Plus de 3 300 personnes, dont 1 444 femmes et filles, ont bénéficié des activités du projet « Promotion de la culture de la paix et réintégration socio-économique des déplacés et réfugiés de retour dans les préfectures de la Nana-Mambere et de la Mambere », mis en œuvre en 2025-2026 avec l’appui de la MINUSCA. Réalisé en étroite collaboration avec les autorités locales et les mécanismes communautaires, ce projet a permis de renforcer le dialogue communautaire, de promouvoir le rôle des jeunes dans la consolidation de la paix et de soutenir la réintégration socio-économique des populations retournées.
« L'objectif principal de cette initiative était de contribuer à l'opérationnalisation des mécanismes locaux de dialogue et de réconciliation tout en favorisant la réintégration durable des déplacés internes et des réfugiés de retour », a déclaré Abdou Diouf, coordonnateur de la Section des Affaires civiles de la MINUSCA à Bouar. Au total, 3 311 personnes, dont 1 444 femmes et filles, ont directement bénéficié des différentes activités menées dans les deux préfectures.
Renforcer les mécanismes locaux de dialogue
Malgré les difficultés de mobilité, les Comités locaux de paix et de réconciliation (CLPR), les Conseils préfectoraux de la jeunesse (CPJ) ainsi que les services préfectoraux des Affaires sociales ont poursuivi leur engagement.
Six séances publiques de sensibilisation sur la cohésion sociale ont été organisées à Carnot, Baboua et dans plusieurs villages environnants, touchant 793 personnes, dont 334 femmes et filles. Ces rencontres ont permis de promouvoir le dialogue intercommunautaire, la prévention des conflits et la cohabitation pacifique.
« Nous aspirons tous à la paix et au vivre-ensemble. Mais c’est en travaillant côte à côte, main dans la main, comme nous le faisions autrefois, que la cohésion sociale pourra véritablement renaître entre les femmes de Carnot. Cette initiative de la MINUSCA constitue une occasion de les rassembler autour d’activités communes qui renforceront leur solidarité et leur unité », a déclaré Christine Yakendé, sous-préfète de Carnot.
Les jeunes mobilisés comme acteurs de la paix
La jeunesse occupait une place centrale dans cette initiative. Quatre campagnes de sensibilisation ont été organisées auprès des jeunes et des élèves autour des thèmes du vivre-ensemble, de la tolérance, du pardon et de la résolution pacifique des conflits.
Au total, 668 jeunes, dont 260 filles, ont participé à ces sessions organisées à Carnot, Yongo, Ngaido et Gallo.
Deux grandes journées culturelles organisées à Carnot et à Koursou ont ensuite réuni plus de 1 500 participants, dont 750 filles et jeunes femmes. Danses traditionnelles, sketches, poèmes et jeux éducatifs ont permis de transmettre des messages de paix dans un cadre festif.
L'un des moments forts s'est déroulé à Koursou, où un représentant de la communauté peule a appelé les jeunes à lutter contre le vol de bétail, identifié comme une source majeure de tensions entre éleveurs et agriculteurs. Cette rencontre s'est conclue par un acte symbolique de réconciliation entre les communautés peule et chrétienne du village.
« Les jeunes sont trop souvent perçus comme des fauteurs de troubles. Pourtant, à travers cette campagne de sensibilisation, nous voulons les encourager à devenir de véritables acteurs de paix, de cohésion sociale et de développement au sein de leurs communautés », a indiqué Marien Sylvain Mongonou, président du Comité préfectoral de la jeunesse de la Nana-Mambere.
Faciliter le retour et l'intégration des populations déplacées
Le projet a également apporté des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par les familles de retour.
Grâce à l'organisation d'audiences foraines à Carnot et à Gallo, 250 enfants de déplacés et de réfugiés de retour ont obtenu un jugement supplétif d'acte de naissance, leur permettant désormais d'accéder plus facilement aux services essentiels, notamment à l'éducation.
Abdoul Karim Ali, président de la communauté des retournés de Gallo, a insisté sur la responsabilité des parents dans la conservation de ces documents. « Nous demandons aux parents de garder soigneusement ces actes. Ils sont essentiels pour garantir l’avenir de nos enfants », a-t-il déclaré, tout en exprimant sa gratitude envers la MINUSCA ainsi qu'envers les autorités locales et nationales pour leur engagement en faveur de l'accès à la citoyenneté centrafricaine.
L'autonomisation économique des femmes encouragée
L'intégration économique des femmes retournées constituait également une priorité. 100 femmes, issues notamment des associations villageoises d'épargne et de crédit de Carnot, ont bénéficié d'une formation sur les activités génératrices de revenus et les mécanismes d'épargne communautaire avant de recevoir des kits destinés à soutenir leurs initiatives économiques.
Au-delà de l'amélioration des revenus, cette activité favorise la collaboration entre les femmes revenues et celles restées dans leurs communautés d'origine.
« Nous sommes très satisfaites de cette formation sur les activités génératrices de revenus (AGR). Les connaissances acquises nous permettront de mieux gérer nos associations, de renforcer leur efficacité et de progresser vers une plus grande autonomie financière », a témoigné Amina Yongo Bowele, participante à la formation.
Des résultats encourageants à Baoro
Le suivi du projet d'aviculture lancé en 2023 à Baoro avec l'appui du HCR s'est poursuivi en 2026. Les deux groupements bénéficiaires, composés de membres des communautés retournées et des populations d'accueil, ont continué leurs activités. Si l'un poursuit l'aviculture, l'autre s'est orienté vers l'élevage bovin.
Même si les bénéfices économiques demeurent encore modestes, le premier groupement a enregistré ses premiers résultats financiers positifs et souhaite développer une nouvelle phase de production. Les responsables du projet estiment que l'impact le plus visible reste le renforcement de la cohésion sociale entre les membres des différents groupes.
Consolider les acquis
Les responsables du projet estiment que les résultats obtenus démontrent l'importance d'investir durablement dans les mécanismes locaux de dialogue et dans les initiatives de réintégration économique.
« Au regard des dynamiques locales et de la fragilité de la cohésion sociale entre les différentes communautés, des efforts devront encore être mobilisés pour renforcer davantage le dialogue et la réconciliation entre les différentes communautés. À ce titre, l’appui en moyens de sensibilisation et de mobilité des mécanismes locaux demeure d’actualité, surtout dans la perspective d’une responsabilisation accrue des partenaires nationaux », a conclu Abdou Diouf, coordonnateur de la Section des Affaires civiles de la MINUSCA à Bouar.
À travers ce projet, la MINUSCA et ses partenaires réaffirment leur engagement à accompagner les communautés de la Nana-Mambere et de la Mambere dans la consolidation de la paix, le renforcement du dialogue communautaire et la réintégration durable des populations déplacées et réfugiées de retour.
Dramane Darave














