À Obo, chef-lieu de la préfecture du Haut-Mbomou, 60 participants issus des communautés locales et des institutions de l’État ont pris part, fin février, à une table ronde organisée par la Division des droits de l’homme (DDH) de la MINUSCA pour échanger sur la situation des droits humains dans la région. Cette rencontre, initiée dans un contexte de détérioration de la sécurité, visait à renforcer l’engagement communautaire et à promouvoir le respect des droits fondamentaux à travers le dialogue entre autorités locales, forces de sécurité et société civile.
Lors de ces assises, les présentations des défenseurs des droits de l’homme ont mis l’accent sur les principes fondamentaux des droits de l’homme, notamment la dignité humaine, la non-discrimination, la protection des groupes vulnérables, l’égalité d’accès aux services sociaux de base et les droits des personnes arrêtées, en vue de renforcer le respect de ces principes par les acteurs de la sécurité.
L’approche méthodologique de l’engagement communautaire, basée sur la participation inclusive, l’écoute active et la prévention des tensions, a également été présentée, ainsi que les responsabilités de l’État et des autorités locales en matière de protection. Les représentants des services de sécurité ont encouragé, quant à eux, les communautés à signaler les violations et à faire confiance aux institutions judiciaires.
Myriam Karangwa, représentant le Chef du bureau de la MINUSCA à Obo, a insisté sur le fait que « Les droits de l’homme sont le fondement de la paix et de la cohésion sociale, et nous devons travailler ensemble pour promouvoir le respect de ces principes et protéger les droits de tous les citoyens ».
Selon le Colonel Léonard Mbele, préfet du Haut-Mbomou, la protection des droits de l’homme nécessite l’implication de l’ensemble des acteurs intervenant dans la localité. « Je vous prie, chers acteurs locaux, de protéger et respecter les droits de l’homme car ils sont l’épine dorsale du développement pour toute localité qui veut s’émanciper. Et si vous ne les mettez pas au cœur de votre profession, vous serez rattrapés par les conséquences de son irrespect », a-t-il rappelé aux éléments des Forces armées centrafricaines, des Forces de sécurité intérieure et autres acteurs présents.
Les participants, ainsi édifiés, se sont engagés à soutenir la documentation et le signalement des violations des droits de l’homme, à lutter contre la discrimination et la désinformation, à protéger les minorités et à promouvoir une culture de coexistence pacifique.
« Cette formation vient à point nommé car dans le Haut-Mbomou, il y a trop de violations des droits de l’homme comme l’a si bien avoué l’autorité, mais la seule crainte des populations ici est que les auteurs restent impunis et se promènent. Avec ce renforcement de capacité, nous sensibiliserons nos sœurs et nos mamans à se rapprocher du bureau des droits de l’homme de la MINUSCA pour signaler les abus », a confié Kofondji Euphrasie, enseignante au secondaire à Obo.
Cette table ronde, qui boucle une série d’ateliers de formations en droits de l’homme dans la sous-préfecture, a également permis de rappeler l’importance de préserver les libertés fondamentales et d’encourager les communautés à signaler les violations, mais aussi à faire confiance aux institutions judiciaires.
Edzona Agbessinyale Yao Alognon












