Les Forces armées centrafricaines (FACA), diverses composantes de la MINUSCA, dont le Service de la lutte antimines des Nations Unies ont mené, le 19 février 2026, une mission conjointe à PK 39, sur l’axe Bangui-Boali. Objectif : évaluer un nouveau site dédié à la destruction des munitions et renforcer les capacités opérationnelles des Forces nationales et de l’ONU.
L’opération, qui a pour finalité de réduire les risques à la fois pour les civils et les militaires, a mobilisé, autour des FACA, les équipes de déminage indonésiens et cambodgiens, ainsi que les Casques bleus égyptiens qui ont assuré la sécurité du processus.
Sur place, des grenades à main périmées ainsi que des obus de mortier de différents calibres ont été détruits. Ces munitions étaient stockées depuis des décennies au dépôt du camp Kassai, dans des conditions devenues préoccupantes.
Comme le souligne Marius Zaremba, Spécialiste des opérations et Chef adjoint des opérations au Service de la lutte antimines des Nations Unies (UNMAS), l’opération a consisté en la destruction des munitions explosifs et lacrymogènes obsolètes appartenant aux stocks de la MINUSCA. « Ces munitions, stockées depuis 2014 au dépôt de munitions de Kassai, représentent un danger majeur, car elles sont en mauvais état : obus rouillés, les caisses sont en lambeaux. Il est donc crucial de se débarrasser de ces munitions, car elles présentent un danger immédiat non seulement pour la population civile résidant autour du camp Kassai, mais aussi pour les soldats des FACA et de la MINUSCA qui utilisent cette zone », a-t-il précisé.
Au-delà de la destruction des engins explosifs, cette mission a permis de renforcer les compétences d’une dizaine d’éléments FACA, dont une femme, en matière de techniques sécurisées de NEDEX.
Pour eux, il s’agissait de se familiariser avec chaque étape du processus de destruction par explosion, comprenant le creusage du sol pour y déposer les munitions et explosifs, leur ensevelissement puis l’activation du dispositif de mise à feu. Chaque étape doit être exécutée avec rigueur, notamment le respect des distances de sécurité, la sécurisation du périmètre pour proteger les populations riveraines, ainsi que la vérification de la destruction complète des munitions après la détonation.
Dora Madonika, spécialiste en atténuation des menaces explosives des FACA, témoigne : « Je suis vraiment très contente, car cette formation nous aide à faire notre travail. D’ici à demain, même si UNMAS n’est pas là, c’est à nous de prendre le relais et de poursuivre ce travail essentiel pour la sécurité de tous ».
Aménagé par la compagnie du génie de la MINUSCA, à la demande de l’État-major des FACA , avec l’appui technique d’UNMAS le nouveau site comprend aussi un champ de tir long de 500 mètres, nettement plus vaste que l’ancien champ de tir du camp Kassai, qui ne mesurait que 150 mètres. Les travaux, réalisés par la compagnie indonésienne de génie de la MINUSCA en collaboration avec les autorités locales, avaient permis l’aménagement de l’espace avec un abri sécurisé.
Ce nouvel espace offre des conditions optimales pour la destruction des munitions périmées, contribuant ainsi à une meilleure protection des populations civiles et au renforcement durable des capacités nationales en matière de sécurité.
Serge Wilfrid Mbilika
















