MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Des tribunaux reconstruits pour rapprocher la justice des populations centrafricaines

Tribunal une

Les populations centrafricaines bénéficient progressivement d’un meilleur accès à la justice grâce à la construction et à la réhabilitation des sièges des juridictions des cours d’appel et des tribunaux de grande instance, appuyées par la MINUSCA dans plusieurs préfectures du pays. Entre 2014 et 2026, de nombreux projets de réhabilitation et ou construction d’infrastructures judiciaires ont été mis en œuvre en partenariat avec les autorités nationales.

Une justice fragilisée par des années de conflit

Les nombreuses années de conflit armé et de violences, qui ont frappé la République centrafricaine, ont déstabilisé les institutions étatiques, y compris celles des systèmes judiciaire et pénitentiaire dans plusieurs villes. Cette situation a considérablement entravé le fonctionnement régulier des juridictions et donné lieu à l'impunité des auteurs de violations graves des droits humains.

Grâce aux efforts du Gouvernement et de ses partenaires dont la MINUSCA, la situation sécuritaire est en constante évolution et les fonctionnaires sont désormais progressivement redéployés, ce qui permet aux institutions publiques de reprendre leurs activités. Cependant, certains groupes armés ont continué à vandaliser systématiquement les locaux des cours et tribunaux constituant un grand défi à la reprise effective des activités judiciaires. Dans certaines localités, les audiences publiques se tiennent dans la salle de réunion de la mairie lorsqu’elle est disponible ou tout simplement sous des arbres.

La réhabilitation et l’équipement des tribunaux

C’est dans ce contexte que la MINUSCA a entrepris d’appuyer les autorités nationales dans la construction et réhabilitation ainsi que l’équipement des bâtiments des cours et tribunaux, conformément à son mandat de contribuer au rétablissement et à la consolidation de l’État de droit ainsi qu’au bon fonctionnement des institutions judiciaires nationales,

De 2014 à 2026, 36 projets de réhabilitation ou de construction de tribunaux de grande instance incluant une cour d’appel ont ainsi été mis en œuvre dans plusieurs préfectures parmi lesquels 27 ont été finalisés et officiellement remis aux autorités centrafricaines, comme à Bossembele, Carnot, Ndele, Birao, Obo et Bambari. Les bâtiments nouvellement construits ou réhabilités sont entièrement équipés et dotés d’un système d’énergie solaire autonome.

Ces infrastructures permettent d’améliorer l’accès à la justice, de renforcer les conditions de travail des magistrats et de contribuer au redéploiement effectif de l’autorité de l’État ainsi qu’à la lutte contre l’impunité.

Le tribunal de Bossembele, symbole du retour de la justice

Le dernier bâtiment judiciaire remis aux autorités nationales, le 11 février 2026, est celui du siège du tribunal de grande instance de Bossembele, à 153 km de Bangui.

Selon Folly Messan, représentant de la MINUSCA à l’occasion de la cérémonie présidée par le directeur de cabinet du Ministre de la justice, la réhabilitation et la remise du tribunal de Bossembele constituent le symbole du retour progressif de l’État et de la Justice dans la préfecture.

« Cela illustre l’engagement constant de la MINUSCA, conformément à son mandat, à accompagner le Gouvernement centrafricain dans la restauration de l’autorité de l’État, le renforcement de l’État de droit et la lutte contre l’impunité sur l’ensemble du territoire national. Cet investissement est une contribution concrète à la redynamisation de la chaîne pénale et à l’amélioration de l’accès à la justice pour les citoyens », a-t-il dit.

Awa Pauline, une habitante de la ville, a exprimé sa satisfaction : « Je suis heureuse de l’inauguration de ce tribunal. Lorsqu’il y a la justice dans un pays ou une ville, la délinquance diminue. Faute de tribunal, beaucoup de choses se sont produites et nous, les femmes, avons été victimes de nombreuses violences. Merci à la MINUSCA, car aujourd’hui Bossembele devient une ville de justice. J’encourage les femmes victimes à ne pas avoir peur et à saisir la justice en cas de violation de leurs droits ».

À Birao, la reprise des audiences dans le nouveau bâtiment réhabilité par la MINUSCA suscite l’espoir

Remis officiellement aux autorités nationales le 4 décembre 2025, au cours d’une cérémonie présidée par le Ministre d’Etat chargé de la Justice, de la promotion des droits humains et de la bonne gouvernance, le bâtiment du tribunal de grande instance de Birao, réhabilité par la MINUSCA, donne une autre image de la justice. En l’absence de toute infrastructure, les magistrats affectés à cette juridiction tenaient des audiences à ciel ouvert ou sous des arbres. C’est pourquoi, la reprise des audiences dans le nouveau bâtiment a suscité un vif intérêt auprès des habitants. Plus d’une centaine de personnes ont alors assisté à l’audience inaugurale. Pour beaucoup, le retour du tribunal symbolise une avancée majeure dans la réhabilitation de la justice dans la Vakaga, mais aussi un pas décisif vers la paix et la promotion des droits fondamentaux.

Selon Nestor Namsene, Président du tribunal, cette première audience a permis de « corriger plusieurs dysfonctionnements dans la chaîne judiciaire », citant notamment les dépassements des délais de garde à vue et de détention préventive.

Serge Elise Biandoka, un jeune de Birao, exprime sa satisfaction : « Je suis content de la reprise des audiences. C’est un signal fort pour nous, les jeunes, afin que nous puissions changer de comportement. »

Le soutien de la MINUSCA au déploiement et à la formation des magistrats

Au-delà des infrastructures, la MINUSCA facilite également le redéploiement du personnel judiciaire dans plusieurs préfectures. 63 nouveaux magistrats, dont trois femmes, ont prêté serment le 11 juillet 2025 à Bangui et ont été affectés à divers postes à travers le pays. Parmi eux, 59 ont été formés à l’École nationale de la magistrature de Bangui, avec le soutien de la MINUSCA.

 

Biliaminou Alao