MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

Ambassadeur Jeff Bartos : « les élections qui viennent d’avoir lieu constituent une réussite monumentale »

Interview du chef de délégation Américain .
Myriam ASMANI

A la tête d’une délégation en visite officielle, du 5 au 8 février, en République centrafricaine, la première depuis sa nomination en septembre 2025, l’Ambassadeur des États-Unis chargé de la gestion et de la réforme des Nations Unies, Jeff Bartos, était venu constater de près les progrès réalisés par la MINUSCA dans la mise en œuvre de son mandat. Outre les plus hautes personnalités centrafricaines et de la MINUSCA rencontrées, la délégation s’est rendue à Sam-Ouandja, dans la préfecture de la Haute-Kotto, puis à Birao, chef-lieu de la Vakaga, au nord-est du pays, en compagnie de la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies, Valentine Rugwabiza, et d’autres membres du leadership de la MINUSCA et de l’Equipe-pays des Nations Unies. Durant sa visite, il a accordé une interview exclusive à la radio Guira FM et MINUASCA TV dont voici l’intégralité :

Animateur Vikou Bessan : Bonjour, Monsieur l’Ambassadeur Bartos, et bienvenue dans le studio de MINUSCA TV !

Ambassadeur Bartos : Merci, Vikou ! Ça fait plaisir d’être ici ! Merci de me recevoir.

Q : Nous sommes également honorés de vous recevoir, et je tiens à rappeler à nos auditeurs du monde entier que l’ambassadeur Bartos occupe actuellement le poste d’ambassadeur des États-Unis auprès des Nations Unies pour la gestion et la réforme. C’est bien cela ?

R : Oui, tout-à-fait. J’ai eu le privilège d’être nommé par le Président Trump à ce poste exceptionnel. C’est en septembre que j’ai été confirmé en et j’ai l'honneur de servir le Président Trump ainsi que le peuple américain aux Nations Unies sous la direction de l’Ambassadeur Mike Waltz, du Secrétaire Marco Rubio et, bien sûr, du Président Trump.

Q : Dans le cadre de cette fonction essentielle, vous êtes à la tête de la délégation américaine pendant cette importante visite en République centrafricaine. Encore une fois, merci d’être avec nous.

Je suis très heureux d'être ici, c’est mon premier voyage officiel en tant qu’ambassadeur en République centrafricaine.

Q : Nous sommes ravis de vous recevoir. En tant qu’ambassadeur américain chargé de la gestion et de la réforme, pourriez-vous nous en dire plus sur l’étendue et les responsabilités de votre fonction ? Que faites-vous exactement ?

Le budget ! Mais cela va bien au-delà, et je suis entouré d’une équipe formidable. Je dirige une équipe d’une dizaine de professionnels possédant des connaissances approfondies. Mon équipe est très au fait du budget de l’ONU, du budget des opérations de maintien de la paix ainsi que du budget ordinaire. Le mode de financement de l’ONU, qui repose sur des contributions obligatoires et volontaires, est très complexe. Mais depuis que j’ai rejoint la mission à New York, notre objectif principal a été de remettre l’ONU en adéquation avec sa mission, de revenir à l’essentiel, en mettant l’accent sur la paix et la sécurité. Si vous regardez nos publications sur les réseaux sociaux dans la période du 30 décembre, vous verrez que l’ONU a adopté le budget pour 2026 à la cinquième commission, puis à l’Assemblée générale. Et c’était la première fois dans l’histoire des Nations unies que l’on réduise le budget ordinaire de 570 millions de dollars et que près de 3 000 postes soient supprimés. Nous ne nous réjouissons pas des suppressions d’emplois ou des coupes budgétaires pour le simple plaisir de faire des économies ; tout cela était ciblé. Le leadership américain a été indispensable pour rassembler les 193 pays afin de ramener l’ONU à ses fondamentaux, de la remettre sur la voie en adéquation avec sa mission et relever les défis au niveau mondial. Nous y sommes parvenus et c’était un consensus. Les 193 pays se sont réunis et ont tous déclaré qu’il était temps pour l’ONU de revenir à ses fondamentaux. Comme le dit le Président Trump, l’ONU a un grand potentiel. Nous voulons l’aider à réaliser son potentiel, puis à aller au-delà.

