Depuis fin mars 2026, 400 nouveaux jeunes, dont 201 femmes, de la préfecture du Bamingui-Bangoran acquièrent de nouvelles compétences qui leur permettront, à termes, de développer des activités génératrices de revenus. Pour tous les bénéficiaires de la phase 9 du Programme de réduction de violences communautaires de la MINUSCA, le CVR est synonyme de l’espoir retrouvé pour un avenir meilleur.
Entre apprentissage professionnel et éducation au ‘‘vivre ensemble’’, les jeunes bénéficiaires du Programme aspirent à une autonomie financière. C’est l’ambition de Syntyche Déborah MANDATA, mère de sept enfants et résidant à Ndele centre. Elle a opté pour la filière tannerie et attend beaucoup de cette nouvelle opportunité. « Pour moi, c’est un très bon projet. Si nous parvenons à nous entendre, à la fin de la formation, nous pourrons créer un groupement et mettre en place un bureau. Ainsi, nous pourrons bien travailler et gagner de l’argent pour subvenir à nos besoins », précise-t-elle.
Le Programme CVR, à Ndele, brise les idées préconçues. Dans un atelier de maçonnerie, Romaine NGUIASSI, jeune mère de deux enfants, rêve de se faire un nom dans ce domaine réputé masculin. « J’ai toujours observé les maçons travailler dans les quartiers et développé une réelle admiration pour ce métier. C’est ce qui m’a poussée à embrasser la carrière de maçonne. Moi aussi, je veux construire des maisons. Depuis le début de la formation, notre maître nous a appris beaucoup de choses : poser des piquets, bâtir une maison de 7 m sur 5, démarrer un chantier, réaliser les chaînages et les blocages. Nous avons appris tout cela », explique-t-elle, visiblement heureuse.
Emerick Yakousse, apprenti maçon, estime qu’au-delà des bénéficiaires, c’est la communauté entière qui jouit du Programme. « Autrefois, je me contentais de préparer le ciment pour les maîtres maçons, mais aujourd’hui, je souhaite que les rôles s’inversent. C’est pour cette raison que j’ai rejoint le CVR. Ce projet nous a unis, alors qu’auparavant nous ne nous entendions pas. Aujourd’hui, nous cohabitons en harmonie : Banda, Sara, Goula… nous sommes tous rassemblés autour de ce projet. Voilà pourquoi nous souhaitons que le CVR se poursuive dans la région », affirme-t-il.
Au-delà de l'apprentissage technique, le Programme prévoit un soutien concret pour le lancement des activités, précise Clementine Mukashyaka, coordonnatrice de la section Désarmement, Démobilisation et Réintégration au bureau régional de la MINUSCA à Ndele. « Après la formation de trois mois, ils vont recevoir les kits pour les activités génératrices de revenus. Les formations proposées sont : l’agriculture, l’élevage, la maçonnerie, la tannerie et la menuiserie. Ces bénéficiaires sont des jeunes à risque, des personnes vulnérables. Pendant la formation, nous les instruisons sur la cohésion sociale, leur comportement avec et dans la communauté, et nous leur demandons d'aider le gouvernement », fait-elle valoir.
Cette nouvelle phase du Programme CVR s'inscrit dans la continuité des cycles précédents, qui ont déjà permis de doter Bamingui-Bangoran de nombreuses infrastructures communautaires essentielles.
Pour rappel, dans le cadre du Programme CVR 8 mis en œuvre en 2025, 700 bénéficiaires, dont 380 femmes, ont été formés dans plusieurs domaines, notamment l’électricité, la maçonnerie, la menuiserie, la transformation des produits alimentaires, la cosmétique, la boulangerie, la couture, le tricotage et la mécanique moto.
Depuis 2021, le Programme a enregistré un total de 2 800 bénéficiaires dans la préfecture de la Bamingui-Bangoran.
Par Syntyche Mantar Tompte





