MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Le Comité de pilotage du PBF évalue les résultats de neuf projets et prépare les investissements de 2027

PBF
Bangui (RCA) , 10 août 2026 – Photo de groupe lors de la deuxième session ordinaire du Comité de pilotage du Cadre de résultats stratégiques du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF). Photo MINUSCA / Clarisse Zihindula E'ka

Réuni le 10 août 2026 à Bangui, le Comité de pilotage (COPIL) du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF) a examiné l’état de mise en œuvre d’un portefeuille de neuf projets représentant près de 29 millions de dollars d’investissements. Cette rencontre, qui a rassemblé le Gouvernement centrafricain, les Nations Unies, les partenaires techniques et financiers, la société civile et le secteur privé, a également permis de définir les orientations stratégiques du PBF pour l’année 2027.

Le Comité de pilotage du Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF) a tenu sa session ordinaire à Bangui afin de faire le point sur les investissements en cours et d’arrêter les priorités d’intervention pour les années à venir. La rencontre a réuni les représentants du Gouvernement centrafricain, du système des Nations Unies, des institutions financières internationales, de l’Union européenne, des partenaires bilatéraux, des organisations de la société civile ainsi que du secteur privé.

Au cours de cette session, les membres du Comité ont passé en revue les performances des neuf projets actuellement financés par le PBF en République centrafricaine, pour une valeur globale estimée à près de 29 millions de dollars. Les échanges ont porté sur les résultats enregistrés sur le terrain, les défis liés à la mise en œuvre des activités ainsi que les enseignements tirés des missions conjointes de suivi réalisées dans plusieurs préfectures du pays.

Les participants ont souligné le rôle central du Comité de pilotage en tant que mécanisme de gouvernance partagée, favorisant le dialogue stratégique, la transparence et la redevabilité mutuelle entre les institutions nationales, les partenaires techniques et financiers ainsi que les bénéficiaires des projets.

Des défis opérationnels analysés sans complaisance

Les membres du COPIL ont examiné plusieurs questions relatives à la performance des projets. Parmi les préoccupations soulevées figuraient les écarts constatés entre les taux de décaissement et le niveau effectif d’exécution des activités, les contraintes opérationnelles rencontrées sur le terrain, les demandes de prolongation de certains programmes ainsi que les capacités de mise en œuvre des partenaires nationaux.

La répartition géographique des interventions a également été analysée afin de garantir que les investissements continuent de bénéficier en priorité aux zones les plus fragiles et les plus exposées aux risques de conflit.

Les discussions ont permis d’identifier plusieurs pistes d’amélioration visant à accroître l’impact des interventions financées par le PBF. Les participants ont notamment préconisé le renforcement des capacités des partenaires nationaux, une meilleure redevabilité vis-à-vis des autorités locales et des communautés bénéficiaires ainsi que le développement de mécanismes de suivi participatif.

Le Comité a salué les expériences déjà conduites dans plusieurs préfectures à travers des dispositifs communautaires de suivi et d’évaluation, considérés comme des outils efficaces pour mesurer l’impact réel des actions de consolidation de la paix.

Des partenariats innovants pour mobiliser davantage de ressources

Au-delà de l’examen des projets en cours, les membres du Comité ont validé les grandes orientations programmatiques du PBF pour l’année 2027.

Quatre domaines prioritaires ont été retenus : la promotion d’une transhumance apaisée, le soutien à la justice transitionnelle, l’appui au développement local et à la consolidation de la paix, ainsi que le renforcement de l’inclusion des jeunes conformément à la résolution 2250 des Nations Unies sur les jeunes, la paix et la sécurité.

Dans un contexte international marqué par une contraction des financements destinés à l’aide au développement, les participants ont également exploré de nouvelles opportunités de mobilisation des ressources.

Parmi les initiatives les plus prometteuses figure le partenariat stratégique entre le PBF et la Banque africaine de développement (BAD). Ce mécanisme de cofinancement vise à associer les investissements productifs de la BAD aux actions du PBF destinées à renforcer la cohésion sociale et à prévenir les conflits.

Selon les partenaires, cette approche innovante permettrait d’amplifier les effets des investissements de développement tout en contribuant durablement à la consolidation de la paix.

« Nous avons également discuté, de façon générale, de la manière dont le PBF peut continuer à soutenir la République centrafricaine et, avec les ministres, de la manière dont nous pouvons poursuivre la mobilisation de davantage de ressources du PBF pour le pays », a déclaré Mohamed Ag Ayoya, Coordonnateur résident des Nations Unies en République centrafricaine.

Une gouvernance renforcée au service des populations

Les recommandations adoptées à l’issue de la session traduisent la volonté commune des partenaires d’améliorer la gouvernance et l’efficacité des interventions financées par le PBF.

Elles mettent notamment l’accent sur une meilleure appropriation nationale des projets, le renforcement du dialogue avec les autorités locales et les populations bénéficiaires, une implication accrue du secteur privé ainsi qu’une coordination renforcée entre les ministères et les services déconcentrés de l’État.

Le Comité a également demandé une réorientation de certains projets inscrits dans le pipeline 2027 afin d’assurer une allocation plus stratégique des ressources, en tenant compte des fragilités persistantes et des priorités émergentes du pays.

Pour Marc Mandaba, ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération internationale, cette démarche est essentielle afin de maximiser l’impact des investissements en faveur des populations.

« Dans un contexte où les besoins demeurent importants, nous devons nous assurer que chaque investissement contribue effectivement aux priorités nationales de consolidation de la paix et orienter les ressources là où leur impact sera le plus important pour les populations centrafricaines », a-t-il souligné.

La session s’est achevée sur un consensus autour de la nécessité de renforcer l’alignement stratégique entre les Nations Unies, les institutions financières internationales et l’ensemble des partenaires multilatéraux afin d’accroître l’efficacité des investissements consacrés à la paix.

À travers cette approche concertée, les membres du Comité de pilotage ambitionnent de faire de chaque dollar investi un levier concret au service de la stabilité, de la cohésion sociale et du développement durable en République centrafricaine.

Clarisse Zihindula E'ka