MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

DEUX SEMAINES APRES L’ATTAQUE D’AM-DAFOCK, LA MINUSCA POURSUIT SES ACTIONS POUR PROTEGER LES CIVILS, MAINTENIRL'AUTORITÉ DE L'ÉTAT ET FACILITER L'ACHEMINEMENT DE L'AIDE HUMANITAIRE

CONFPRESS

Bangui, le 15 juillet 2026 – Deux semaines après l'attaque armée du 30 juin contre Am-Dafock, dans la préfecture

de la Vakaga, la situation s'est progressivement calmée depuis le 5 juillet, même si elle demeure fragile et imprévisible. Lors de sa conférence de presse hebdomadaire, la MINUSCA est revenue sur les actions entreprises depuis le début de la crise, rappelant qu'elles s'articulent autour de trois priorités directement liées au mandat que lui a confié le Conseil de sécurité des Nations Unies : la protection des civils, l'appui au maintien et à l'extension de l'autorité de l'État, ainsi que la facilitation de l'acheminement de l'aide humanitaire.

« La question est désormais de savoir comment ces trois priorités se traduisent concrètement sur le terrain. C'est précisément ce que nous observons aujourd'hui à Am-Dafock », a déclaré le Porte-parole par intérim de la MINUSCA, Joël Ndoli Pierre.

Depuis le 30 juin, 17 585 personnes déplacées continuent de trouver refuge à proximité de la Base opérationnelle temporaire de la MINUSCA, où les Casques bleus assurent leur protection grâce à une présence permanente et à des patrouilles régulières.

Pour de nombreuses familles, la base de la Mission est devenue un refuge. « C'est grâce à la MINUSCA que nous sommes encore en vie. Elle nous a accueillis et assure notre protection ici », témoigne une femme déplacée. Un autre déplacé ajoute : « Nous remercions la MINUSCA pour sa présence et espérons un renforcement de son dispositif afin de continuer à protéger les populations. »

Comme l'a rappelé le Porte-parole par intérim, « la première urgence a naturellement été de protéger les populations. » Cette protection demeure aujourd'hui la priorité de la Mission, qui poursuit sans interruption ses patrouilles et sa présence auprès des personnes déplacées.

La Mission a également contribué au maintien de l'autorité de l'État en permettant à l'administration locale de poursuivre son action malgré les destructions causées par les assaillants. Après la destruction des bureaux de la Sous-préfecture, la MINUSCA a rapidement aménagé un espace de travail sécurisé à proximité de sa base afin que le Sous-préfet puisse continuer à exercer ses fonctions au service de la population.

« Grâce à cet appui, je peux continuer à exercer mes fonctions au service de la population », souligne le Sous- préfet d'Am-Dafock. Cet accompagnement s'inscrit dans la continuité des efforts déployés depuis plusieurs années par la Mission pour renforcer durablement la présence de l'État dans cette localité frontalière, notamment à travers la construction de la Sous-préfecture, de la Gendarmerie et de la Mairie.

« Au-delà de la réponse d'urgence, cette action s'inscrit dans la continuité de l'engagement de la Mission à Am- Dafock », a également souligné Joël Ndoli Pierre en rappelant les investissements réalisés par la MINUSCA ces dernières années pour accompagner le retour de l'administration dans cette zone frontalière.

En parallèle, la MINUSCA poursuit son appui aux partenaires humanitaires afin de répondre aux besoins urgents des populations affectées. Depuis le début de la crise, la Mission facilite le transport des équipes humanitaires, sécurise leurs déplacements et a permis l'acheminement de plus de trois tonnes de médicaments, de matériel médical, de kits d'urgence, d'équipements liés à l'eau, à l'hygiène et à l'assainissement ainsi que d'autres biens essentiels destinés aux personnes déplacées.

1« Aucune réponse à une telle crise ne serait complète sans l'action des partenaires humanitaires », a rappelé le Porte-parole par intérim. La MINUSCA continue ainsi de créer les conditions de sécurité permettant aux acteurs humanitaires d'intervenir auprès des communautés affectées et de faciliter l'acheminement de l'aide d'urgence.

Au cours de cette même conférence de presse, la Mission est également revenue sur d'autres activités mises en œuvre dans le cadre de son mandat. Dans l'ouest du pays, de nouvelles sessions de renforcement des capacités des Groupes de Travail de la Transhumance ont été organisées à Paoua, Batangafo et Bembéré afin de consolider les mécanismes de dialogue, de médiation et de prévention des conflits entre éleveurs et agriculteurs.

Enfin, la MINUSCA a fait le point sur ses activités de Désarmement, Démobilisation et Réintégration (DDR) et de Réduction de la Violence Communautaire (CVR) dans la préfecture de la Nana-Mambéré. À la suite des opérations de désarmement organisées à Ndongué-Douane, plusieurs dizaines de combattants ont volontairement déposé les armes. Pour répondre aux attentes exprimées par les communautés, la Mission accompagne désormais les bénéficiaires à Niem-Yelewa à travers un projet de réinsertion fondé sur l'élevage, les activités génératrices de revenus et le renforcement de la cohésion sociale, contribuant ainsi à offrir des perspectives économiques aux jeunes et à consolider durablement la paix.

À travers ces actions, la MINUSCA réaffirme son engagement à poursuivre la mise en œuvre de son mandat aux côtés des autorités centrafricaines afin de protéger les populations, consolider la présence de l'État et créer les conditions d'un retour durable à la paix.