Une délégation de la Commission de consolidation de la paix des Nations Unies a récemment séjourné en République centrafricaine dans le cadre d'une visite officielle, marquée par une série de rencontres de haut niveau et des visites de terrain. Leurs objectifs, évaluer les efforts de consolidation de la paix et de prévention des conflits dans le pays.
Conduite par l'Ambassadeur Omar Hilale, Représentant permanent du Royaume du Maroc auprès des Nations Unies et Président de la Commission, accompagné de la Sous-Secrétaire générale chargée de la consolidation de la paix, Elizabeth Mary Spehar, la mission a débuté par des échanges approfondis avec les principales institutions nationales impliquées dans le processus électoral.
La délégation a, à cet effet, rencontré les présidents du Conseil constitutionnel, de l’Autorité nationale des élections (ANE), du Haut Conseil de la communication ainsi que les membres du Cadre de concertation pour les élections, avec qui les discussions ont permis de faire le point sur la préparation de second tour des élections et de souligner l’importance d’un processus inclusif et transparent.
Des échanges ont également porté sur la question centrale de la mutualisation des efforts pour contribuer efficacement à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix en RCA.
« Nous avons échangé sur les avancées du mécanisme de la justice transitionnelle et sur l’appui déjà fourni par le bureau du PBF. Nous avons également évoqué les résultats obtenus grâce à cet appui. Ils nous ont déjà fait part de leur satisfaction sur place et ont indiqué qu’ils transmettraient ces informations à New York, au siège des Nations Unies », a indiqué Jean-Pierre Waboé, Président du Conseil constitutionnel.
La visite a également accordé une place importante aux acteurs non institutionnels, à l’instar du Réseau des femmes parlementaires, l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) et autres organisations de la société civile. Des échanges qui ont mis en relief le rôle clé des femmes dans les processus de paix.
Anne Yindoua, Présidente de l’OFCA, témoigne : « Le fonds PBF a appuyé les organisations de la société civile, dont l’OFCA fait partie, et nous a permis de nous redéployer dans l’arrière-pays, notamment à Bambari et à Kaga-Bandoro. Nous avons mené des actions de mobilisation communautaire autour des textes juridiques relatifs aux droits des femmes, tels que la loi sur la parité, la Convention sur l’élimination de toutes formes de discrimination à l’égard des femmes et la résolution 1325. Nous avons également formé des leaders communautaires et religieux et des leaders féminins sur la consolidation de la paix, le vivre-ensemble et la cohésion sociale ».
Autres entretiens, celles avec la Cour pénale spéciale (CPS) et la Commission Vérité, Justice, Réparation et Réconciliation (CVJRR) autour des avancées et défis de la justice transitionnelle. Occasion pour l’Ambassadeur Omar Hilale de saluer les efforts conjoints des deux institutions.
Des échanges ont également réuni la délégation et le Premier ministre Félix Moloua, accompagnés de plusieurs membres du gouvernement, notamment en charge de l’économie et du programme DDR. Ensemble, ils ont passé en revue le rôle catalytique du Fond de consolidation de la paix à faciliter la réintégration des combattants désarmés et à ouvrir la voie à l’emploi des jeunes et à l’entreprenariat des femmes, ainsi que l’appui de la communauté internationale au plan national de relèvement.
Moment fort de la visite, la délégation a été reçue par le Président Faustin-Archange Touadéra, récemment réélu à la suite d’élections groupées auxquelles les Nations Unies ont grandement contribué. L'Ambassadeur Hilale et la Sous-secrétaire générale de l'ONU, Elizabeth Mary Spehar, ont eu l’opportunité de prendre part à son investiture, le 30 mars 2026, aux côtés de plusieurs officiels nationaux et de la communauté internationale, dont des représentants des Nations Unies.
« Nous lui avons parlé de l’appui de la Commission de consolidation de la paix, notamment de son soutien à ses efforts et de son accompagnement dans toutes les actions qu’il entreprend pour renforcer la paix, la sécurité, la stabilité, le développement économique, la réconciliation nationale, ainsi que la justice et la reddition des comptes », a précisé Ambassadeur Omar Hilale.
Le 1er avril 2026, la délégation s’est rendue à Bouar, dans l’Ouest du pays, pour y évaluer les projets financés par le Fonds pour la consolidation de la paix. Le premier projet visité intitulé « Projet visant à réduire les tensions entre les rapatriés et les communautés d’accueil » a pour vocation de réduire les tensions entre rapatriés et communautés d’accueil. Les bénéficiaires ont témoigné des changements concrets dans leur quotidien.
Les membres du Comité local de paix et de réconciliation (CLPR) ont, pour leur part, mis en avant l’impact du programme dans la gestion des conflits liés au foncier, au logement et à la propriété.
Bertin Jules Gbidama, membre du CLPR, évoque ici quelques-unes de leurs réalisations : « Nous avons réalisé plus de 17 résolutions de conflits. À l’époque, il y avait trois groupes armés qui avaient pris la ville de Bouar en otage. Le CLPR a mené une médiation, avec l’appui du PBF, afin que ces groupes armés libèrent la ville de Bouar ».
Dans la même dynamique, la délégation a rencontré la Plateforme interconfessionnelle des jeunes centrafricains et le Conseil préfectoral de la jeunesse, avec qui elle a mis en relief l’importance de l’engagement civique, la gouvernance locale et la promotion du vivre-ensemble.
Honoré Kina, Gouverneur de la région de l’Équateur, témoigne : « Pour la consolidation de la paix, le PBF s’est affirmé et continue de s’affirmer comme un partenaire stratégique de premier plan. Son intervention, alignée sur le Plan national de développement, renforçant les acquis multiformes de la MINUSCA, permet de créer des passerelles essentielles entre les efforts de stabilisation, les impératifs de paix et les exigences du développement durable ».
Autre séance de travail, celle avec l’équipe DDR de la MINUSCA a permis de dresser un bilan positif des opérations de désarmement, démobilisation et réintégration des ex-combattants. Pour le bon déroulement de ce processus, la MINUSCA y apporte un appui significatif, tant financier, technique que logistique et sécuritaire.
Jean Willibiro Sacko, Ministre d’État chargé du DDR et du suivi de l’APPR : « Le DDR représente aujourd’hui 12 000 personnes qui ont été désarmées et qui détenaient des armes de guerre. Près de 20 000 personnes ont été désarmées avec des armes de tout calibre, grâce à la contribution de la MINUSCA et à travers le CVR ».
La présente visite de la Commission de consolidation de la paix illustre la volonté renouvelée des Nations Unies et de leurs partenaires d’accompagner et de soutenir durablement la République centrafricaine dans sa quête de stabilité, en misant sur une approche inclusive et coordonnée, avec une prise en compte des réalités locales.
Serge Mbilika et Grace Ngbaleo









