Invité spécial de la conférence de presse de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) de ce mercredi, 25 mars 2026, le Commandant de la Force, le Lieutenant-Général Humphrey Nyone, a présenté les grandes lignes de la réorganisation en cours du dispositif militaire de la Mission sur le terrain dans un contexte marqué par une amélioration progressive de la situation sécuritaire dans la plupart des régions de Centrafrique et par une extension visible de l’autorité de l’Etat.
Ces avancées, conjuguées à la demande formulée mi-octobre par le Secrétaire général des Nations Unies à l’ensemble des opérations de maintien de la paix de réaliser des économies en raison de la crise des liquidités traversée par l’Organisation, conduisent la Mission à se réorganiser et à adapter sa couverture géographique.
Le Commandant de la Force a rappelé que « en raison de contraintes financières — et je sais que vous êtes bien informés de la situation que traverse actuellement l’Organisation des Nations Unies — nous avons été instruits de réduire nos effectifs en uniforme. Dans ce cadre, nous avons fermé ou sommes en train de fermer un total de 21 bases à travers le pays d’ici à la fin du mois de mars 2026 », soulignant que la majorité de ces bases étaient temporaires et que leur fermeture « ne signifie en aucun cas un retrait de la Force ni un abandon des populations ».
Le Général Nyone a précisé que cette reconfiguration « traduit notre volonté d’optimiser les ressources dont nous disposons encore afin de renforcer notre mobilité, d’améliorer notre coordination tactique avec les FACA, ainsi qu’avec la gendarmerie et la police. Cette reconfiguration vise à maintenir une présence robuste, flexible et réactive, capable d’intervenir rapidement dans les zones à haut risque, et ainsi de continuer à assurer la protection des civils, qui reste au cœur du mandat de la MINUSCA ».
Sur le terrain, la transition est déjà en cours dans plusieurs localités, parmi lesquelles Tagbara, Dembia et Mbres, Zangba, Mingala ou encore Dilapoko. D’autres bases, notamment à Markounda, Mbaiki et Pombolo, devraient être remises aux autorités centrafricaines dans les prochains jours. Des pelotons restent déployés dans certaines bases qui n’ont pas encore été transférées, afin d’en assurer la sécurité.
Le Commandant de la Force a expliqué que, d’une part, la MINUSCA « transfère ses bases aux autorités et aux FACA qui ont la responsabilité de protéger la population, tout en poursuivant la coopération en matière de partage d’informations et d’appui à leur déploiement » et, que d’autre part, elle reste prête « à déployer des patrouilles de longue portée dans les zones où des tensions ou conflits pourraient survenir. Ces patrouilles mobiles peuvent intervenir rapidement et rester sur le terrain pendant 5 à 10 jours, ce qui a un effet dissuasif et permet un suivi en temps réel de la situation ».
Le General Nyone a également tenu à rassurer au sujet de l’engagement de la Mission lors des prochaines élections du 26 avril en affirmant que le plan intégré de sécurisation des élections, le PISE, a été réactivé. « Malgré la réduction de nos effectifs, la Force de la MINUSCA, en étroite coordination avec les FACA et les Forces de sécurité intérieure, sera en mesure d’assurer la sécurité de ces scrutins. Comme vous le savez, le nombre de circonscriptions a été réduit puisqu’il s’agit du second tour [et d’élections partielles], ce qui allège considérablement notre charge opérationnelle par rapport aux élections de décembre 2025, qui concernaient un nombre plus important de circonscriptions » a-t-il dit.
En ouverture de la conférence de presse, la porte-parole de la MINUSCA, Florence Marchal, avait rappelé que la Mission a été créée en 2014 par le Conseil de sécurité des Nations Unies pour protéger les civils et appuyer la transition en République centrafricaine et qu’elle comprend des personnels civils et en uniforme, incluant policiers, gendarmes et militaires, chargés de mettre en œuvre son mandat. « Les soldats, qui sont plus de 10 000 actuellement et qui sont originaires de plus de 50 pays, constituent la Force de la MINUSCA. Ils sont placés sous le commandement du Général Humphrey Nyone depuis mai 2023 et sont déployés à Bangui et dans les préfectures » a-t-elle affirmé.
LesCasques bleus de la MINUSCA contribuent activement à la protection des populations civiles, à l’escorte des convois humanitaires vers des zones difficiles d’accès et dangereuses et à la réhabilitation d’infrastructures facilitant l’accès. « En 2024 et 2025, près de 700 kilomètres de routes ont été construits ou réparés, 72 ponts remis en état et 21 pistes d’atterrissage aménagées ou réhabilitées par certains contingents militaires », a dit Florence Marchal.
La porte-parole a également rappelé que les Casques bleus de la Mission, aux côtés de la Police des Nations Unies (UNPOL) et des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, ont joué un rôle déterminant dans la sécurisation des élections du 28 décembre 2025, permettant aux électeurs de voter sans entrave dans 99 % des bureaux de vote.
Elle a en outre souligné le rôle actif de la Force dans les opérations de désarmement et démobilisation des combattants des groupes armés.
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Florence Marchal
MINUSCA
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