MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

La MINUSCA renforce les capacités des autorités locales pour une meilleure gouvernance dans la Nana-Mambere et la Mambere

La MINUSCA renforce les capacités des autorités locales pour une meilleure gouvernance dans la Nana-Mambere et la Mambere
Entre 2025 et 2026, 277 autorités administratives et locales ont bénéficié de formations et d'un appui matériel de la MINUSCA dans les préfectures de la Nana-Mambere et de la Mambere. Cette initiative vise à renforcer la gouvernance locale, améliorer les services rendus aux populations et soutenir le rétablissement durable de l'autorité de l'État dans ces
« Ce projet a offert l'opportunité d'investir durablement dans le renforcement des institutions locales. Une administration locale plus efficace est un pilier essentiel de la paix et du développement », déclare Abdou Diouf, coordonnateur de la Section des Affaires civiles de la MINUSCA à Bouar.
Des collectivités locales mieux équipées
Le projet a permis d'améliorer les conditions de travail des autorités locales grâce à la fourniture d'équipements essentiels.
Les communes de Carnot et de Baboua, situées respectivement dans les préfectures de la Mambere et de la Nana-Mambere, sont ainsi sur le point de recevoir 20 bacs à ordures et 15 râteaux destinés à renforcer la gestion des déchets ménagers et à améliorer l'assainissement urbain.
La sous-préfecture de Gadzi, dans la Mambere, a bénéficié d'une moto destinée à faciliter les déplacements du sous-préfet dans le cadre de ses missions administratives, tandis que celle d'Amada-Gaza, dans la même préfecture, a reçu des fournitures de bureau, notamment des registres et des classeurs.
« Cette moto va considérablement améliorer notre capacité à assurer le suivi des activités administratives et à servir les populations dans les différentes localités de la sous-préfecture », se réjouit Yika Lucien, sous-préfet de Gadzi.
En parallèle, trois Projets à impact rapide (QIPs) sont en cours de réalisation. Ils portent sur la réhabilitation et l'équipement de la mairie d'Amada-Gaza, ainsi que sur la construction, l'électrification et l'équipement de la mairie de Mbali, dans la préfecture de la Mambere. Une fois achevées, ces infrastructures permettront d'améliorer durablement la qualité des services publics offerts aux citoyens.
Plus de 260 autorités locales formées
Le principal volet du projet a porté sur le renforcement des capacités des autorités locales.
Au total, 261 chefs de quartiers et de villages, dont 14 femmes, issus des communes de Carnot, Gadzi et Mbali, dans la préfecture de la Mambere, ainsi que de Bouar, dans la Nana-Mambere, ont été formés sur leurs rôles et responsabilités conformément à la loi portant organisation et fonctionnement des collectivités territoriales.
Les sessions ont également porté sur la déontologie, la prévention et la gestion des conflits, la cohésion sociale, l'intégration des personnes retournées ainsi que la consolidation de la paix.
Pour Brigitte Namsio, cheffe du quartier Gogo, dans le cinquième groupement de Bouar, cette formation constitue un véritable atout. « Je remercie sincèrement la MINUSCA pour cette formation, qui nous a permis de mieux comprendre nos droits et nos responsabilités en tant qu'autorités locales. À mon retour, je partagerai les connaissances acquises avec les habitants de mon quartier afin qu'ils en bénéficient également », affirme-t-elle.
Accompagner les nouveaux élus communaux
Le projet a également accompagné l'installation des nouveaux élus locaux à travers une série de formations destinées à renforcer leurs compétences.
Ainsi, 38 nouveaux élus communaux, dont neuf femmes, issus de dix communes des sous-préfectures de Bouar, Baoro, Abba et Baboua, toutes situées dans la préfecture de la Nana-Mambere, ont bénéficié d'un renforcement des capacités portant sur les responsabilités des maires et des conseillers municipaux, l'élaboration des budgets communaux ainsi que la préparation des plans de développement local.
Ces activités interviennent à la suite des élections locales organisées en décembre 2025, les premières en République centrafricaine depuis 1988, marquant une étape majeure dans le processus de décentralisation et de mise en œuvre de l'Accord politique pour la paix et la réconciliation.
Nouvellement élu maire de Béa-Nana, Massina Joseph estime que cette formation lui permettra d'exercer pleinement ses nouvelles responsabilités. « En tant que nouveaux élus, nous ne maîtrisions pas encore pleinement les responsabilités et les missions qui incombent à un maire. Cette formation nous a permis de mieux comprendre notre rôle et les textes qui régissent nos fonctions afin de mieux servir nos communes respectives. Les connaissances acquises à travers les différents modules nous seront très utiles et nous nous engageons à les mettre en pratique dans l'exercice de nos fonctions », explique-t-il.
Un investissement durable pour la paix et la gouvernance
Au total, 277 autorités administratives et locales, dont 20 femmes, ont bénéficié directement des activités du projet.
Au-delà des chiffres, cette initiative a contribué à renforcer les capacités de gouvernance dans dix communes et 261 villages et quartiers des préfectures de la Nana-Mambere et de la Mambere. Les autorités locales disposent désormais de compétences accrues pour exercer efficacement leurs responsabilités, tandis que les investissements réalisés dans les infrastructures et les équipements devraient améliorer durablement les services rendus aux populations.
Le projet s'inscrit dans la mise en œuvre de l'Action prioritaire 39 du Plan national de développement, consacrée au renforcement des capacités des administrations locales. Il ouvre également la voie à de nouvelles initiatives visant à étendre les formations aux élus des 21 communes de la région de l'Équateur, ainsi qu'aux organisations de la société civile appelées à jouer un rôle accru dans la planification du développement local.
Pour Abdou Diouf, ces acquis constituent un investissement durable au service de la paix. « Le renforcement des capacités des collectivités territoriales est un investissement dans la stabilité et le développement. Lorsque les autorités locales sont mieux formées, mieux équipées et plus proches des citoyens, elles contribuent directement à la consolidation de la paix et au rétablissement de l'autorité de l'État », conclut-il.
Dramane Darave