MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

La Ouaka s’investit dans la lutte contre les violences sexuelles liées aux conflits

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Réunis, les 25 et 26 février à Bambari à l’initiative de la MINUSCA, à travers son Unité de Protection de la femme, une quarantaine de représentants d’organisations de la société civile de la préfecture de la Ouaka, dont des leaders communautaires et religieux, d’associations de femmes et de jeunes, ainsi que de conducteurs de taxi-moto, ont passé en revue divers aspects de la problématique des violences sexuelles liées aux conflits. Le but, renforcer la prévention des violences sexuelles liées aux conflits et améliorer l’accompagnement communautaire des survivant-e-s en contexte post-électoral.

En raison de ses impacts négatifs sur les survivant-e-s, les violences sexuelles sont considérées comme une arme insidieuse souvent utilisée, en période de conflit, pour déstabiliser davantage des communautés déjà éprouvées par l’instabilité politique ou sécuritaire. En périodes post-électorales aussi, ces actes servent de méthodes pour intimider, punir ou contrôler des populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.

En vue de prévenir ces actes contraires aux droits humains, l’Unité de Protection de la Femme de la MINUSCA mène des actions de sensibilisation à l’intention des acteurs communautaires, sur la problématique, leurs différentes formes, ainsi que sur les besoins de prise en charge holistique des survivant-e-s.

Conseillère en protection des femmes à la MINUSCA, Charlotte Gisler fait valoir que l’initiative contribuera à renforcer le soutien aux survivant-e-s. « L’objectif est surtout de sensibiliser les communautés sur la manière dont on peut soutenir les survivant-e-s des violences sexuelles de façon holistique, c’est-à-dire sur les plans médical, psychosocial, juridique et en matière de réinsertion socioéconomique, tout en luttant contre la stigmatisation », a-t-elle déclaré.

Lydie-Marie-Reine Regongbenga Dama, de la même Unité, souligne, pour sa part, que la protection des survivant-e-s des violences sexuelles liées au conflit repose sur une collaboration avec les acteurs nationaux, au nombre desquels le procureur, les services des affaires sociales et les partenaires humanitaires. Cette approche vise, entre autres, à garantir la gratuité des soins médicaux pour les victimes.

Dr Martial Habib Kongo, médecin dans la sous-préfecture de Bakala et participant à la session, a levé le voile sur le dispositif de prise en charge mis en place dans sa structure sanitaire.« Nous avons un circuit de prise en charge défini dans nos centres de santé, mis en œuvre premièrement par l’agent psychosocial, qui est le premier contact de la victime. Il l’écoute et la prépare pour les étapes suivantes, avant de constituer le dossier transmis au médecin pour la prise en charge médicale, concomitamment à l’accompagnement psychosocial »,a-t-il précisé.

Les participants ont également été informés des risques légaux encourus par les auteurs de violences sexuelles. Une thématique développée par Augustin Désiré Yanguéré, juge d’instruction près le Tribunal de grande instance de Bambari, qui est revenu sur les textes juridiques réprimant les violences physiques et sexuelles. Il a insisté sur l’importance de la dénonciation, soulignant la possibilité de saisir directement la chaîne judiciaire à Bambari.

À l’issue de la session, les participants se sont dit satisfaits de la qualité des échanges et des enseignements reçus, à l’instar de Romuald Mbiamanga qui s’est engagé à relayer les informations auprès de sa communauté. « Nous allons à présent sensibiliser nos proches sur leurs droits, mais aussi leurs devoirs, afin de lutter ensemble contre les violences sexuelles dans nos localités », a-t-il promis.

Même satisfaction du côté de Laeticia Renezapa, qui apprécie la pertinence des interventions, s’engageant également à relayer au sein de sa communauté les notions ici reçues.

Et c’est aussi l’une des attentes de la session ainsi que l’indique Charlotte Gisler selon qui «ces sessions de sensibilisation visent aussi à encourager les participants à partager les informations reçues avec leurs pairs, afin de lutter contre les violences sexuelles et surtout contre la stigmatisation des survivant-e-s ».

La présente initiative trouve son justificatif dans le mandat de protection des civils de la MINUSCA, ce qui se matérialise aussi par le respect de leurs droits.

 

Solange FIATY