MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

RCA : permettre à la CNDHLF de mieux maîtriser les mécanismes de protection des droits de l’homme

CN

Bangui a accueilli, du 25 au 27 février 2026, un atelier de haut niveau sur la coopération des Institutions nationales des droits de l’homme (INDH) avec les mécanismes internationaux et africains des droits humains. Organisé par la Division des droits de l’homme de la MINUSCA, représentant le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en République centrafricaine, en partenariat avec la Commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales (CNDHLF) cet atelier s’inscrit dans le cadre du Projet de protection des défenseurs des droits de l’homme, financé par l’Union européenne.

L’atelier de trois jours s’est donné pour objectif de permettre à la Commission de remplir les conditions nécessaires pour accélérer son processus d’accréditation auprès de l’Alliance globale des institutions nationales des droits de l’homme.

Ces trois jours d’échanges visaient donc à doter la CNDHLF des outils techniques nécessaires pour :

• Produire des rapports parallèles conformes aux standards internationaux ;

• Assurer un suivi stratégique des recommandations issues de l’Examen périodique universel (EPU) ;

• Renforcer sa coopération avec la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples ;

• Accélérer son processus d’accréditation auprès de l’Alliance globale des institutions nationales des droits de l’homme.

Six Institutions africaines des droits de l’homme, notamment du Mali, de la Côte d’Ivoire, du Cameroun, de la République démocratique du Congo, du Sénégal et du Maroc, ont pris part à ce moment d’échanges de haut niveau, marquant une étape importante dans l’intégration régionale de la CNDHLF.

Present à l’ouverture des travaux, Mohamed Ag Ayoya, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU en Centrafrique, souligne que la rencontre arrive à point nommé pour « renforcer les capacités techniques sur le mécanisme international et régional de protection des Droits de l’Homme, et utiliser les recommandations et les mécanismes dans un cadre stratégique pour apprendre de manière approfondie le fonctionnement des mécanismes internationaux et régionaux. Leurs exigences procédurales permettront sans doute à la Commission (…) de faire un pas important vers ce Droit de l’Homme ».

Le Ministre d'État Chargé de la Justice, de la Promotion des Droits humains, Arnaud Djoubaye Abazene, rappelle que « Les Droits de l’Homme (…) constituent le socle même de l’ensemble du processus de Paix. L’objectif d’accréditation au statut A, conformément au principe de Paris revêt à cet égard une importance particulière. Il s’agit non seulement d’un standard international, mais aussi d’un signal politique fort, celui d’un engagement concret en faveur de la transparence, la redevabilité, la primauté du Droit conformément au principe de Paris ».

Moment d’échanges et de partages

Dans leurs exposés, les représentants des institutions africaines des droits de l’homme ont partagé leurs expériences en matière de promotion et de protection des droits de l’homme avec leurs homologues centrafricains.

Ossène Yakoisset Ouesse-Kpama, président de la CNDHLF, a apprécié ces trois jours de partage qui, selon lui, ont ouvert de nouveaux horizons pour son institution : « À travers cet atelier, nous avons découvert des aspects de notre mandat que nous ignorions, notamment la collaboration avec les mécanismes internationaux et la production des rapports alternatifs. Toutes ces connaissances vont nous permettre de renforcer notre partenariat avec les institutions onusiennes et africaines », a-t-il indiqué.

Zoumana Diarra, secrétaire général de la Commission nationale des droits de l’homme du Mali, a souligné l’importance de ce moment d’échanges : « Ce partage d’expérience est très important à double niveau. Premièrement, il contribue à renforcer la coopération Sud-Sud, car en matière de droits de l’homme, nous évoluons dans des réalités relativement similaires. Deuxièmement, il s’inscrit pleinement dans le respect des principes de Paris, qui prônent la collaboration entre les INDH ».

Vers un avenir prometteur

Le chef de délégation James Mwangé Kobila, Président du réseau des institutions africaines des Droits de l'homme, se dit très heureux du déroulement de l'atelier et de l’implication de l'état centrafricain dans le développement, épanouissement et déploiement de l'institution nationale des droits de l'homme.

En sa qualité de Directrice de la Division des droits de l’homme et Représentante du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme en RCA, Hanan Talbi a fait valoir que la CNDHLF évolue dans la bonne direction pour l’obtention du statut A. « Nous allons dans la bonne direction, puisqu’aujourd’hui nous disposons d’une feuille de route, avec des activités et des actions claires, non seulement pour la Commission, mais également pour le gouvernement centrafricain. La prochaine étape sera le Conseil des droits de l’homme, où sera examinée la situation des droits de l’homme en République centrafricaine ».

A l’issue de la rencontre, la délégation été reçue par la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Valentine Rugwabiza, pour faire le point des trois jours de travaux et d’échanger autour des recommandations fortes issues de l’atelier visant à appuyer les efforts en cours pour le renforcement institutionnel de la commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales centrafricaines ainsi que son accréditation au Statut A, gage de son indépendance et de sa crédibilité internationale.

Il convient de souligner que cet atelier constitue un levier stratégique pour consolider l’État de droit en République centrafricaine et renforcer la redevabilité institutionnelle.

 

Ingrid Josette Souembot née Sandanga