Ils étaient 235 membres et leaders communautaires, principalement de la jeunesse, des femmes, des religieux et des chefs traditionnels, issus des huit arrondissements de Bangui, à avoir reçu, du 17 au 20 mai 2016, une formation sous le thème « combattons ensemble les abus et l’exploitation sexuels ». Ce jeudi 23 juin, 70 d’entre eux, tous leaders, ont reçu leurs certificats de participation à ces séances de formation sur le phénomène.
La formation, organisée par la MINUSCA, avait pour objectif de les préparer à relayer les messages relatifs à la lutte contre les abus et exploitation sexuels auprès de leurs communautés respectives. Ainsi, dans les futures campagnes de sensibilisation, ils serviront de points focaux de la MINUSCA, en soutien à l’équipe Conduite & Discipline (CDT) de la MINUSCA.
Le contenu de la formation se résumait en deux points essentiels : connaître les comportements prohibés et collaborer, en toute confidentialité selon les procédures mises en place, pour dénoncer les actes d’exploitations ou abus sexuels commis par le personnel de l’ONU et; protéger les populations contre ceux qui se servent de leur ignorance et vulnérabilité pour commettre leurs forfaits et les prévenir contre les fausses allégations.
Augustin Kumugo-Mbetho de l’Equipe CDT de la MINUSCA rappelle que les participants ont appris les techniques de rapportage des cas d’abus et exploitation sexuels. « Ils vont appeler sur une ligne téléphonique ou nous envoyer un mail pour nous rapporter des cas d’abus et exploitation sexuels commis par les fonctionnaires de l’ONU. » Suivront « des enquêtes conduites par CDT », dit-il, soulignant que la confidentialité du dénonciateur sera garantie.
Pour Brigitte-Bernadette Ndotet-Nzanzet, présidente de l’Organisation des Femmes Africaines (OFCA) du 6earrondissement de Bangui, « les jeunes filles doivent comprendre que l’argent ne doit pas être obtenu par le sexe mais plutôt par le travail. » Quant à Bironda Abigaël, étudiante à l’Université de Bangui, elle compte approcher d’autres jeunes pour leur montrer les conséquences des abus et exploitation sexuels : « Je vais leur enseigner ce que j’ai appris, car comme disait Nelson Mandela, l’éducation est l’arme la plus puissante. »
Namoby Aladji, un leader religieux, se dit prêt à sensibiliser sa communauté, « à travers la parole de Dieu, sur les conséquences des abus et exploitation sexuels, qui entrainent entre autres les maladies sexuellement transmissibles et les grossesses non désirées chez les jeunes filles. »
Et comme le rappelle la Cheffe de l’Equipe Conduite & Discipline à la MINUSCA, Nicola Dahrendorf, « les fonctionnaires de l’ONU qui ne respectent pas les standards de l’organisation doivent être dénoncés par la population et sanctionnés s’ils sont coupables. »




