Dans la Vakaga, comme dans l’ensemble des 20 préfectures de la République centrafricaine, la MINUSCA appuie les mécanismes locaux de paix afin de renforcer les capacités des communautés à prévenir et gérer les conflits.
Les mécanismes locaux de paix incluent le Comité de mise en œuvre préfectoral de l’Accor de paix (CMOP), le Comité local de transhumance et le Comité local de paix et de réconciliation (CLPR).
La MINUSCA a remis un tricycle en 2023 et une moto en 2025 au Comité local de transhumance afin de lui permettre d’intervenir plus rapidement dans des zones parfois difficiles d’accès. Entre octobre 2025 et février 2026, elle a organisé une vingtaine de sessions de renforcement des capacités des membres du CMOP et du CLPR sur la médiation communautaire, la prévention des conflits, la promotion du dialogue ainsi que la lutte contre les discours de haine et la désinformation.
Pour le préfet de la Vakaga, Judes Ngayoko, qui est également le président du CMOP, ces appuis améliorent la capacité d’intervention des comités : « Beaucoup de défis sont en train d’être relevés en termes de renforcement de la cohésion sociale, de dialogue et de stabilité dans notre préfecture, grâce à l’appui constant de notre partenaire, la MINUSCA, qui nous donne régulièrement l’opportunité d’aller vers les communautés et d’échanger avec elles ».
La MINUSCA a également contribué à renforcer la participation des femmes au sein des mécanismes locaux de paix. Safia Youssouf, membre du CMOP à Birao, témoigne : « Avant, les femmes étaient peu impliquées dans la gestion des conflits. Grâce aux formations, nous participons désormais activement aux discussions et à la recherche de solutions pour apaiser les tensions dans nos communautés. Cela facilite la prise en compte des besoins spécifiques de nous, les femmes, dans les instances de décision au niveau local ».
Des résultats concrets sur le terrain
L’impact de cet accompagnement se traduit par des résultats tangibles dans les quatre sous-préfectures de la Vakaga. Entre juin et décembre 2025, les mécanismes locaux de paix ont contribué à la résolution de plus de 15 conflits, y compris ceux liés à la transhumance dans différentes localités.
« Nous remercions la MINUSCA dont le soutien a contribué à réduire les violences liées à la transhumance, car les conflits entre agriculteurs et éleveurs étaient fréquents auparavant. La moto que nous avons reçue nous permet de sensibiliser les communautés dans les villages et de parcourir les zones de transhumance afin de nous assurer que les couloirs sont respectés », a indiqué Daoud Bourma, président du Comité de transhumance à Birao.
Selon Issa Abdoulaye Mahamat, éleveur à Boura « grâce aux comités locaux, nous pouvons désormais discuter et trouver des solutions avant que la situation ne s’aggrave ».
Les mécanismes locaux de paix ont organisé entre juin 2025 et janvier 2026, avec l’appui de la MINUSCA, une trentaine de séances de sensibilisation de proximité et effectué 15 missions de terrain dans plusieurs localités des quatre sous-préfectures, notamment à Birao, Am-Dafock, Ouanda Djallé, Tissifongoro, Takadja, Ganaye, Terfel, Boura, Bachama, Matala, Am-Sissia, Roukoutou et Madja. Ces activités ont permis de sensibiliser plus de 10 000 personnes, dont plus de 3 000 femmes, à la résolution pacifique des conflits, la promotion du dialogue communautaire ainsi que la lutte contre les discours de haine et la désinformation.
Halima Issa, résidente d’Am-Dafock, souligne la pertinence de ces comités : « Ces discussions nous aident à mieux comprendre l’importance du dialogue. Aujourd’hui, nous savons que les conflits peuvent être résolus sans violence ».
Mamouda TANKOANO


















