, les violences basées sur le genre et la sous-représentation des femmes dans les instances de décision. « Il est essentiel de soutenir l’entrepreneuriat féminin et de transformer les idéaux de parité en réalités concrètes », a-t-elle indiqué, tout en encourageant les femmes à poursuivre leurs ambitions et à utiliser cette journée pour revendiquer leurs droits.
De son côté, Claudia Douate, officier de police, a insisté sur le rôle crucial de la justice dans la protection des femmes et des filles. « La justice doit lutter contre toutes les formes de violences et garantir que les auteurs soient poursuivis », a-t-elle affirmé, lançant également un appel à l’implication des hommes : « Les hommes ont un rôle incontournable dans la lutte pour l’égalité, la protection et le respect des droits des femmes. Leur engagement est essentiel pour parvenir à un changement durable ».
Au nom de la MINUSCA et des agences du système des Nations Unies dans la Nana-Mambéré, Jasminka Kumbric, cheffe du bureau de la MINUSCA pour la région de l’Équateur, a rappelé l’importance de cette journée pour la réflexion et l’action en faveur des droits des femmes et des filles. « La Journée internationale des femmes offre une plateforme pour rassembler les acteurs nationaux et internationaux et transformer les engagements en actions concrètes, durables et adaptées. Ces actions visent à consolider la paix par l’inclusion, promouvoir la justice sociale et contribuer à la stabilisation durable du pays », a-t-elle expliqué.
Elle a également réitéré l’engagement constant de la MINUSCA et du système des Nations Unies à améliorer durablement la condition des femmes et des filles en République centrafricaine, notamment en favorisant leur pleine inclusion dans tous les secteurs de la société. « La priorité est de faire de l’égalité, de la justice et de la dignité une réalité pour toutes et tous », a-t-elle ajouté.
Clémence Yado, de la section des Affaires sociales à Bouar, indique, pour sa part, que cette journée demeure un symbole fort de la lutte pour les droits des femmes et la fin des inégalités. « Les femmes sont invitées à se lever ensemble pour revendiquer leurs droits. Nous exhortons également les décideurs à prendre des mesures concrètes pour garantir ces droits », a-t-elle plaidé, rappelant avec force que « le droit ne se donne pas, il s’arrache ».
La célébration s’est poursuivie avec des lectures de poèmes, des prestations artistiques et théâtrales ainsi qu’une exposition des activités génératrices de revenus menées par les femmes. Des initiatives de sensibilisation de la MINUSCA sur la lutte contre l’exploitation et les abus sexuels ont également été présentées.
À travers ces différentes activités, les participants ont réaffirmé leur engagement à sensibiliser, défendre et promouvoir les droits des femmes et des filles en République centrafricaine, tout en soulignant la nécessité d’un investissement collectif pour bâtir un avenir plus égalitaire, inclusif et respectueux des droits humains.
Dramane Darave


















