À Berberati (Nana-Mambere), chef-lieu de la région de l’Équateur, plusieurs femmes s’activent quotidiennement dans l’enceinte de la Maison de la Femme, où elles bénéficient de formations et d’un accompagnement à l’autonomisation. Construit avec l’appui de la MINUSCA, ce centre propose diverses formations, notamment en couture, en transformation de produits locaux et en gestion d’activités génératrices de revenus. Grâce à ces compétences acquises, les bénéficiaires renforcent progressivement leur participation à la vie économique, sociale et politique de la ville.
Charlie Bahouba / Souembot née Sandanga Ingrid Josette
C’est l’effervescence, ce 27 avril 2026, dans la cour de la Maison de la Femme. Pendant que certaines femmes discutent en petits groupes, d’autres s’installent avec leur matériel de travail. Le bruit régulier des machines à coudre se mêle aux échanges entre participantes et formatrices.
Parmi l’assistance, Natercia Defiobona, l’une des bénéficiaires. Assise devant une machine à coudre, elle ajuste son tissu avec application. « Je restais à la maison sans activité. Aujourd’hui, grâce à ce que j’ai appris ici, je peux coudre et vendre. Ça m’aide à m’en sortir dans beaucoup de domaines », explique-t-elle.
Dans une salle voisine, un groupe de participantes suit, avec attention, une session dédiée à la gestion de petites activités génératrices de revenus. Et elles prennent notes. Car pour beaucoup, il ne s’agit pas seulement d’apprendre un métier, mais aussi de maîtriser la gestion et le développement durable d’une activité.
À l’ombre d’un arbre, dehors, un autre groupe se familiarise avec des notions relatives à l’engagement des femmes dans la vie publique. Laure Tokanda, vice-présidente de l’Organisation des femmes centrafricaines (OFCA) de Berberati, constate une évolution notable : « Grâce à cet appui, nous avons gagné en confiance. Des femmes se lancent maintenant dans les élections locales. Ce n’était pas facile. Nous remercions la MINUSCA pour son soutien multiforme ».
Au-delà des formations, certaines bénéficiaires ont reçu des équipements pour démarrer leurs activités. Et dans les marchés de Berberati, nombreuses sont-elles à tenir leurs propres petits commerces, signe d’un changement progressif.
Quelques difficultés cependant, liées principalement à l’accès des femmes au financement pour accroitre leurs activités. Solange Nambona, l’une des bénéficiaires, témoigne : « Nous arrivons à commencer quelque chose, mais pour agrandir, c’est compliqué sans moyens. Nous demandons aux autorités de nous aider à pérenniser les acquis de ces projets ».
Malgré ces obstacles, les organisations féminines saluent l’impact de cet accompagnement de la MINUSCA. Clémence Chicotte, secrétaire générale de l’OFCA, explique : « Cet appui a vraiment changé beaucoup de choses. Les femmes sont plus actives ; elles participent davantage à la vie économique, sociale et même politique. Nous serons au moins trois à entrer dans les mairies des différents arrondissements de la ville grâce à ce soutien ».
La Maison de la Femme de Berberati s’impose aujourd’hui comme un espace d’apprentissage et d’opportunités. Un lieu où les femmes, progressivement, construisent leur autonomie financière et prennent pleinement leur place dans la société.














