MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Bouar se penche sur la protection des enfants associés aux groupes armés

Vulgarisation du protocole d’accord 1

Les représentants des forces de défense et de sécurité intérieure, des magistrats et des officiers de police judiciaire, ont participé le 10 mars 2026 à Bouar, Nana-Mambere, à un atelier de vulgarisation du protocole d’accord relatif à la protection et au transfert des enfants associés aux forces et groupes armés. La rencontre est organisée par la MINUSCA en collaboration avec les autorités locales et visait à renforcer la compréhension et l’application de cet accord signé le 30 septembre 2024 entre le Gouvernement centrafricain et les Nations Unies afin d’assurer la protection et la réinsertion rapide des enfants concernés.

Ce protocole vise à protéger les enfants associés aux forces et groupes armés et à faciliter leur réinsertion vers une nouvelle vie dans les 24 heures suivant leur sortie du groupe armé. Les parties prenantes, y compris la ministre des Affaires étrangères, de la Francophonie et des Centrafricains de l'étranger, la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine et les représentants de l'UNICEF, avaient participé à la signature. Le protocole énonce clairement toutes les étapes dans le cadre du transfert des enfants vers les autorités civiles, en veillant à leur désengagement et réinsertion.

Le protocole détaille les mécanismes permettant d’assurer la protection des enfants impliqués dans les conflits armés. Conformément aux textes nationaux et internationaux, ces enfants doivent être considérés avant tout comme des victimes. Le protocole établit également un cadre de référence national pour la séparation rapide des enfants des forces et groupes armés.

A bien des égards, ce document constitue une étape cruciale dans le renforcement de la protection des enfants affectés par les conflits. Aussi, le présent atelier vise-t-il à favoriser son appropriation par les acteurs concernés.

Présidant l’ouverture de l’atelier, la préfète de la Nana-Mambere, Rita Mirabelle Saravendra, a rappelé l’importance de la protection de l’enfant dans les zones de conflit. « Les enfants sont souvent les plus touchés dans les zones de conflit, exposés à diverses formes de violences et à l’association avec des forces armées », a-t-elle rappelé, ajoutant que la Nana-Mambere fait face à des défis sécuritaires, mais aussi des progrès réalisés grâce aux efforts conjoints en faveur de la paix. Et de rappeler le rôle essentiel des forces de sécurité, des magistrats et des officiers de police judiciaire, « chargés d’identifier les enfants, d’assurer leur protection immédiate et de faciliter leur transfert vers les structures civiles ».

La cheffe du bureau de la MINUSCA pour la région de l’Équateur, Jasminka Kumbric, a souligné que cet atelier répond à un besoin urgent et que « Malgré les efforts fournis, des enfants continuent d’être arrêtés, maltraités ou exploités. Cette situation nécessite une compréhension commune des rôles de chaque acteur et l’application effective des procédures prévues ». Occasion de réitérer l’engagement de la Mission : « La MINUSCA, à travers son Unité de protection de l’enfant, est déterminée à soutenir les autorités nationales et locales dans l’application du protocole, en collaboration avec le ministère de la Promotion du Genre, le ministère de la Justice et l’UNICEF ».

Les participants ont ainsi renforcé leurs connaissances sur les normes de protection de l’enfance afin d’améliorer l’application du protocole d’accord et favoriser la collaboration entre les acteurs sécuritaires, judiciaires et administratifs.

Tous se réjouissent de la qualité des échanges, du partage de bonnes pratiques et de l’appropriation du protocole pour le bénéfice des enfants. Parmi eux, le Capitaine de police à Bouar Claudia Douate qui fait valoir que cette formation a permis de rappeler que les enfants, en raison de leur vulnérabilité psychologique, peuvent facilement être influencés et devenir des cibles pour des acteurs malveillants. « Il nous revient, en tant qu’officiers des forces de sécurité intérieure, de veiller au respect de l’intérêt supérieur de l’enfant et de reconnaître qu’ils sont avant tout des victimes qui doivent être protégées. Nous devons également faire preuve de diligence afin d’assurer leur transfert vers les autorités civiles dans les meilleurs délais », a-t-elle souligné.

L’atelier se poursuivra avec les leaders communautaires et religieux, ainsi que les représentants d’organisations sociales, d’associations de femmes et de jeunes.

 

Dramane Darave