Lors de la conférence de presse hebdomadaire de la MINUSCA, sa porte-parole, Florence Marchal, est revenue ce jeudi sur la réunion du Conseil de sécurité des Nations Unies consacrée à la situation en République centrafricaine (RCA). Cette réunion, tenue hier à New York, a permis à la Représentante spéciale du Secrétaire général et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, de présenter le rapport du Secrétaire généralcouvrant la période d’octobre 2025 à février 2026.
Dans sa présentation aux 15 membres du Conseil de sécurité des Nations Unies, la Représentante spéciale du Secrétaire général pour la République centrafricaine et Cheffe de la MINUSCA a abordé cinq points : les élections du 28 décembre 2025, l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine, la situation sécuritaire, les priorités de la Mission dans le contexte post-électoral et les mesures de contingence liées aux sévères contraintes de liquidités auxquelles font face les Nations Unies, y compris la MINUSCA, depuis plusieurs mois.
Appui aux élections du 28 décembre 2025
Dès l’entame de son discours, Valentine Rugwabiza est revenue sur les élections du 28 décembre en rappelant que la MINUSCA avait apporté un appui multidimensionnel au processus électoral en exerçant ses bons offices et en fournissant un appui technique, logistique, opérationnel et sécuritaire. Elle a souligné que « les bons offices de la Mission avaient contribué à renforcer l’inclusivité du processus électoral, notamment avec des avancées notables en matière de parité, les femmes représentant plus de 47 % des électeurs et la moitié des candidats aux élections municipales ».
L’appui logistique s’est matérialisé, par exemple, par le déploiement sur le terrain de près de 500 agents de l’Autorité nationale des élections et de plus de 232 tonnes de matériel électoral. Concernant le volet sécuritaire, la MINUSCA a soutenu la rotation et le renforcement de près de 1 300 éléments des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, ainsi que la fourniture de kits de première nécessité à plus de 800 militaires dans neuf zones sensibles, conformément au cadre directeur de la politique de diligence voulue des Nations Unies en matière de droits de l’homme.
Selon la Cheffe de la MINUSCA, « cet appui multidimensionnel a contribué à maintenir un environnement opérationnel sécurisé pendant la campagne électorale et le jour du scrutin, y compris dans les zones sensibles » en ajoutant que « ce résultat positif est également le fruit des investissements conjoints consentis ces dernières années par les autorités centrafricaines et la MINUSCA pour étendre l'autorité de l'État et faire progresser la mise en œuvre de l'Accord politique de 2019, y compris au niveau local ».
Rappelant que les scrutins du 28 décembre ont inclus les élections présidentielle, législatives et régionales ainsi que les premières élections municipales organisées depuis 1988, constituant ainsi « la plus grande opération électorale jamais entreprise en République centrafricaine », la Représentante spéciale a déclaré que « le 28 décembre 2025, la République centrafricaine avait franchi une étape importante vers la consolidation du processus de paix et de l’autorité de l’État ».
Mise en œuvre de l’Accord politique
Dans un deuxième temps, la Cheffe de la MINUSCA s’est félicitée des progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord politique de 2019, « notamment au regard de la dissolution de deux groupes armés supplémentaires et de la signature d’un troisième accord prévoyant le retour du Mouvement patriotique pour la Centrafrique dans le processus de paix, avec la facilitation du Gouvernement du Tchad ». Avec pour conséquence, le désarmement et la démobilisation de plus de 1 200 combattants depuis juillet 2025 avec le soutien de la MINUSCA aux autorités centrafricaines.
Valentine Rugwabiza a appelé à la poursuite d’un processus de désarmement et démobilisation « bien planifié et coordonné pour préserver les acquis en matière de sécurité et de paix » et à « la mise en place de projets de soutien à la réinsertion socio-économique adéquats, rapides et durables pour les anciens combattants et les communautés hôtes, afin de réduire les causes profondes de la mobilisation armée ».
Situation sécuritaire
Troisième point, celui de la situation sécuritaire. Déclarant que les conditions de sécurité s’étaient améliorées dans les régions de l'ouest et du centre du pays, notamment grâce aux progrès enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord de paix et des opérations de désarmement et de démobilisation qui ont suivi, la Représentante spéciale a reconnu que de sérieux défis sécuritaires persistent dans les préfectures du Haut-Mbomou et de Vakaga où la MINUSCA poursuit ses échanges avec les autorités locales et les communautés et continue de consolider sa présence militaire afin de renforcer la protection des civils.
Toujours concernant les questions de sécurité, la Cheffe de la MINUSCA a relevé que l’appui logistique de la Mission s’est avéré déterminant pour élargir la couverture géographique de la présence des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, comme cela a été illustré lors de la période électorale. Elle a appelé à accorder « une attention prioritaire, dans le cadre d'efforts coordonnés menés par le Gouvernement, au renforcement de la planification opérationnelle, du professionnalisme, de la gouvernance et de l'efficacité des Forces de sécurité nationales aux niveaux stratégique, institutionnel et opérationnel ».
Plan de contingence
La Représentante spéciale a indiqué aux Etats membres du Conseil de sécurité que la MINUSCA avait fourni un appui multidimensionnel aux élections combinées et à des opérations simultanées de désarmement dans plusieurs localités au moment où il avait été instruit à la Mission de mettre en œuvre un plan de contingence en réponse aux contraintes de liquidités. Elle a expliqué que dans ce contexte, la Mission « a mis en place des mesures d'efficience, a appliqué des contrôles stricts des dépenses et réorienté les ressources disponibles vers la protection des civils et le soutien au processus électoral et aux opérations de désarmement et de démobilisation ». Elle a précisé que l’empreinte de la Mission a également été ajustée à la suite de la réduction des effectifs des personnels en uniforme en préservant toutefois notre présence dans les zones prioritaires. Il s’agit de réaménagements qui ont un impact sur les opérations de la MINUSCA, notamment une réduction de notre couverture géographique.
Phase de consolidation
Se projetant dans les semaines et mois à venir, Valentine Rugwabiza a qualifié la période post-électorale de « décisive pour consolider les gains politiques, sécuritaires et de paix », d’une part, et « pour forger l’héritage de la MINUSCA en faveur d’une paix et d’une stabilité durables en République centrafricaine », d’autre part. Elle a assuré de la détermination de la MINUSCA à continuer à remplir efficacement son mandat et a effectué un plaidoyer pour que les ressources financières nécessaires soient octroyées à la Mission pour lui permettre de mettre en œuvre les tâches prioritaires qui lui sont confiées afin que la phase de consolidation qui s’annonce soit couronnée de succès.
La Représentante spéciale a conclu son propos en exprimant sa gratitude au personnel civil et en uniforme de la MINUSCA, à l'équipe de pays des Nations Unies et aux pays qui fournissent des contingents militaires et de police à la Mission pour leur sacrifice et leur dévouement à la paix et à la sécurité en République centrafricaine, « dans le but de laisser un héritage positif des Nations Unies au peuple centrafricain ».
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Florence Marchal
Porte-parole & Cheffe adjointe / Spokesperson & Deputy Chief
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