Leaders communautaires, religieux et autorités locales de Bangassou ont passé en revue, le 14 avril 2026, le Protocole relatif à la protection et au transfert des enfants associés aux forces et groupes armés vers les autorités civiles. C’était lors d’une session organisée, par la MINUSCA, dans la préfecture du Mbomou, avec pour objectif de renforcer la protection des mineurs et le respect de leurs droits.
Organisée conjointement par l’Unité de Protection de l’Enfant (UPE) de la MINUSCA et la Direction régionale chargée de la promotion du genre, de la protection de la famille, des femmes et des enfants, cette session s’inscrit dans le cadre de la vulgarisation du Protocole de remise et des procédures opérationnelles standard associées.
Les 18 participants, dont 12 hommes et six femmes, sont des leaders communautaires et religieux, des membres d’organisations de la société civile, ainsi que des représentants du Comité de Mise en Œuvre Préfectoral (CMOP) et du Comité Local de Paix et de Réconciliation (CLPR).
A leur égard, l’UPE a présenté le protocole de remise (édition 2024) ainsi que les procédures à suivre, soulignant que « les enfants associés aux forces et groupes armés doivent être considérés comme des victimes et être transférés aux autorités civiles dans un délai de 24 heures ».
Onziga Angu-Andia, chef d’équipe de la protection de l’enfant de la MINUSCA à Bangassou, a précisé que « ces enfants ne doivent pas être poursuivis ni criminalisés pour leur association avec des forces ou groupes armés ».
Les composantes des Droits de l’homme et des Affaires civiles de la Mission ont, à leur tour, renseigné les participants sur les procédures d’audition des mineurs, leurs conditions de détention et leur réinsertion sociale, ainsi que sur les principes des droits humains et de la protection des civils.
« Nous disposons désormais d’informations fiables sur les étapes à suivre en matière de détention des mineurs. Ces connaissances sont essentielles pour sensibiliser ceux qui n’ont pas pu participer à cette session. Nous demandons également aux autorités judiciaires, à la police et à la gendarmerie de respecter ces principes et de mettre fin aux arrestations arbitraires de mineurs », a plaidé Antoine Balipio, enseignant au Petit Séminaire Saint-Louis de Bangassou.
Autre participante, Zenaba Moussa a dénoncé les mariages forcés et précoces dans sa communauté, exhortant les parents à respecter et à protéger les droits des enfants. « J’ai appris aujourd’hui qu’un enfant de 14 ans ne doit pas être détenu dans un commissariat, une brigade ou une maison carcérale. Cette formation m’a permis de mieux comprendre les droits de l’enfant », a-t-elle dit, en substance, appelant les parents à mieux encadrer et à protéger leurs enfants avant de les engager dans le mariage.
Pour rappel, ce protocole d’accord a été signé en 2024 entre le gouvernement centrafricain et les Nations Unies. Il stipule que les enfants associés aux forces et groupes armés sont reconnus comme des victimes et doivent être transférés aux autorités civiles compétentes dans un délai de 24 heures après leur sortie de ces groupes.
Les présentes sensibilisations sont prévues dans d’autres préfectures et sous-préfectures du Haut-Oubangui afin de promouvoir le respect des droits des enfants.
Maelaine Malebingui








