MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

La MINUSCA souligne une trajectoire positive en Centrafrique et engage un processus de reconfiguration de la mission

confpress

L

 

Bangui, 6 mai 2026 - Six mois après le renouvellement pour un an de son mandat par le Conseil de sécurité, la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA) dresse un bilan à mi-parcours de la mise en œuvre de la résolution 2800 et présente ses priorités jusqu’à novembre prochain.

Lors de la conférence de presse de la Mission tenue ce jour à Bangui, la porte-parole de la Mission a rappelé que « au cours des six derniers mois, la MINUSCA a concentré l’essentiel de ses efforts et de ses ressources disponibles sur trois tâches prioritaires de son mandat dans le cadre plus large de sa mission de protection des civils : Le soutien au cycle électoral 2025-2026, l’appui à la mise en œuvre de l’Accord de paix et le soutien à l’extension de l’autorité de l’Etat ».

Florence Marchal a souligné que laMission « conclut actuellement son mandat de soutien au cycle électoral ». Un mandat, que « la MINUSCA a pleinement et mis en œuvre avec succès » selon la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza.

La porte-parole a mis en avant l’appui technique, logistique, financier, sécuritaire et de bons offices apporté par la MINUSCA qui a permis la tenue « pacifique et ordonnée » des scrutins des 28 décembre 2025 et du 26 avril 2026.

Elle a insisté sur le fait que, le 26 avril, « la totalité des 3 435 bureaux de vote ont ouvert », permettant aux Centrafricains d’exercer leur droit de vote « sans contrainte ni crainte », y compris dans les sous-préfectures du Haut-Mbomou, « notamment à Bambouti où les électeurs n’avaient pas pu se rendre aux urnes en décembre dernier à la suite de violences ». Ce succès résulte, a-t-elle noté, « d’une collaboration exemplaire entre la MINUSCA et les Forces de défense et de sécurité centrafricaines » dans la mise en œuvre du plan intégré de sécurisation du processus électoral (PISE).

La MINUSCA a également assuré le rapatriement rapide des résultats électoraux vers le centre de traitement de l’Autorité nationale des élections (ANE), transportant plus de 11 tonnes de matériel par vols spéciaux et convois routiers sécurisés. Avant de clore ce premier point, Florence Marchal a précisé que « la Mission n’a pas été impliquée dans l’observation des élections et ne l’est pas dans le comptage des voix ni dans l’annonce des résultats qui relèvent exclusivement de l’ANE ».

 

Deuxième priorité du mandat : le soutien à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR) qui s’est traduit par un appui constant à l’Unité d’exécution du Programme national de désarmement, démobilisation, réintégration et rapatriement (UEPNDDR). Depuis le 19 avril 2025, et le retour des groupes armés UPC et 3R dans l’Accord de paix, 1 331 combattants ont été désarmés et démobilisés avec le soutien technique, logistique, financier et sécuritaire de la MINUSCA.

Le soutien de la MINUSCA à l’Accord de paix se matérialise aussi par l’appui apporté aux mécanismes locaux de prévention des conflits, qui, selon la porte-parole « jouent un rôle essentiel de prévention des conflits par le dialogue. » À titre d’exemple, elle a mentionné les « 24 activités de médiation et de résolution des conflits liés à la transhumance » soutenues par la Mission en mars.

Enfin, Florence Marchal a souligné l’importance des élections locales, qui sont l’une des dispositions de l’APPR, organisées avec l’appui de la MINUSCA « pour la première fois depuis 1988, ouvrant ainsi la voie à l’accélération de la décentralisation par des autorités locales élues ».

La troisième priorité concerne le rétablissement et l’extension de l’autorité de l’État. La porte-parole a dit que le soutien de la MINUSCA a permis de rendre opérationnelles « les 20 préfectures et la grande majorité des sous-préfectures ». La Mission a rénové ou construit et équipé les bâtiments accueillant les services de l’Etat et appuie le « déploiement de fonctionnaires, de magistrats, ainsi que des éléments des Forces de défense et de sécurité centrafricaines afin d’assurer un maillage sécuritaire de plus en plus précis du territoire centrafricain. »

Florence Marchal a poursuivi en affirmant que « l’addition et la combinaison de ces actions et activités menées par la MINUSCA contribuent à une stabilité politique, institutionnelle et sécuritaire visible en République centrafricaine » en ajoutant que « dans ce contexte de trajectoire positive, le rôle de la MINUSCA est amené à évoluer progressivement vers une phase d’accompagnement des autorités centrafricaines afin de consolider les acquis obtenus en matière de sécurité, paix, accès, autorité de l’Etat ».

La porte-parole a précisé que « cette évolution est à la fois guidée par la situation actuelle en Centrafrique et par notre mandat qui y fait explicitement référence. C’est dans ce cadre que la MINUSCA est actuellement en train d’opérer sa reconfiguration. Concrètement, nous sommes en train de réorganiser notre présence sur le terrain. Toutes les composantes de la Mission, militaires, police et civiles, sont concernées. Avec un mot d’ordre : celui d’une agilité et d’une mobilité opérationnelles renforcées afin de permettre des interventions rapides en cas de nécessité ».

Selon Florence Marchal, la reconfiguration en cours « reflète l’adaptation de la Mission à son environnement local à la lumière des progrès accomplis au fil des ans ainsi qu’au contexte global marqué par les contraintes financières auxquelles font face les Nations Unies et les opérations de maintien de la paix et qui affectent, par ricochet, la MINUSCA ». Elle est « l’évolution naturelle d’une mission de maintien de la paix » et elle s’effectue

« sans que ne soit ni modifié ni amoindri notre engagement en faveur d’une stabilisation et paix durables en Centrafrique ».

En conclusion, la porte-parole a rendu hommage aux journalistes à l’occasion de la Journée mondiale de la liberté de la presse célébrée le 3 mai, citant la déclaration du Secrétaire général des Nations Unies : « Sans liberté de la presse, “il ne peut y avoir ni droits humains, ni développement durable. Sans elle, il ne peut y avoir de paix. En cette Journée mondiale de la liberté de la presse, protégeons les droits des journalistes et faisons de ce monde un havre pour la vérité, et pour celles et ceux qui la révèlent ».