MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Sécurité optimale en milieu carcéral à travers l’anticipation

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À Bangui, l’administration pénitentiaire, les Forces de défense et de sécurité et des partenaires internationaux ont pris part, le 16 mai 2026 à la Maison centrale de Ngaragba, à une simulation du plan d’urgence pénitentiaire. Organisée par la Direction générale des services pénitentiaires (DGSP) avec l’appui de la MINUSCA, l’exercice vise à renforcer les capacités de gestion des crises en milieu carcéral et améliorer la coordination des interventions face aux incidents majeurs.

 

Depuis l’élaboration, en 2018, du plan d’urgence des établissements pénitentiaires de la République centrafricaine, les simulations sont devenues un outil essentiel de préparation opérationnelle pour juguler les incidents majeurs tels que les mutineries, les prises d’otages ou les mouvements de violence collective en milieu carcéral.

Huit exercices ont déjà été organisés à Ngaragba avant son extension aux établissements pénitentiaires de Bambari et de Bouar.

Tester la capacité de réponse face aux crises

L’objectif principal de ces simulations est de préparer les différents acteurs à réagir efficacement face aux situations critiques en milieu fermé.

Luc Sogo Zina, chef de l’Unité des Affaires pénitentiaires de la MINUSCA, explique : « Cet exercice est inscrit comme un exercice annuel et régulier en appui à l’administration pénitentiaire pour mieux gérer les questions de sécurité dans les établissements pénitentiaires. Ce plan d’urgence a été élaboré avec le concours des partenaires nationaux et internationaux afin de mieux gérer les crises et limiter les dégâts humains et matériels ».

Le scénario simulé à Ngaragba portait sur une situation de crise déclenchée après le décès d’un détenu malade. Au cours de l’intervention, un agent pénitentiaire a été pris en otage par des détenus, obligeant les équipes d’intervention à sécuriser les lieux tout en privilégiant la négociation.

« L’accent a été beaucoup mis sur la négociation. L’objectif était de libérer l’otage tout en contrôlant les mouvements des détenus et les débordements éventuels », précise Luc Sogo Zina.

Selon lui, ces exercices permettent surtout de préparer les équipes à intervenir dans un environnement carcéral particulièrement complexe. « L’intervention en milieu fermé est, précise-t-il, différente de l’intervention en milieu ouvert. Ces exercices permettent à la police, à la gendarmerie et au personnel pénitentiaire de travailler ensemble dans des conditions proches de la réalité ».

Les simulations ont permis de voir les défaillances et ainsi améliorer la coordination interservices, de réduire les délais d’intervention et de professionnaliser davantage le personnel pénitentiaire. Elles contribuent également à renforcer la gouvernance sécuritaire du système carcéral centrafricain.

Pour les responsables pénitentiaires, ces exercices représentent un outil indispensable de prévention des crises.

Le régisseur adjoint de la Maison centrale de Ngaragba, Koprimé Thiburce François, lève le voile sur les défis quotidiens liés à la gestion des détenus : « Gérer une détention n’est pas une mince affaire. Cet exercice a pour but de préparer les agents pénitentiaires et les forces de sécurité afin qu’en cas d’incident, ils soient capables d’arrêter rapidement l’hémorragie ».

Pour ce qui est des facteurs à l’origine des tensions dans les établissements pénitentiaires, le régisseur fait valoir que « Quand il y a un manque de nourriture ou un manque d’eau, cela peut provoquer des mutineries. Il faut donc préparer les agents en conséquence ». Et c’est à cet objectif que répondent les simulations : « J’apprécie cet exercice parce qu’il apporte de la valeur au personnel pénitentiaire et permet de mieux préparer les équipes aux situations réelles ».

Au-delà de ces exercices, la MINUSCA accompagne les autorités nationales dans la réforme du secteur pénitentiaire à travers la formation, le mentorat, l’amélioration des infrastructures, l’appui à la sécurité des maisons carcérales et les activités préparant la réinsertion sociale des détenus après avoir purgé leur peine.

Actuellement, 68 officiers pénitentiaires de la MINUSCA sont déployés en permanence à la Maison centrale de Ngaragba et au Camp de Roux afin d’appuyer la gestion sécuritaire de ces sites sensibles. La Mission intervient également dans 16 établissements pénitentiaires dans différentes préfectures, à travers des programmes de formation et d’accompagnement technique.

À travers ces exercices réguliers, les autorités centrafricaines et la MINUSCA s’accordent dans les efforts visant à bâtir un système pénitentiaire plus professionnel, mieux coordonné et davantage conforme aux standards internationaux.

 

Par Grace NGBALEO