MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

La radio, un médium d’information, d’éducation et de paix

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Le 13 février 2026 marque, pour la Centrafrique, comme le reste du monde, la Journée internationale de la Radio. Proclamée par l’UNESCO et adoptée par l’Assemblée générale des Nations Unies, la journée vise à promouvoir l’accès à l’information, la lutte contre la désinformation et le rôle central de la radio comme outil de cohésion sociale et de paix dans le pays. Des objectifs auxquels la MINUSCA adhère via une contribution multiforme.

 

Célébrée cette année sous le thème « Radio et intelligence artificielle » (IA), cette Journée met l’accent sur l’utilisation de l’intelligence artificielle de manière éthique et responsable afin de soutenir le jugement professionnel, la créativité et les valeurs du service public, et d’en faire un allié pour instaurer la confiance auprès du public.

À cet effet, Khaled El-Enany, Directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a déclaré : « Ensemble, veillons à ce que l’IA soit au service du public, et non l’inverse. Veillons à ce que la radio continue d’informer avec intégrité, de créer des liens avec empathie et de parler avec une voix humaine ».

Dans la mise en œuvre de son mandat d’appui à la restauration et à l’extension de l’autorité de l’État, et dans le but de lutter contre la désinformation, la mésinformation, la malinformation, les discours de haine et les violences communautaires, la MINUSCA a réalisé en République centrafricaine des projets qui placent la radio au centre des moyens de communication pour un changement de mentalité de la population.

Radio Guira FM, un trait d’union entre les communautés

Créée en République centrafricaine en 2014, dans un contexte où les cicatrices du conflit restent visibles, Radio Guira FM demeure la voix la plus proche des populations. Elle ne se contente pas d’informer : elle rassure, éclaire et relie.

En diffusant des informations vérifiées et accessibles, elle contribue à lutter contre la désinformation, la mésinformation et la malinformation, autant de facteurs susceptibles de raviver les tensions. En donnant la parole aux citoyens, aux autorités et aux leaders communautaires, Radio Guira crée des espaces de dialogue là où le silence pourrait nourrir la méfiance, devenant ainsi un véritable trait d’union entre les communautés.

La grille des programmes de Guira FM offre des émissions qui font la différence. La radio propose des débats interactifs où les auditeurs appellent en direct, des émissions sur la réconciliation et le vivre-ensemble, le tout en français et en langue locale (sango) afin de mieux toucher les zones rurales. Elle intègre également des magazines d’éducation civique pour expliquer les droits et devoirs des citoyens. Chaque émission contribue à renforcer la compréhension mutuelle et à encourager une participation citoyenne responsable.

Pour Besan Vikou, chef de Guira FM, l’impact des activités de la radio sur la population est visible : « À travers les témoignages des auditeurs, les appels reçus en direct et la confiance exprimée par les communautés, nous mesurons aussi l’impact dans la réduction des tensions liées à la désinformation et dans une participation accrue aux initiatives locales de dialogue. Dans un pays en reconstruction, Guira FM n’est pas seulement une radio : c’est un espace de confiance, un outil de résilience et un levier essentiel pour une paix durable ».

Cet impact est renforcé par le partenariat que Guira FM entretient avec la radio nationale et surtout avec les radios communautaires, qui relaient ses programmes dans les préfectures les plus reculées, offrant ainsi une couverture optimale.

Réhabiliter les radios communautaires pour favoriser une information fiable

Dans certaines régions reculées de la RCA, souvent synonyme d’absence de connexion Internet ou d’énergie électrique, la population n’a pas toujours accès à une information fiable. Un terrain propice à la propagation de la désinformation et de la mésinformation, sources de tensions intercommunautaires.

Pour y remédier, la MINUSCA a initié différents projets ayant contribué à la réhabilitation de plusieurs radios communautaires dans les régions reculées de la RCA. Au total, 28 radios communautaires, situées dans différentes régions du pays, ont bénéficié de réhabilitations, d’équipements, de formations ainsi que de la prise en charge des frais de diffusion des programmes de Guira FM.

Rémy Djamouss, directeur du Réseau des médias communautaires de Centrafrique, souligne l’importance de la radio : « La radio communautaire n’est pas seulement un média, c’est une place publique sonore où chaque citoyen peut s’exprimer. Dans le contexte centrafricain, la radio joue un rôle stratégique : elle lutte contre la désinformation, apaise les tensions et renforce le lien social. Quand les routes sont impraticables ou que les réseaux ne fonctionnent pas, la voix de la radio continue de traverser les collines et les villages ».

En RCA, la radio n’est pas seulement un média : c’est une voix, un lien, une véritable bouée de sauvetage pour la population.

La radio comme outil d’information, d’éducation et de paix

En 2025, la MINUSCA a procédé à la distribution de 3 840 postes radio destinés à renforcer l’accès à une information fiable et à lutter contre les rumeurs et la désinformation, sources de tensions. Ces radios fonctionnent à l’électricité, avec des piles ou grâce à un panneau solaire intégré, garantissant ainsi un accès continu à l’information, même dans les zones dépourvues d’un approvisionnement électrique stable.

L’activité s’inscrit également dans le cadre du soutien aux mécanismes locaux de prévention des conflits et a été mise en œuvre à Bangui ainsi que dans plusieurs préfectures de la RCA.

Tagbalé Joseph, maire du 7ᵉ arrondissement de Bangui, estime que ces radios permettront de renforcer la lutte contre la désinformation dans les quartiers. Et d’encourager ses concitoyens à « bien suivre les informations diffusées par ces radios, car ceux qui vont éduquer et informer la population sont des personnes bien formées, capables de transmettre des informations fiables ».

Ingrid Josette Souembot née Sandanga