MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Un 2ᵉ tour des législatives et des partielles centrafricaines dans le calme et la sécurité

ELECTION 22

Près de quatre mois après les élections générales, les Centrafricains exercent à nouveau leur devoir civique, ce 26 avril. D’une circonscription à l’autre, les électeurs sont amenés soit à voter dans le cadre du second tour des législatives ou d’élections partielles législatives et locales, là où les scrutins du 28 décembre 2025 n’avaient pas pu se tenir ou avaient été annulés. Dans leur grande majorité, les opérations se sont déroulées dans la sérénité, malgré une affluence relativement faible comparativement à décembre dernier

Jour d’élections ce dimanche dans la capitale centrafricaine et dans 19 des 20 préfectures du pays, avec une participation mitigée par endroits, mais globalement marquée par le calme, la disponibilité du matériel électoral et la sécurité.

À Bangui, la plupart des centres de vote ont ouvert aux premières heures de la journée, affichant une faible affluence dans la matinée comme dans l’après-midi. Des patrouilles des Casques bleus de la MINUSCA sillonnent les principaux axes de la ville et se tiennent à proximité des centres de vote aux fins de sécurisation et de protection des électeurs et des installations.

Même atmosphère dans les sous-préfectures de Ouanda-Djallé et Ouandja dans la préfecture de la Vakaga, qui totalisent quelque 25 000 électeurs, dont 7 200 femmes, répartis dans 78 bureaux de vote. La plupart des bureaux ont ouvert aux environs de 6 heures, comme prévu.

A Mboki et à Kpabo (Haut-Mbomou), à 15 km sur l’axe Mboki–Zemio, les opérations ont démarré avec l’ouverture des six bureaux de vote à 6 heures, suivie, quelques minutes plus tard, du début du vote. Dans cette région aux défis sécuritaires avérés, on note un engouement et un déroulement dans le calme, grâce à la présence des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, appuyées par leurs homologues de la MINUSCA.

L'environnement est également calme à Zemio grâce à l’action de la Force de la MINUSCA, qui patrouille jusqu’au PK 70 le long des axes Zemio–Rafaï et Zémio–Mboki.

Dans la préfecture de la Ouaka, les bureaux de vote à Grimari et à Ippy ont ouvert à temps, avec une affluence timide, à l’instar du bureau de l’école Ngbanza PK3 à Ippy. Le bataillon burundais de la MINUSCA patrouille ces localités.

Un calme similaire est observé dans la Nana-Gribizi. Jowis Nguémakétté, agent de sécurité et président de la jeunesse du 5ᵉ arrondissement de Kaga-Bandoro, exprime sa satisfaction : « C’est la première fois en RCA que l’on organise ce vote. Je suis très à l’aise pour aller voter. Je demande au peuple centrafricain d’aller voter, c’est très important. Cela nous permet d’aider notre pays ».

À Bossangoa, dans la préfecture de l’Ouham, la participation a été timide dans la matinée dans les centres de vote de Borro, Ndjogobe, Pont Ouham et École La Vallée.

Au centre de vote de Wantiguira, dans la commune d’Herman-Brousse (Nana-Mambéré), les opérations ont également démarré à l’heure avec l’ouverture des deux bureaux prévus. Sur place, on note un déroulement sans incident majeur. « Nous avons affiché les listes électorales très tôt le matin. Le matériel électoral a également été livré à temps », indique Emmanuel Bayeri, président du bureau de vote n°1, qui attire toutefois l’attention sur certains défis liés aux changements de bureaux de vote par des électeurs bénéficiant de dérogations. Il précise : « Nous constatons des cas d’électeurs qui se présentent dans des bureaux autres que ceux initialement prévus, ce qui nécessite des vérifications supplémentaires ».

Fruit d’une bonne préparation logistique et sécuritaire

Grâce au soutien logistique de la MINUSCA, les 80 zones électorales de l’Autorité nationale des élections (ANE) à travers le pays ont reçu le matériel électoral à temps. L’ANE a également finalisé la formation des agents des bureaux de vote dans toutes les localités concernées, et des mesures de sécurité ont été mises en œuvre avec efficacité.

Kaga-Bandoro en est une belle illustration : les urnes ont été mises en place et scellées en présence des membres des bureaux de vote, et les isoloirs bien installés, garantissant la confidentialité du scrutin. L’encre indélébile est disponible dans tous les bureaux pour prévenir les doubles votes. Les représentants des candidats et les observateurs sont également présents.

La préparation est également satisfaisante au niveau des forces de sécurité conjointes- Casques bleus de la MINUSCA, Forces armées centrafricaines (FACA) et Forces de sécurité intérieure (FSI)- dans le cadre de la mise en œuvre du Plan intégré de sécurisation des élections (PISE) avec une priorité accordée aux zones où les défis sécuritaires sont les plus importants comme dans le Haut-Mbomou où a été mis en place un dispositif combinant les FACA et la Force de la MINUSCA.

En plus du déploiement du matériel électoral, la MINUSCA a appuyé celui des FACA depuis Bangui vers les cinq sous-préfectures du Haut-Mbomou, notamment à Bambouti, Zemio, Obo et Mboki. Les bureaux de vote ont ainsi ouvert dans la ville de Bambouti où les populations n’avaient pu participer aux élections de décembre 2025 pour des raisons sécuritaires.

D’une préfecture à l’autre, tout semble ainsi en adéquation avec les attentes de l’Autorité nationale des élections, dont le président, Mathias Barthélémy Morouba, a, la veille, exhorté les électeurs à faire preuve de calme, de respect de la loi et de tolérance, et les candidats à défendre les valeurs républicaines et à rejeter la violence, la fraude et la manipulation.

Uwolowulakana Ikavi & Biliaminou Alao