MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

A Birao, des femmes unissent leurs voix pour renforcer leurs droits

 Journée internationale des droits des femmes BIRAO 6

La préfecture de la Vakaga a vécu, du 5 au 8 mars 2026, une serie d’activités, toutes dédiées à la Journée internationale des droits des femmes. Pour la circonstance, des femmes locales et des réfugiées soudanaises, ainsi que des leaders communautaires et des autorités locales se sont mis pour marquer la journée avec, à leurs côtés, leurs partenaires dont la MINUSCA et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

Outre une cérémonie officielle, la journée a été marquée par des ateliers de réflexion sur la promotion des droits des femmes et l’accès à la justice, une journée de salubrité à l’hôpital de Birao, des dons de couvertures, de moustiquaires et de produits pour bébés aux patients de l’hôpital. Les festivités ont aussi vu une exposition des produits réalisés par les femmes locales, les bénéficiaires du Programme de Réduction des Violences Communautaires (CVR) et les réfugiées soudanaises vivant à Birao.

Au total, plus de 3 000 personnes, parmi lesquelles des associations et groupements de femmes locales, des femmes réfugiées soudanaises vivant à Birao, ainsi que des leaders communautaires, ont pris part à ces différentes activités.

Au cours de la cérémonie officielle, le 7 mars, la représentante des femmes de la Vakaga, Guisma Ibrahim Younouss, a remis un mémorandum aux autorités locales, lequel met en lumière les principaux obstacles aux droits des femmes et à l’accès à la justice, tout en proposant des solutions concrètes pour renforcer leur protection et participation dans la société.

Parmi les défis identifiés, les violences basées sur le genre, les barrières culturelles, le manque d’information juridique et les difficultés d’accès aux mécanismes de justice. Les femmes ont également formulé plusieurs recommandations, notamment le renforcement de la sensibilisation sur les droits des femmes, l’amélioration de l’accès aux services juridiques et la promotion du leadership féminin dans les instances communautaires.

Safia Youssouf, femme leader à Birao, a salué ces initiatives qui permettent aux femmes de faire entendre leur voix. « Nous tenons à dire merci à la MINUSCA et aux autres partenaires qui ont toujours travaillé à promouvoir l’épanouissement de nous, les femmes, dans la Vakaga. La MINUSCA a beaucoup fait pour nous, notamment la construction de la Maison de la femme, des formations et renforcement des capacités en matière de droits des femmes, et surtout en nous impliquant dans des initiatives de promotion de la paix. C’est grâce à la MINUSCA que nous avons pu organiser toutes ces activités, qui nous ont donné l’occasion de partager nos préoccupations et de réfléchir ensemble à des solutions pour mieux protéger les femmes et les filles », a-t-elle confié.

Réfugiée soudanaise, Hegma Hisseine, renchérit, soulignant l’importance d’associer les femmes refugiées dans les initiatives communautaires. « Cette série d’activités nous a permis de mieux comprendre nos droits et d’échanger avec d’autres femmes de la communauté hôte. Cela renforce la solidarité entre nous et nous encourage à participer davantage aux initiatives visant à améliorer la vie des femmes », s’est-elle réjouie.

Le préfet de la Vakaga par intérim, Bérard Npkodan, a encouragé les femmes à poursuivre les efforts en faveur du respect de leurs droits. « La mobilisation des femmes autours des questions de justice et des droits humains est fondamentale pour le développement de notre préfecture. Nous resterons engagés aux côtés des partenaires pour soutenir toute initiative visant à promouvoir l’égalité et la dignité des femmes », a-t-il affirmé.

Le Chef du Bureau de la MINUSCA à Birao, Amadou Moctar Diallo, a salué l’engagement et la détermination des femmes et soutenu qu’elles « jouent un rôle essentiel dans la promotion de la justice, de la paix et de la cohésion sociale. En leur offrant des espaces d’expression et de réflexion comme celui-ci, nous contribuons à renforcer leur capacité à défendre leurs droits ».

Tout en appelant à l’inscription massive des filles à l’école, un défi majeur dans la Vakaga, la responsable du HCR, Ama Mawulawoé Tekpa-Kemeh, a souligné l’importance d’inclure les femmes réfugiées dans les initiatives locales afin de faciliter leur intégration et leur protection au sein des communautés.

 

Mamouda TANKOANO