MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Renforcer la paix et la cohésion sociale dans la Mambere

CMOP

Les membres du Comité de mise en œuvre préfectorale (CMOP) de l’APPR de la Mambere se sont rendus, le 22 février 2026, dans la sous-préfecture de Gadzi afin d’échanger avec les communautés locales sur la paix, la cohésion sociale et le vivre-ensemble. Cette mission, appuyée par la MINUSCA, fait suite à un incident survenu dans le village de Zaoronssongou ayant occasionné le décès de deux personnes.

 

Sur place, les autorités locales, avec l’appui de la MINUSCA, ont engagé une série d’échanges avec les populations de Zaoronssongou, Ngboiki et Mbgaina, dans le but de prévenir de nouvelles violences et ainsi promouvoir le respect de la loi.

Le commissaire de la ville de Carnot, Charles Doudoumaye, est revenu sur les messages adressés aux communautés lors des séances de sensibilisation. « Nous avons sillonné plus de quatre grands villages. À Zaoronssongou, nous avons rencontré Monsieur le maire. En tant qu’officier de police judiciaire, je leur ai dit que ce qui s’est passé est contraire à la loi. La loi est au-dessus de toute personne et doit être respectée. Venir avec une arme blanche pour poignarder son prochain est un acte grave. En cas de différend, il faut dialoguer, mais donner la mort à quelqu’un est sévèrement puni par la loi », a-t-il souligné.

Président préfectoral de la jeunesse de Carnot, Jerry Arsène Bawala, de son coté, saisi cette occasion pour sensibiliser les jeunes aux dangers liés au port d’armes blanches et à la consommation de stupéfiants. « Nous avons un message fort à l’endroit des jeunes de Zaoronssongou, Ngboiki et Mbgaina. Aujourd’hui, notre comportement est pointé du doigt. La loi interdit le port d’armes blanches dans les lieux publics. Vous n’êtes ni militaires ni membres des forces armées, pourtant certains portent des couteaux et d’autres objets dangereux, ce qui est interdit. J’en appelle aussi à ceux qui consomment des stupéfiants : ce sont ces substances qui les poussent souvent à s’entretuer », a-t-il souligné.

Par ailleurs, une réunion de travail s’est tenue avec les autorités locales d’Amadagaza afin d’évaluer la situation sécuritaire dans la zone. Les échanges ont mis en lumière plusieurs difficultés persistantes liées à la transhumance, notamment les destructions de cultures, les tensions récurrentes entre agriculteurs et éleveurs, ainsi que l’absence d’un cadre formel de concertation.

À l’issue des discussions, les autorités d’Amadagaza ont exprimé plusieurs attentes, soulignant la nécessité de mettre en place un mécanisme local de médiation impliquant les leaders communautaires, les représentants des éleveurs et les autorités administratives, en vue de prévenir et de mieux gérer les conflits liés à la transhumance.

Elles ont également réaffirmé leur volonté de renforcer la coordination avec la MINUSCA et les services de sécurité afin d’assurer un suivi plus efficace des mouvements des hommes armés et de prévenir toute escalade de tensions.

Selon les membres du CMOP, cette démarche s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord politique pour la paix et la réconciliation et vise à prévenir les conflits, encourager le dialogue communautaire et promouvoir une culture de paix durable dans la région.

Ces derniers mois, la MINUSCA a appuyé plusieurs missions de terrain du CMOP, notamment dans les localités de Bouba-Yandim, Baoro, Kankan, Niem, Ndongue-Douane, Camp Dere et Abba, dans la préfecture de la Nana Mambéré, contribuant ainsi à la prévention et à la résolution des conflits, ainsi qu’à la sensibilisation renforcée à la transhumance, le DDR et le processus électoral.

Après Gadzi, l’équipe prévoit de poursuivre ces activités de sensibilisation dans d’autres localités de la Mambéré, afin de toucher un plus grand nombre de communautés et ainsi consolider la stabilité sociale

 

Dramane Darave et Félicité Yamete