MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Un nouveau poste de gendarmerie construit à Am-Dafock pour renforcer la sécurité transfrontalière

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Les habitants d’Am-Dafock, localité située à la frontière entre la République centrafricaine et le Soudan, bénéficieront désormais d’une présence renforcée des Forces centrafricaines de sécurité avec la construction d’un nouveau poste de gendarmerie appuyé par la MINUSCA. Remis officiellement aux autorités locales le 11 mars 2026, cet ouvrage vise à renforcer la présence de l’État dans la zone, à lutter contre la criminalité transfrontalière et à contribuer à la protection des populations civiles, tout en favorisant la coopération sécuritaire entre les deux pays.

Ce poste de gendarmerie comprend un bâtiment principal avec six bureaux, deux cellules de détention (pour hommes et femmes), une armurerie, et des commodités. Tous les bureaux sont entièrement équipés en mobilier et en matériel informatique et dotés d’énergie solaire, offrant ainsi de meilleures conditions de travail aux gendarmes. Les travaux de construction ont été réalisés par le génie militaire du contingent zambien de la MINUSCA.

La satisfaction des communautés et des autorités

Am-Dafock constitue un point de passage important pour les échanges commerciaux et les mouvements de populations entre la Centrafrique et le Soudan. Pendant plusieurs années, l’absence d’infrastructures sécuritaires adéquates exposait la localité aux risques liés à l’insécurité transfrontalière. « Auparavant, il n’y avait ni gendarmerie, ni poste de police, ni poste de FACA, encore moins la MINUSCA. Ce qui avait entrainé une croissance de l’insécurité ici surtout pour nous les femmes », a témoigné Tesse Ali Gata, représentant des jeunes d’Am-Dafock.

Les habitants de la localité se réjouissent de cette réalisation. Fatima Mahamat, résidente d’Am-Dafock, souligne l’importance du forage construit dans le cadre du projet : « L’eau est une denrée rare ici et nous avons besoin de forages. Celui construit pour la brigade aide aussi les femmes de la localité ».

Au nom des leaders communautaires, Tamia Célestin, chef de groupe, a estimé que la présence des gendarmes contribuera à rassurer les commerçants, les éleveurs et les familles, tout en facilitant la relance des activités économiques. « Nous tenons à dire merci à la MINUSCA pour ce nouveau bâtiment qui va contribuer à la consolidation de la paix et au renforcement de la sécurité dans notre zone très fragile », a-t-il dit.

Les autorités locales ont salué ce projet. Le sous-préfet d’Am-Dafock, Abdel Kader Ramadan, a souligné l’importance de cet appui : « La MINUSCA a apporté son appui au gouvernement dans plusieurs domaines, notamment la sécurité, la protection des civils et la restauration de l’autorité de l’État. La population adresse ses sincères remerciements à la MINUSCA. Nous reviendrons bientôt pour l’inauguration de la sous-préfecture d’Am Dafock ». Il a toutefois rappelé que plusieurs défis restent à relever, notamment la construction de forages dans la localité pour l’accès à l’eau potable et celle d’un commissariat de police.

Vers un renforcement du dispositif sécuritaire

Selon le préfet par intérim de la Vakaga, Bernard Kpodan, « la construction de cette nouvelle brigade territoriale permettra d’assurer la protection de nos populations et d’améliorer la sécurité de nos frontières avec le Soudan ».

Représentant le Ministre en charge de la sécurité publique, le Colonel Tengaïna Feitoune Rodrigue, directeur général adjoint de la Gendarmerie nationale, a indiqué que ce projet s’inscrit dans le plan national de renforcement des capacités des Forces de défense et de sécurité. Il a également appelé les populations à collaborer étroitement avec les gendarmes affectés à Am Dafock et a exprimé le souhait de voir d’autres infrastructures sécuritaires construites dans la région, notamment des postes de contrôle à Boromata et Sikikede.

Au-delà de sa dimension infrastructurelle, ce nouveau poste de gendarmerie représente le retour de l’autorité de l’État, de la coopération entre partenaires et l’espoir d’une sécurité durable pour les populations vivant dans cette zone frontalière.

Mamouda TANKOANO