Dans une volonté réaffirmée de renforcer la cohésion sociale et de prévenir les conflits liés aux mouvements saisonniers de bétail, une patrouille conjointe d’évaluation sécuritaire et de sensibilisation a été organisée le 03 mars à Bouboui (Préfecture de Ombella‑M’Poko, dans la sous-préfecture de Bimbo) par la Police de la MINUSCA et les Forces de sécurité intérieure (FSI). Objectif, promouvoir le dialogue entre éleveurs, agriculteurs, commerçants et forces de défense et de sécurité.
Menée en étroite collaboration avec les autorités locales et les représentants communautaires, la patrouille a sillonné plusieurs axes stratégiques de la localité afin d’identifier les risques et de rappeler les dispositions encadrant la transhumance.
« Cette patrouille conjointe vise avant tout à prévenir les tensions liées à la transhumance et à renforcer la confiance entre les communautés et les forces de sécurité. À travers la sensibilisation et le dialogue, nous voulons encourager le respect des couloirs de passage et la résolution pacifique des différends », explique Awo Abdourahman Ahmed, de la police de la MINUSCA.
Pour les habitants, la présence des forces sécuritaires est synonyme de réconfort, comme le fait observer Abdoulaye Moussa, vendeur de céréales au marché de Bouboui. « Cette patrouille nous rassure. Quand il y a des conflits entre agriculteurs et éleveurs, avoue-t-il, ce sont nos activités qui en souffrent. Voir les autorités venir sensibiliser et prévenir les problèmes, c’est un signal fort pour la paix ».
Lors des échanges avec les populations, les équipes mobilisées ont insisté sur le respect des couloirs de passage, la prévention des dégâts champêtres et le règlement pacifique des différends, en favorisant l’écoute et la concertation.
« Notre présence sur le terrain permet de rappeler les règles qui encadrent la transhumance et de prévenir les incidents entre éleveurs et agriculteurs. Nous travaillons avec les communautés afin de maintenir la sécurité et favoriser une cohabitation pacifique », comme le souligne le sergent Jean-Baptiste Koyagbele des Forces de sécurité intérieure.
Au marché central de Bouboui, les échanges entre les équipes et les commerçants ont été directs et constructifs. Les vendeurs, souvent impactés économiquement par les tensions liées à la transhumance, ont salué cette démarche proactive.
Pour beaucoup, cette présence rassurante traduit une volonté claire des autorités d’anticiper les conflits et de protéger les activités génératrices de revenus.
« La sensibilisation est essentielle. Beaucoup de malentendus naissent du manque d’information. Si chacun respecte les règles et que le dialogue est privilégié, nous pourrons travailler sereinement », affirme Aïssata Ibrahim, vendeuse de légumes.
La patrouille et les échanges avec les habitants marquent une étape significative dans la prévention des conflits communautaires à Bouboui. En plaçant la sensibilisation et le dialogue au cœur du dispositif, autorités et populations locales affichent une ambition commune : faire de la transhumance un vecteur de coexistence pacifique plutôt qu’une source de tensions.
« La sensibilisation est essentielle. Beaucoup de malentendus viennent souvent d’un manque d’information. Si chacun respecte les règles et que le dialogue reste au centre des échanges, nous pourrons exercer notre activité dans de bonnes conditions », Mamadou Diallo, vendeur de moutons, le croit fermement.
Dans les allées du marché comme sur les pistes pastorales, le même message s’impose : la paix se construit ensemble, pas à pas. Et chaque action compte !
Cherif Fofana / Police MINUSCA














