MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Baboua : 100 combattants du mouvement 3R déposent volontairement les armes avec l'appui de la MINUSCA

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Cent combattants du groupe armé Retour, Réclamation et Réhabilitation (3R) ont volontairement déposé les armes au terme d'une opération de désarmement et de démobilisation conduite du 24 au 26 juillet 2026 à Besson et Péhouri, dans la sous-préfecture de Baboua. Menée par l'UEPNDDRR avec l'appui de la MINUSCA, cette opération constitue une nouvelle avancée dans la mise en œuvre du processus national DDRR et de l'Accord de paix.
Débutées le 24 juillet 2026 à Besson, à environ 160 kilomètres de Bouar, les opérations se sont achevées le 26 juillet 2026 à Péhouri, située à 120 kilomètres de la même ville. Elles ont été conduites par l'Unité d'exécution du Programme national de Désarmement, Démobilisation, Réintégration et Rapatriement (UEPNDDRR), avec l'appui technique, logistique, financier et sécuritaire de la MINUSCA, dans le cadre des efforts du Gouvernement centrafricain visant à restaurer durablement la paix et la sécurité dans cette partie du pays.
Cette opération s'inscrit dans la mise en œuvre de l'Accord de paix de N'Djamena, signé le 19 avril 2025 entre le Gouvernement et le mouvement 3R, qui prévoit notamment le désarmement progressif des combattants et leur réintégration dans la vie civile.
Les résultats enregistrés témoignent de l'adhésion croissante des combattants à cette dynamique de paix. Au total, 100 combattants ont été désarmés, dont 50 à Besson et 50 à Péhouri. Les équipes ont récupéré 69 armes, 4 400 munitions ainsi que 24 roquettes. Au-delà des chiffres, cette opération contribue à réduire la circulation des armes dans une région longtemps affectée par l'insécurité et renforce les efforts de stabilisation entrepris par les autorités nationales avec l'appui de la MINUSCA.
Présent au lancement des opérations à Besson, le Sultan-Maire de Besson, Amadou Bi Farikou, a salué la mobilisation des combattants et l'engagement de tous les acteurs impliqués. « Nous avons contribué à sensibiliser les combattants à se désarmer afin de participer à la construction du pays. Nous remercions les plus hautes autorités du pays pour leur main tendue et saluons l'engagement de la MINUSCA aux côtés des communautés pour une paix durable en République centrafricaine », a-t-il déclaré.
Pour le mouvement 3R, cette opération représente la concrétisation des engagements pris en faveur de la paix. Son coordonnateur politique, Yaya Amadou, a réaffirmé la volonté de son groupe de poursuivre cette dynamique. « Ce désarmement fait suite à l'engagement du mouvement 3R à répondre à l'appel des plus hautes autorités du pays et à prendre part au processus de paix. Nous avons saisi cette main tendue pour parvenir à la paix. J'invite les groupes armés qui n'ont pas encore signé l'accord à rejoindre le processus de paix », a-t-il indiqué.
Il a également annoncé que d'autres opérations de désarmement pourraient être organisées dans les prochains mois à Ndinguiri, dans la préfecture de la Mambéré, ainsi qu'à Erbo et Badali, dans l'Ouham-Pendé.
Derrière ces statistiques se trouvent aussi des parcours de vie. Parmi les combattants ayant choisi de déposer les armes figure Oumar Mahamat Choukour, qui voit dans cette décision une chance de reconstruire son avenir. « Nous avons besoin de vivre dans la paix, de mener des activités économiques afin de subvenir aux besoins de nos familles et de contribuer à la construction du pays », a-t-il confié.
Avant leur démobilisation, tous les ex-combattants ont suivi un parcours complet comprenant une visite médicale, leur identification et la vérification de leur éligibilité à la réintégration, des séances d'information sur les opportunités de réinsertion socioéconomique, ainsi que le versement d'une allocation de démobilisation.
Au-delà du désarmement, la MINUSCA a également placé les populations au cœur de son intervention. Les 25 et 26 juillet, les équipes médicales du contingent bangladais de la Mission ont organisé deux campagnes de consultations gratuites à Besson et Péhouri, au profit des ex-combattants, des autorités locales, des Forces de sécurité intérieure (FSI), du personnel de l'UEPNDDRR et des communautés environnantes.
À Besson, 103 personnes ont bénéficié de soins médicaux, dont 13 ex-combattants, 3 autorités locales, 4 membres des FSI et 83 civils, parmi lesquels 60 femmes et 12 enfants. Les équipes médicales ont également sensibilisé les participants aux bonnes pratiques de lavage des mains, conformément aux recommandations de l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), afin de prévenir la propagation de maladies telles que le choléra et la maladie à virus Ebola.
À Péhouri, 98 personnes ont reçu une assistance médicale, dont 17 ex-combattants, 11 autorités locales, 3 membres des FSI, 5 agents de l'UEPNDDRR et 62 civils, parmi lesquels 43 enfants. Ces derniers ont bénéficié d'un traitement préventif contre les parasitoses intestinales.
Pour la MINUSCA, le succès de cette opération reflète la confiance croissante des ex-combattants dans le processus de paix et leur volonté de tourner définitivement la page du conflit. En poursuivant son appui aux opérations de désarmement, de démobilisation et de réintégration, la Mission réaffirme son engagement à accompagner le Gouvernement centrafricain dans la mise en œuvre de l'Accord de paix, la protection des civils et la promotion d'une paix durable, fondée sur la réconciliation nationale et le développement des communautés.
Dramane Darave