Les populations du Haut-Mbomou, affectées par des violences électorales récentes, ont été au centre d’un appel à la paix et à la réconciliation lancé à Obo par la Plateforme des confessions religieuses de Centrafrique. C'est à l’issue d’une mission effectuée dans plusieurs localités de la préfecture, avec l’appui logistique de la MINUSCA, pour renforcer le dialogue, la cohésion sociale et les perspectives de retour volontaire.
Lors d'une réunion avec les autorités locales, les communautés et les déplacés, les membres de la Plateforme ont souligné la nécessité d'un dialogue inclusif et d'une concertation locale pour aborder les questions de paix, de sécurité et de développement de la préfecture.
Selon Guerekoyame Nicolas, chef de la délégation de la Plateforme, « le processus de dialogue actuel manque d'efficacité en raison d'une représentation locale insuffisante». Il propose donc, à cet effet, l'organisation d'une concertation locale inclusive dans le Haut-Mbomou pour discuter des questions de paix et de développement.
La Plateforme a également exprimé des préoccupations concernant les traumatismes collectifs, la peur et les allégations de violences basées sur le genre. « Nous sommes très confus en constatant qu’il y a trop de violences basées sur le genre dans les localités visitées. Les femmes rencontrées sont traumatisées, tristes, déprimées et ont peur de signaler les cas par crainte de représailles de la part des agresseurs, de la réaction des gens, de la honte et surtout du manque de moyens pour payer les frais de service », a fait valoir Sandos Tongoyambide Libasso Nina Prudence Mirabelle, membre de la Plateforme.
La MINUSCA a de son côté réaffirmé son soutien aux efforts de stabilisation, notamment à travers l’appui aux déploiements des FACA, la documentation des violations des droits de l'homme et les projets de développement.
« La paix et la sécurité restent les conditions essentielles au développement et aux retours volontaires », a affirmé Jean Émile Nkiranuye, chef du bureau de la MINUSCA, ajoutant : « Nous encourageons l'instauration d'une confiance durable avec tous les acteurs de la sécurité et insistons sur la nécessité d'un message public cohérent axé sur le développement durable, la justice et la cohésion sociale ».
L’étape cruciale de Zemio et de Bambouti
La Plateforme a démarré cette mission avec l’étape de Zémio, où le processus de dialogue intercommunal était sérieusement concentré sur le retour des populations, a déclaré Mme Sabi, née Houessango Paulette, membre de la délégation, avant d’ajouter que « la situation s’était détériorée, entraînant des déplacements, des flux de réfugiés et un climat de peur persistant, mais grâce à l’appui de la MINUSCA à travers les mécanismes du Comité de mise en œuvre préfectoral (CMOP), les familles reviennent ».
Tous les acteurs, dit-elle, ont convenu que le dialogue entre le gouvernement et le groupe armé AAKG est la condition principale pour créer un environnement propice aux retours volontaires. La désignation d'un interlocuteur officiel du gouvernement pour diriger le processus a été recommandée à cet effet.
Bambouti, une autre sous-préfecture du Haut-Mbomou, à 80 km à l'est d'Obo et ayant vécu des événements atroces et des enlèvements d’agents de l’État, le 28 décembre 2025, a reçu, le 17 février, la visite du préfet et de la Plateforme, qui y ont conjointement mené une évaluation. Leur constat est que la ville était complètement déserte et que les infrastructures administratives et sanitaires avaient été lourdement pillées, bien que des initiatives importantes de la MINUSCA mises en œuvre dans le cadre des Projets à impact rapide (QIP) et du Programme de réduction de la violence communautaire (CVR) soient restées intactes.
La délégation, le même jour, s'est entretenue avec les autorités du Soudan du sud et les communautés déplacées à Source Yubu, où ces dernières se sont déclarées prêtes à rentrer à Bambouti pour y reprendre leurs activités économiques.
Les Casques bleus de la MINUSCA déployés dans la préfecture du Haut Mbomou travaillent dur pour protéger la population civile d'abord en effectuant des patrouilles régulières dans la ville et ses environs, ensuite en facilitant les déplacements et le transport de marchandises, puis en créant les conditions pour l'extension de l'autorité de l'Etat.
Edzona Agbessinyale Yao Alognon








