MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Eleveurs et agriculteurs du Mbomou plaident pour une transhumance apaisée

Transhumance 1

Les éleveurs et agriculteurs de la commune d’élevage de Pombolo, située à 105 kilomètres de Bangassou, et du village Gamba, à 30 kilomètres de Bangassou ont été réunis le 17 février 2026 autour d’un dialogue communautaire axé sur la paix et la cohésion sociale. Organisée par les autorités locales avec l’appui de la MINUSCA, cette activité visait à prévenir les violences liées à la transhumance en renforçant les mécanismes locaux de gestion pacifique des conflits, dans la préfecture du Mbomou.

Les échanges ont essentiellement porté sur le respect des zones agropastorales et, surtout, sur le rejet de la violence comme moyen de résolution des conflits.

A l’occasion, ont été redynamisés les comités locaux de paix entre éleveurs et agriculteurs de la commune d’élevage de Pombolo et du village Gamba. Composés, chacun de huit membres, ils ont pour mission d’aider leurs communautés à faciliter le dialogue et à assurer la médiation entre éleveurs et agriculteurs afin de réduire les tensions et d’éviter les violences liées à la transhumance.

Au cours de la session, les sous-préfets Ouenengaisse Dieudonné de Gambo et Karakombo-Okpeama Jean Bertin de Bangassou ont insisté sur le rôle et les responsabilités des membres de ces comités, ainsi que les méthodes de gestion des différends qu’ils devront utiliser au sein de leurs communautés.

Barka Adamou, éleveur du village Gamba, restitue les enseignement reçus : « Cette rencontre nous a permis de mieux comprendre notre rôle et de nous engager dans le processus de paix entre éleveurs et agriculteurs. Elle nous a aussi aidés à saisir les enjeux de protection liés à la transhumance ».

Du côté des agriculteurs, l’on explique l’origine des conflits. « Ce qui crée les conflits, c’est la divagation des bêtes laissées sous la surveillance d’enfants et qui détruisent les champs. Ensuite, il y a les réponses blessantes des propriétaires du bétail. À mon avis, chacun doit revoir sa manière de s’exprimer lorsqu’un conflit naît, car les mots déplacés aggravent les tensions et conduisent à la violence », s’est plainte Lucienne Zoutagba, une agricultrice.

Parallèlement à ces sensibilisations, une réunion de concertation s’est tenue à Rafai entre les membres du Groupe de travail sur la transhumance et leurs partenaires, dont la MINUSCA. L’objectif était d’identifier les défis logistiques auxquels le Groupe de travail est confronté pour atteindre les localités éloignées en cas de conflit, ainsi que les possibilités d’appui des partenaires.

Il convient de rappeler que le soutien de la MINUSCA dans les efforts pour une transhumance apaisée se traduit par la mise en œuvre de son mandat de protection des civils dans les zones de transhumance, en collaboration et en soutien aux Forces de Défense et de Sécurité centrafricaines et par un appui technique et financier aux Comités de mise en œuvre préfectoraux.

Maelaine Annette Malebingui