MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

À Bembere, la transhumance retrouve le chemin de l'apaisement

À Bembere, la transhumance retrouve le chemin de l'apaisement
Longtemps marquée par des tensions entre agriculteurs et éleveurs transhumants, la localité de Bembere, dans la commune de Mia-Pendé, située à la frontière entre la République centrafricaine et le Tchad, a connu, en 2026, une transhumance relativement paisible. Une évolution que les habitants attribuent à la mise en service du poste mixte frontalier, à l'installation d'un détachement des Forces armées centrafricaines (FACA) et à la redynamisation du groupe de travail sur la transhumance.
Pour consolider ces acquis, la MINUSCA a remis, le 8 juillet 2026, des kits de visibilité et des équipements de sensibilisation au groupe de travail sur la transhumance. Cette dotation intervient à l'issue d'une formation d'une journée consacrée aux techniques de prévention et de gestion pacifique des conflits entre agriculteurs et éleveurs.
Les équipements comprennent notamment des fournitures de bureau, des kits de visibilité (t-shirts, casquettes, etc.) ainsi qu'un appareil de sonorisation destiné à renforcer les campagnes de sensibilisation dans les villages et le long des couloirs de transhumance.
Sur le terrain, les effets des efforts conjoints du Gouvernement, de la MINUSCA et des acteurs communautaires sont déjà perceptibles. Les agriculteurs cultivent leurs champs avec davantage de sérénité, tandis que les éleveurs conduisent leurs troupeaux vers les pâturages dans un climat moins conflictuel.
Victor Dingaota, président du groupe de travail sur la transhumance de Bembere, se félicite de cette amélioration depuis que le Gouvernement et la MINUSCA ont mis en place le poste mixte frontalier à Bembere et y ont déployé des FACA.
« Il y a un véritable changement. Les agriculteurs vont librement dans leurs champs et les éleveurs conduisent leurs troupeaux au pâturage. Notre groupe de travail a multiplié les séances de sensibilisation auprès des éleveurs et des agriculteurs. Aujourd'hui, nous tendons vers une transhumance apaisée. Avec ces équipements de visibilité, notre présence sur le terrain sera davantage reconnue et notre action gagnera en crédibilité », a-t-il déclaré.
Pour la MINUSCA, cet appui s'inscrit dans une stratégie plus large de prévention des conflits dans les zones frontalières où les tensions liées à la transhumance restent récurrentes, comme l'explique Sévérin Narcisse Apayaka, de la Section des affaires civiles de la MINUSCA : « Bembéré est une localité frontalière avec le Tchad où les conflits liés à la transhumance sont fréquents. La MINUSCA a d'abord soutenu la construction du poste mixte frontalier avant de renforcer les capacités du groupe de travail sur la transhumance. Les kits remis aujourd'hui permettront de poursuivre les activités de sensibilisation et de réduire davantage les risques de conflits entre les communautés ».
Si le bilan de cette saison de transhumance est largement positif, certains défis demeurent. Les habitants dénoncent encore des incursions de troupeaux en provenance du Tchad dans les champs de culture, causant des dégâts aux récoltes.
Face à cette préoccupation, les populations de Bembere appellent les autorités centrafricaines et tchadiennes à renforcer leur coopération afin de trouver des solutions durables et de préserver les progrès enregistrés cette année dans cette localité sensible.