MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Apaiser les tensions entre la population et les FACA à Ouanda-Djale

FACA à Ouanda-Djale 2

Le Gouverneur de la région du Fertit et le Chef de bureau de la MINUSCA se sont rendus le 2 mars 2026 à Ouanda-Djale, à 329 km de Bria, afin de désamorcer les tensions entre les populations et les Forces armées centrafricaines (FACA), à la suite d’incidents ayant causé, le 27 février, la mort de trois jeunes et une dizaine de blessés par balle. Cette mission visait à promouvoir le dialogue, restaurer la confiance et appeler au respect mutuel entre les forces de défense et les communautés locales.

Sur place, la mission conjointe a rencontré les autorités locales, les populations et leurs représentants ainsi que le détachement des FACA, qui a reconnu une responsabilité « partielle » dans les malheureux incidents du mois passé.

La cause des événements serait dû à l’entrée d’éléments des FACA dans une boutique pour y acquérir des articles gratuitement. Face au refus des tenanciers du commerce et aux discussions tendues qui s’en sont suivies, les tirs des FACA auraient entraîné la mort de trois jeunes -deux sur-le-champ et le 3e à l’hôpital.

Révoltée contre les FACA, une partie de la population s’est rendue à la base des forces de défense qui ont dû effectuer des tirs de sommation pour disperser la foule, blessant une dizaine de personnes. Le pire a été évité grâce à l’intervention rapide de la Force zambienne de la MINUSCA.

Des échanges entre la délégation et leurs interlocuteurs, dont le maire, le représentant des jeunes, la représentante des femmes, le représentant des commerçants ainsi que le sous-préfet, il ressort que cet incident « de trop » est le reflet des exactions multiples qu’elles subissent au quotidien de la part de ceux censés les protéger.

Dans son intervention, le Gouverneur Thierry Evariste Binguinendji a présenté ses condoléances aux familles endeuillées et souhaité un prompt rétablissement aux blessés :
« J’exhorte la population, en particulier les jeunes, à préserver la cohésion sociale malgré les circonstances douloureuses et à œuvrer afin que de tels événements ne se reproduisent plus ».

S’adressant aux FACA, il a rappelé leur rôle primordial de protection des civils et l’importance du respect des droits humains. Il les a encouragés à renoncer à tout comportement préjudiciable aux civils et à œuvrer au rétablissement de relations de confiance avec la communauté.

Pour sa part, le Chef de bureau de la MINUSCA, Bara Dieng, a exhorté les communautés à maintenir l’unité, à faire confiance aux autorités de l’État et à éviter toute forme de vengeance, de représailles ou de justice populaire. « Il est nécessaire de préserver la paix, la tranquillité et la cohésion sociale », a-t-il souligné, rappelant que le respect des droits humains demeure une priorité et que les événements du 27 février doivent servir de leçon collective.

Le commandant des FACA et son adjoint ont reconnu la responsabilité de certains de leurs éléments dans les événements du 27 février, déplorant notamment un déficit de professionnalisme.

Le commandant reconnaît également des relations compliquées de son détachement avec les populations, marquées par un climat de méfiance et des difficultés de collaboration. Des relations qui se sont détériorées le 27 février dernier, obligeant les populations à restreindre désormais leurs mouvements, ce qui, ont indiqué les officiers, limite leur approvisionnement sur le marché local.

La mission a permis au Gouverneur de la région du Fertit d’annoncer une mission gouvernementale imminente à Ouanda-Djale, comprenant les ministres de l’Éducation, de la Justice et de la Défense est attendue.

Didier Bapidi-Mbon