72 heures après la tenue, dans 19 des 20 préfectures de la RCA, du second tour des législatives et des partielles (législatives, régionales et municipales), nombreux sont les électeurs à avoir exprimé leur satisfaction quant à leur participation, mais surtout au climat apaisé ayant prévalu tout au long du processus. Petit tour d’horizon des réactions post-scrutin.
À Bangui comme dans plusieurs préfectures, le constat est le même : les opérations de vote se sont déroulées dans un climat globalement serein. Et cela grâce à l’appui logistique de la MINUSCA pour le transport des matériels, à la sensibilisation des électeurs et candidats, mais surtout à l’action concertée des Forces centrafricaines de défense et de sécurité et des Casques bleus, aussi bien à l’étape préparatoire que durant le vote, en adéquation avec le Plan intégré pour la sécurisation des élections (PISE).
De nombreux électeurs, que nous avons interrogés devant les bureaux de vote, ont souligné que leur participation traduisait leur volonté de contribuer à la paix, à la sécurité et au développement durable de la Centrafrique.
Un processus apaisé
À Mboki, dans le Haut-Mbomou, Bakonvoyo Dix-heures, étudiant et membre d’un bureau de vote, salue le bon déroulement du processus : « Depuis que la MINUSCA est venue à Mboki renforcer les capacités des représentants des candidats et des leaders communautaires, les messages incitant à la haine ou à la violence, la veille et le jour du scrutin, ont considérablement diminué (…). Tout Mboki et Kpabou, situé à 15 km sur l’axe Zémio, sont en joie car tout s’est bien déroulé ».
À Obo, l’ambiance dans les centres de vote est décrite comme conviviale. Gracelia Gbalafoumboli, 18 ans, qui votait pour la première fois, a rempli son devoir avec sérénité : « La sécurité, dit-elle, était assurée. J’espère que les élus seront de bons responsables ».
Dans la Lim-Pendé, Guy José Ndarata, commissaire de l’Autorité nationale des élections (ANE), met en avant le rôle déterminant du dispositif sécuritaire : « Je tiens beaucoup à féliciter la MINUSCA ainsi que les Forces de sécurité intérieure ; tous ceux qui sont impliqués dans la sécurité. Ils ont sillonné toutes les circonscriptions. Cela a permis que tout se passe dans de bonnes conditions. Même vers Kodi, où il y a des difficultés, à Nana-Barya, partout, on a eu la présence de la MINUSCA et de nos Forces de sécurité intérieure ».
Dans la Nana-Gribizi et la Bamingui-Bangoran, le constat est similaire : calme, organisation satisfaisante et espoir sont les qualificatifs utilisés par les électeurs pour décrire le déroulement des scrutins.
Paix durable et développement
Selon Djamilla Bachir, ces scrutins ouvre la voie au développement : « J’ai voté pour élire le député pour le développement de Ouadda, afin que des projets viennent aider la population, pour une paix durable et le bien-être de nos enfants. Nous voulons avoir le réseau téléphonique à Ouadda pour nous permettre de communiquer avec nos parents à Birao et partout en RCA, et pour pouvoir effectuer nos transactions financières ».
Dans la Nana-Mambéré, Jacob Désiré Guiyama, étudiant missionnaire, n’en dit pas moins, saluant l’importance du processus électoral malgré une faible participation : « Les élections sont une bonne chose et il est important que les Centrafricains y participent. La population locale, majoritairement appauvrie, est partie vers les zones minières avant le deuxième tour, ce qui a réduit le nombre d’électeurs présents ».
À Ouadda, dans la Haute-Kotto, les électeurs expriment clairement leurs attentes, à l’instar de Yaya Jean Boscoqui dit avoir voté « pour élire un député pour le développement de Ouadda, car on a trop souffert. Il n’y a pas d’hôpital, pas suffisamment d’écoles, aucune présence des ONG. La population souffre. À Ouadda, on n’a même pas de carte nationale d’identité. Je souhaiterais que la population en ait ».
Yassitago Anice Noella plaide pour des améliorations concrètes : « Il faut de l’eau potable, des écoles équipées et des centres de santé fonctionnels ».
À N’Délé, dans la Bamingui-Bangoran, Jospin Mavoula exhorte les futurs élus à tenir leurs engagements : « Je suis satisfait de l’organisation. Maintenant, nous demandons aux candidats élus de tenir leurs promesses faites pendant la campagne ».
Jowis Nguémakétté, depuis Kaga-Bandoro (Nana-Gribizi), croit fermement que le vote « est important pour l’avenir de notre pays ».
Mouténé Chantal, 65 ans, habitante du quartier Gobongo 2, à Bangui, dit avoir rempli son devoir citoyen « pour l’évolution de notre pays, pour aider les enfants et préparer l’avenir ».
Chez les jeunes, l’engagement est tout aussi ferme. Yappendé Chrispin Farrel, 24 ans, affirme avoir accordé son vote à « des candidats capables de contribuer au développement de notre pays ».
Grâce Ngbaleo et Biliaminou Alao





