La MINUSCA a procédé, les 5 et 16 mars derniers, à la fermeture de deux de ses bases d’opérations temporaires situées respectivement à Mbrès, dans la préfecture de la Nana-Gribizi, et à Dékoa, dans la préfecture de la Kémo.
Ces fermetures s’inscrivent dans le cadre de la réorganisation progressive de la couverture géographique de la Mission, en lien avec l’amélioration de la situation sécuritaire dans ces localités. Elles traduisent également une volonté de transfert progressif des responsabilités aux autorités nationales.
À Dékoa, la base occupée depuis 2016 par le contingent burundais, qui assurait la couverture sécuritaire des sous-préfectures de Dékoa et de Mala, a été officiellement remise aux autorités centrafricaines. Une étape saluée par la Gouverneure de la région des Kagas, Lucienne Baka : « Les contingents ont beaucoup agi, il faut l’avouer, à Mala et à Dékoa, en matière de sécurité et d’appui à l’extension de l’autorité de l’Etat. Nous félicitons la MINUSCA pour le travail accompli et affirmons que la République centrafricaine prendra désormais la relève, pour assurer à la fois la sécurité et le développement de nos populations. »
La présence des Casques bleus a changé le quotidien des femmes de Dékoa. Passi Chantale, présidente de l’OFCA, témoigne : « Aujourd’hui, nous pouvons circuler librement dans la ville, mais cela n’a pas toujours été le cas. Nous avons vécu des moments difficiles, réfugiées dans la brousse. Grâce à la présence du contingent burundais, la sécurité s’est nettement améliorée. Nous avons même pu organiser des élections dans le calme. »
Pour la MINUSCA, cette évolution ne signifie pas un retrait, mais une adaptation stratégique de son dispositif. Le représentant du chef de bureau, Claude Yao Bouaka, a tenu à rassurer les populations : « Cette évolution ne signifie nullement un désengagement de la Mission. Au contraire, la MINUSCA reste engagée aux côtés du Gouvernement et des populations pour soutenir les efforts de stabilisation et de développement. La Mission continuera d’appuyer la sécurité à travers des patrouilles de longue portée, notamment sur les axes Dékoa-Mala et Dékoa-Bouca. »
Quelques jours plus tôt, le 5 mars, une cérémonie similaire s’était tenue à Mbrès, marquant la remise de la base d’opérations temporaire occupée pendant plus de dix ans par le contingent pakistanais. Leur présence a été déterminante pour la stabilisation de cette partie de la Nana-Gribizi. Selon Serge Constant Tounabana, secrétaire général de la préfecture, les résultats sont concrets : « Le bilan se justifie par le retour de la paix dans la localité. La population vaque librement à ses occupations. La mobilité des personnes et des marchandises se fait désormais dans la sérénité. Tout cela grâce à la présence du contingent pakistanais aux côtés de nos forces de défense. Nous ne pouvons que dire merci pour ce sacrifice »
Au-delà des opérations de sécurisation, les actions conjointes entre Casques bleus et Forces armées centrafricaines ont contribué à réduire significativement les incidents et à renforcer la présence de l’État. Jean Jackson Daniel, coordonnateur de la section des affaires civiles de la MINUSCA, souligne également l’impact institutionnel de cette présence : « Les contingents ont travaillé main dans la main avec les autorités locales et les FACA pour assurer la sécurité dans toute la sous-préfecture. Les patrouilles conjointes ont permis de réduire considérablement les incidents. Au-delà, la Mission a appuyé la restauration de l’autorité de l’État, notamment à travers la construction d’infrastructures administratives et sécuritaires. La MINUSCA ne quitte pas la zone, elle se repositionne pour mieux servir la communauté. »
Les infrastructures de la MINUSCA seront désormais occupées par les Forces de défense et de sécurité centrafricaines.
Bebey Michelle TCHANIA
















