Bria, 22 septembre – Une équipe de la MINUSCA figure parmi les finalistes des Prix 2026 du Secrétaire général des Nations Unies, dans la catégorie « Protection des civils et respect du droit international humanitaire ». Cette sélection marque une étape importante dans un parcours d’excellence qui récompense « les performances remarquables des membres du Secrétariat qui vont au-delà du cadre de leurs fonctions dans l'exercice de leurs tâches. »
Souvent présentés comme les « yeux et les oreilles de la Mission », les agents de liaison communautaire (ALC) travaillent au contact direct des populations. Sur le terrain, ils accomplissent un travail aussi discret qu’essentiel, qui couvre plusieurs dimensions de la protection des civils, de la prévention des conflits et de la cohésion sociale.
« Mon travail en général est impactant positivement et efficace dans le processus de paix et de stabilisation de la Préfecture de la Haute-Kotto. Mes interactions avec toutes les couches sociales ont contribué grandement au rétablissement de la sécurité, de la cohésion sociale et favorisé la restauration de l’autorité de l’Etat », explique Brice Paulin Ngamakette, l’un des trois membres de l’équipe de la MINUSCA à Bria retenue pour la compétition.
Le titre de leur candidature traduit la portée de leur engagement : « Des voix locales au service de l’action des Casques bleus : le personnel national protège les civils en République centrafricaine. »
La catégorie « Protection des civils et respect du droit international humanitaire » récompense une personne ou une équipe ayant contribué au renforcement de la protection des civils et au respect du droit international humanitaire dans des contextes de crise.
Des interventions concrètes sur le terrain
Pour les agents de liaison communautaire, la protection des civils se traduit par des interventions quotidiennes et des résultats concrets. « C’est quasiment notre quotidien » disent les ALC à l’unisson.
Jean Paul Gervais Golopaye, coordonnateur des activités des ALC, cite notamment une intervention menée en 2025 dans la région de Ouadda.
« en 2025 lors d’une mission à Ouadda, le village de Boungou Gnakayan, situé à 45 km de la ville, avait été attaqué par des groupes armés, provoquant panique et déplacement des populations. En tant qu’agent de liaison, j’ai mené un plaidoyer auprès du contingent rwandais et facilité la coordination pour le déploiement rapide d’une patrouille sécuritaire. Grâce au partage d’informations et à une collaboration efficace entre les acteurs concernés, la présence sécuritaire a été renforcée et les groupes armés ont quitté la localité. »
À Bria, Placide Hilaire Yamande intervient notamment dans la prévention des menaces et des conflits liés à la transhumance. Il affirme avoir appuyé « le déploiement et le renforcement des capacités d'un réseau d'alerte communautaire pour prévenir les menaces et gérer les conflits liés à la transhumance. J'anime aussi les mécanismes de protection des civils et promeus la cohésion sociale en facilitant la réintégration des personnes retournées… »
Un relais entre les communautés et la MINUSCA
Les agents de liaison communautaire ont notamment pour mission de développer des réseaux d’alerte précoce fiables et de maintenir une communication continue avec les villages situés dans leur zone de responsabilité. Ils sensibilisent également les communautés au mandat de la MINUSCA.
Les ALC facilitent, en outre, l’échange d’informations sur les questions de protection, les conflits communautaires et les autres enjeux locaux pertinents. Ces informations sont partagées entre les membres des communautés, la Force de la MINUSCA, la Police des Nations Unies, UNPOL, et les autorités locales.
Ils recueillent également des données liées à la protection des civils, analysent les dynamiques de conflit et évaluent les risques de menaces contre les populations. Leur travail comprend l’identification des principaux acteurs locaux ainsi que le suivi et l’évaluation des mécanismes d’alerte communautaire.
« Mon objectif demeure de produire des résultats de qualité tout en contribuant positivement au mandat de la mission, la protection des civils en priorité », semble résumer Jean Paul Gervais Golopaye.
La sélection de l’équipe parmi les finalistes témoigne ainsi de la reconnaissance d’un engagement quotidien auprès des communautés les plus exposées à la fragilité, à l’insécurité et à la précarité.
Une équipe en compétition avec trois autres entités
Dans la catégorie consacrée à la protection des civils, l’équipe de la MINUSCA est en compétition avec trois autres missions et entités des Nations Unies.
Les Prix 2026 du Secrétaire général comprennent également les catégories suivantes : « Respect au travail et leadership en matière de sécurité : susciter la collaboration » et « Technologies émergentes éthiques : accélération des Objectifs de développement durable ».
Les équipes finalistes doivent produire de courtes vidéos présentant leurs candidatures et leurs principales réalisations. Celles-ci seront publiées sur la plateforme Unite Ideas. Au moment du vote, l’ensemble du personnel des Nations Unies, y compris celui de la MINUSCA, pourra participer à la sélection des lauréats dans chaque catégorie.
Créés en 1996 afin de promouvoir et de récompenser l’efficacité et l’excellence au sein des Nations Unies, les « UN 21 Awards » ont été remplacés, en 2015, par les Prix du Secrétaire général des Nations Unies, qui en ont conservé l’esprit.
Par Didier Parfait Bapidi-Mbon












