MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Isabelle Vackat et la mobilisation des Centrafricaines pour la défense de leurs droits

ISABELLE

Juriste, journaliste et défenseure engagée des droits des femmes, Isabelle Edith Vackat s’est donnée pour vocation d’œuvrer pour donner une voix aux femmes centrafricaines dans l’espace public. Et son combat passe grandement à travers la « La Voix des femmes », une station radio qu’elle a fondée à cet effet. A l’occasion de la Journée des femmes, elle revient sur son parcours, ses ambitions et lève le voile sur ses perspectives… avec la contribution de partenaires.

Isabelle Edith Vackat est membre du Haut Conseil de la communication et promotrice de la radio La Voix des femmes en République centrafricaine opérationnelle depuis avril 2025. Cette quinquagénaire qui allie « capacite d’écoute, disponibilité et rigueur au travail» dit aussi accorder « une grande importance à l’intégrité et à la confiance dans tout ce que j’entreprends ».

Des qualités dont elle use dans son combat en faveur des femmes, pour la promotion de leur participation au dialogue communautaire, à la vie démocratique et à la défense de leurs droits en République centrafricaine.

Pour faire avancer le débat autour du thème national, cette année, de la Journée internationale des droits des femmes « la garantie du droit et de l’accès à la justice », Isabelle met à contribution sa radio, notamment à travers divers programmes, dont des émissions, des sensibilisations et des portraits de femmes centrafricaines. Mais pour Isabelle, offrir à ses consœurs un espace d’expression sur les questions de gouvernance va bien au-delà de la radio.

Inclure les « invisibles » et des « vulnérables »

« Nous allons davantage sur le terrain, confie Isabelle, pour échanger avec les communautés et donner la parole à celles et ceux qui restent souvent invisibles ».

Issabelle a aussi participé à une sensibilisation sur la prévention de l’incitation à la haine et à la violence organisée avec l’appui de la MINUSCA. « Une initiative qui nous a permis de contribuer à l’élaboration d’un plan national de lutte contre les messages de haine, la désinformation et la violence, notamment à l’égard des communautés, des femmes, des jeunes et des enfants ».

A en croire Isabelle, descomités locaux ont aussi été mis en place dans plusieurs préfectures à cet effet, contribuant grandement à « promouvoir des élections plus apaisées et à renforcer les efforts en faveur de la paix ». Ce travail est rendu possible grâce à l’appui de partenaires tels que la MINUSCA et ONU Femmes, avec qui elle collaborent étroitement.

« Dans le cadre des élections, nous avons également bénéficié du soutien d’ONU Femmes et de la MINUSCA pour réaliser des portraits de femmes candidates. Aujourd’hui, grâce à ces initiatives, la voix des femmes centrafricaines peut être entendue du matin au soir sur les ondes, ce qui marque une véritable avancée », se réjouit Isabelle.

Grâce à l’appui de la Mission,se félicite-t-elle, « les femmes centrafricaines ont aujourd’hui davantage d’opportunités pour prendre la parole, participer au développement du pays et contribuer au dialogue communautaire. Pendant longtemps, elles étaient peu visibles dans les médias. Aujourd’hui, avec des initiatives comme la radio La Voix des femmes, elles disposent d’un véritable outil de communication pour s’exprimer, défendre leurs droits et faire connaître les instruments juridiques qui les protègent ».

Pour l’avenir, Isabelle ambitionne de permettre à la radio La Voix des femmes d’étendre sa couverture sur l’ensemble du territoire centrafricain. L’objectif est d’aller à la rencontre des communautés souvent marginalisées, notamment les minorités comme les Aka, les personnes à mobilité réduite et d’autres groupes vulnérables, afin de leur offrir un espace d’expression sur les questions de gouvernance locale.

« Ma passion reste la protection, la défense et la promotion des droits des femmes et des filles en République centrafricaine ». Voilà qui resonne à l’unisson avec le plaidoyer du Secrétaire général de l’ONU, dans sa tribune libre « Journée internationale des femmes: huit mesures pour un monde plus égalitaire » dans lequel il souligne que l’inclusion ne constitue pas un symbole : c’est un moyen de stabiliser plus rapidement un monde fracturé.

Geoffroy Dieu Beni Banthas Bata