MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

« Agir pour l’humanité » : les acteurs humanitaires appellent à une responsabilité collective en RCA

confpress
Bangui (RCA), 19 août 2026 – Conférence de presse animée par le Coordonnateur humanitaire par intérim, Victor Rakoto, et la ministre de l’Action humanitaire, Lina Josiane Bemaka-Soui, à l’occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire. Photo MINUSCA / Leonel Grothe Tossela

À l'occasion de la Journée mondiale de l’aide humanitaire célébrée le 19 août 2026 en République centrafricaine, des représentants de la société civile, des organisations humanitaires nationales et internationales ainsi que des partenaires techniques et financiers ont dressé un état des lieux de la situation humanitaire. Cette rencontre a permis de réaffirmer la nécessité de protéger les populations civiles et les travailleurs humanitaires, dans un contexte marqué par des besoins persistants, des contraintes sécuritaires et une baisse des financements.

La célébration a été marquée par une conférence de presse animée par le Coordonnateur humanitaire par intérim, Victor Rakoto, et la ministre de l’Action humanitaire, Lina Josiane Bemaka-Soui, autour du thème « Agir pour l’humanité ».

Rendue en hommage aux travailleurs humanitaires qui apportent une assistance vitale aux personnes touchées par les crises, souvent dans des conditions difficiles et dangereuses, cette journée rappelle l’obligation de respecter le droit international humanitaire, de protéger les civils ainsi que le personnel humanitaire et médical, et de garantir un accès humanitaire sûr, rapide et sans entrave.

Des besoins humanitaires toujours importants

En République centrafricaine, les besoins demeurent importants malgré une amélioration de la situation sécuritaire dans certaines régions. Selon la Coordination humanitaire, 2,3 millions de personnes, soit 35 % de la population, restent vulnérables. Par ailleurs, la crise au Soudan continue d'accentuer les fragilités existantes, tandis que la diminution des financements contraint les organisations à concentrer leur assistance sur les personnes les plus exposées aux risques.

Des contraintes sécuritaires persistantes pour les acteurs humanitaires

De janvier à juillet 2026, les intervenants humanitaires ont été confrontés à 64 incidents, notamment des braquages, des agressions physiques, des arrestations, des entraves à leurs mouvements, des attaques contre des infrastructures sanitaires, des réquisitions de véhicules et des restrictions d'accès. Malgré ces contraintes, ils poursuivent leurs opérations. Au cours du premier semestre 2026, une assistance vitale multisectorielle a été fournie à plus de 400 000 personnes vulnérables.

La baisse des financements complique la réponse humanitaire

Le Coordonnateur humanitaire par intérim, Victor Rakoto, a saisi cette occasion pour rendre hommage à tous ceux qui travaillent quotidiennement dans des conditions difficiles afin d'assister les populations les plus vulnérables dans le respect du principe d'humanité. Il a également souligné : « La baisse drastique des financements nous a contraints à prioriser les personnes les plus vulnérables. Plus d’une centaine de bureaux appartenant à une soixantaine d’organisations ont fermé à travers le pays depuis 2025 par manque de ressources financières. Mais nous continuerons, aux côtés du Gouvernement et de nos partenaires, à fournir une assistance essentielle aux personnes les plus vulnérables ».

Un appel au respect du droit international humanitaire

Pour la ministre de l’Action humanitaire, Lina Josiane Bemaka-Soui, cette journée est avant tout un moment de reconnaissance pour les efforts consentis par les acteurs du secteur. « J’en profite pour réaffirmer notre responsabilité première envers la population centrafricaine et notre détermination à travailler avec tous les partenaires afin que l’assistance parvienne à celles et ceux qui en ont besoin, dans le respect des principes et de la dignité humanitaires. Je réaffirme la volonté du Gouvernement de réduire la vulnérabilité. Le Gouvernement appelle donc toutes les parties au respect du droit international humanitaire, car il s’agit d’une obligation », a-t-elle précisé.

Mobiliser davantage de ressources pour les plus vulnérables

Pour l'année 2026, les partenaires humanitaires cherchent à mobiliser 364,1 millions de dollars américains afin de venir en aide à 1,3 million de personnes parmi les plus vulnérables.

Cette journée a permis de rappeler que la protection des populations civiles et du personnel humanitaire demeure une responsabilité collective, au même titre que la mobilisation des ressources nécessaires pour répondre aux besoins humanitaires en République centrafricaine. À cette occasion, les organisations engagées dans la réponse ont réaffirmé leur volonté de rester aux côtés des personnes affectées par les crises et d’agir conformément aux principes humanitaires. Elles ont également plaidé pour un renforcement des mesures de protection en faveur des personnes touchées par les crises et de celles qui leur portent assistance.

Conformément à son mandat, la MINUSCA soutient l’acheminement immédiat, complet, sûr et sans entrave de l’aide humanitaire, en étroite coopération avec les partenaires humanitaires.


Noura Oualot