Dans la préfecture de la Nana-Gribizi, les efforts conjoints des autorités centrafricaines et de leurs partenaires, dont la MINUSCA, ont permis ces dernières années des avancées en matière de restauration et de redéploiement de l’autorité de l’État, de protection des civils et de consolidation de la gouvernance locale, marquant une évolution progressive vers la stabilité et la résilience.
La Nana-Gribizi est l’une des vingt préfectures de la République centrafricaine. Elle s’étend sur une superficie d’environ 19 996 km² et a pour chef-lieu Kaga-Bandoro, principal centre administratif, politique et économique. Selon les données officielles, la population était de 117 816 habitants, mais les projections de 2024 font état d’une croissance significative, portant ce chiffre à 232 205 habitants.
Préfecture à forte dominante rurale, la Nana-Gribizi se caractérise par une diversité de communautés agro-pastorales et une importance stratégique liée à la transhumance, aux échanges inter-préfectoraux et à sa position géographique centrale.
Longtemps affectée par des crises sécuritaires, une polarisation communautaire et un affaiblissement marqué de l’administration publique, elle amorce aujourd’hui une évolution progressive vers davantage de stabilité, de résilience et de gouvernance inclusive.
Du vide institutionnel au redéploiement effectif de l’État
Il y a encore quelques années, le fonctionnement des services publics était extrêmement limité, en particulier dans les sous-préfectures périphériques. Nana-Outa, récemment érigée en sous-préfecture, ne disposait alors ni d’une administration opérationnelle, ni de mairie, ni de brigade de gendarmerie. Les populations vivaient dans un contexte marqué par l’insécurité, l’isolement administratif et l’absence de services sociaux de base.
Entre 2023 et 2025, grâce à une approche intégrée combinant protection des civils, restauration de l’autorité de l’État, dialogue communautaire et investissements structurants, la situation a connu une évolution notable.
Avec l’appui de la MINUSCA, notamment à travers les projets à impact rapide (QIPs), les principales institutions administratives et sécuritaires ont été progressivement redéployées et rendues opérationnelles dans les sous-préfectures de Kaga-Bandoro, Mbrès et Nana-Outa. Les brigades territoriales de gendarmerie y sont désormais construites et fonctionnelles. Les mairies de Kaga-Bandoro et d’Ouandago ont été construites et équipées. D’autres infrastructures structurantes, telles que le commissariat de police de Kaga-Bandoro, la maison d’arrêt, ainsi que le bâtiment de la préfecture, figurent parmi les réalisations ayant renforcé la présence de l’État.
Une administration qui se consolide avec une augmentation des effectifs
Le redéploiement institutionnel s’est accompagné d’une augmentation des effectifs des fonctionnaires et agents de l’État (FAE), traduisant un renforcement progressif de la gouvernance locale et de la continuité de l’action publique.
Entre 2023 et 2026, le nombre total de FAE est passé de 304 à 380, soit une hausse d’environ 25 %. Cette progression est particulièrement marquée à Kaga-Bandoro, où les effectifs ont augmenté d’environ 28 %, confirmant son rôle de pôle administratif régional. À Mbrès, l’augmentation est estimée à 18 %, tandis que Nana-Outa enregistre la progression relative la plus significative, avec une hausse d’environ 25 %, illustrant les efforts déployés dans les zones historiquement sous-desservies.
Comparée à la situation de 2023, cette dynamique reflète un retour effectif et structuré de l’État, une amélioration de l’accès aux services publics de base et un meilleur encadrement administratif des populations. Elle constitue également un indicateur tangible de la stabilisation progressive de la préfecture et de la consolidation des institutions locales.
Une préfecture redevenue visible sur la scène nationale et internationale
Les avancées enregistrées ont repositionné la Nana-Gribizi comme une préfecture pilote en matière de stabilisation. En 2024, elle a accueilli plusieurs événements d’envergure nationale et internationale, notamment le premier Conseil des ministres délocalisé en République centrafricaine, la Journée mondiale de l’alimentation (JMA), ainsi que la visite de nombreuses délégations venues constater les progrès réalisés en matière de gouvernance, de cohésion sociale et de relèvement institutionnel.
À cet égard, le préfet de la Nana-Gribizi n’a pas caché sa fierté, déclarant : « Être aujourd’hui le témoin de ces progrès dans la Nana-Gribizi est une source de grande satisfaction. Avec l’appui constant de la MINUSCA, nous avons pu redonner vie à nos institutions, renforcer la présence de l’État et restaurer la confiance des populations. La Nana-Gribizi est désormais sur la voie d’une stabilité durable ».
Vers une résilience durable
Ces progrès ont permis une amélioration notable de la sécurité, la reprise de la libre circulation des personnes et des biens, ainsi qu’un renforcement de la confiance entre les populations et les autorités locales. La préfecture apparaît aujourd’hui comme un espace en transition avancée, où la résilience s’inscrit désormais dans une dynamique de développement, de stabilité et d’inclusion. De territoire fragilisé, elle devient progressivement un cadre de gouvernance consolidée, porté par ses institutions, ses communautés et ses partenaires.
Jean Jacson Daniel





