Pour la première fois depuis 1980, les autorités locales se sont rendues dans les villages de Gaskaye, Chari et Ngolongosso, dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran, avec l’appui de la MINUSCA. Du 25 au 28 mars 2026, elles y ont mené une mission conjointe au cours de laquelle elles ont eu des échanges avec les communautés.
Conduite par le préfet Francis Bangue Doungoupo, la mission a regroupé les membres du Comité de mise en œuvre préfectoral (CMOP) de l’Accord de paix, le Forum préfectoral des droits de l’homme, l’Organisation des femmes centrafricaines, le vice-président du Comité des sages, ainsi que des représentants des Forces de défense et de sécurité et de la MINUSCA.
Selon les leaders communautaires, les autorités préfectorales ne s’étaient pas rendues à Chari et Ngolongosso, respectivement à 240 et 220 Km de Ndele, depuis 1980. Ces zones sont longtemps restées inaccessibles en raison de l’insécurité et du mauvais état des routes. La mission s’est déroulée sous haute escorte assurée par la Force de la MINUSCA.
À Chari, Ngolongosso et Gaskaye, la délégation a tenu des réunions avec les chefs communautaires et les représentants du groupe armé UPC.
Le préfet a profité de cette mission pour sensibiliser les autorités locales et les représentants de l’UPC au programme national de DDR, à l’importance du respect des lois nationales et à l’Accord politique pour la paix et la réconciliation en République centrafricaine (APPR-RCA). Il a insisté sur la cohésion sociale, la résolution pacifique des conflits ainsi que sur le rôle des structures locales comme le CMOP, le Forum des droits de l’homme et le Comité des sages.
Selon Alexis Mayissara, vice-président de la jeunesse de Gaskaye, l’insécurité persiste depuis longtemps dans la zone. « Il y a longtemps que, l’insécurité règne dans notre village, la population ne peut pas circuler librement à cause de la présence des éléments armés dans la zone, pas de centre de santé adéquat, manque de médicaments et de personnel, pas d’eau potable et les jeunes veulent être formés comme cela s’est passé à Ndele et dans certains villages, dans les différentes filières comme maçonnerie, la menuiserie etc. », a-t-il dit.
Des points focaux ont été identifiés et sensibilisés pour l’alerte précoce en cas de tensions et aussi pour le suivi des violations des droits de l’homme.
Les communautés ont qualifié cette visite d’historique. « Voir les autorités locales et la MINUSCA nous semble irréel. Nous nous sentions abandonnés par l’État depuis 1980 », a déclaré un leader communautaire.
Au cours de cette mission, la délégation a également distribué des t-shirts, des kits scolaires et des ballons de football, installé des panneaux solaires dans une école, fourni des équipements médicaux aux centres de santé et organisé des consultations médicales au profit des populations vulnérables, notamment les femmes et les enfants.
Honoré Samedi




