Q : Votre visite intervient juste un mois après les élections historiques du 28 décembre 2025, qui comprenaient des élections présidentielles, législatives et régionales, ces dernières étant les premières du genre depuis près de trois décennies. Cette visite fait également suite à l’adoption du dernier mandat de la MINUSCA il y a trois mois. Monsieur l’ambassadeur, pourriez-vous nous faire part des principaux objectifs de votre visite ? Pourquoi êtes-vous ici en ce moment ?

J’ai donc rencontré la Représentante spéciale du Secrétaire général. J’ai rencontré Valentine en octobre, et j’ai été très impressionné par son enthousiasme pour son travail. Elle a fait beaucoup d'éloges au sujet de son équipe et du travail accompli ici en République centrafricaine. Elle m’a présenté sa vision de ce qui allait se passer en décembre, à la fin du mois de décembre, plus précisément le 28 décembre, date des élections historiques. Étant nouveau à ce poste et désireux d’apprendre autant que possible, je voudrais servir le Président et le peuple américain, qui disposent d’une excellente équipe, mais je voulais aussi apprendre et j’ai dit : « Vous savez quoi, je pense que je devrais venir en RCA. Pour voir ce qui se passe ici sur le terrain après les élections, non seulement pour féliciter le peuple de la République centrafricaine et, bien sûr, le Président pour sa réélection, mais aussi pour dire que c’était une mission, et que grâce au leadership de Valentine, au leadership de la RSSG, je pourrais apprendre beaucoup, nous pourrions apprendre beaucoup, et c’est vraiment ce qui a motivé ma décision. C’était donc en octobre, et je pense que nous avons décidé d’organiser ce voyage, et nous voici en février.

Q : C’est donc cette rencontre qui a motivé votre visite ?

Oui, tout à fait. Nous avons eu une réunion à New York, et ce fut une excellente réunion. J’ai beaucoup appris, et je savais qu’il y avait encore beaucoup à apprendre, c’est pourquoi j’ai voulu venir ici pour rencontrer l’équipe et les gens formidables qu’il y a à Bangui. Nous partons demain sur le terrain, et je suis impatient.

Q : Sam Ounadja et Birao, l’extrême est ?

Je suis très enthousiaste. J’aurais aimé pouvoir passer plus de temps dans le pays et le découvrir davantage, mais nous ferons cela une autre fois.

Q : Vous avez mentionné que votre visite ici vous permettra de voir ce qui se passe réellement. Pendant votre séjour, vous avez eu l’occasion de rencontrer les plus hautes autorités de la République centrafricaine. Pouvez-vous nous dire, dans vos propres mots, qui vous avez rencontré, ce dont vous avez discuté avec eux et ce que vous avez retenu de ces échanges ?

J’ai eu l’honneur d'être reçu hier par le Premier ministre et le ministre des Affaires étrangères. Ce furent d’excellentes réunions, ils m’ont accordé beaucoup de temps. Il est important que des hauts responsables du gouvernement prennent le temps de me rencontrer et de me faire part de ce qui se passe ici en République centrafricaine. Tout le monde est très fier des récentes élections, qui ont été un succès retentissant avec un taux de participation de plus de 64 %. Près de 100 % des 99 % des bureaux de vote ont rendu leurs résultats sans aucun problème, ce qui est sans précédent. C’est une réussite extraordinaire, qui marque une étape importante. Le message que je voulais transmettre est tout d’abord de les remercier de m’avoir accueilli dans leur pays et de leur dire que c’est une réussite extraordinaire. Je leur ai donc demandé : « Que voyez-vous ? Sur quoi travaillez-vous ? Qu’est-ce que vous entrevoyez-vous pour les prochains mois ? Qu’en est-il pour l’année prochaine ?

Q : Et où peuvent-ils vous informer et partager avec vous des renseignements ?

Absolument ! J’ai acquis une grande connaissance de l’histoire. La riche histoire du peuple de ce pays, l’histoire du pays. Évidemment, ce qui s’est passé au cours des 11 à 12 dernières années avec la MINUSCA et ce que nous voyons actuellement, qui est, je pense, une avancée majeure. Une dynamique très positive est en train de se créer. Cela montre ce qu’il est possible d’accomplir grâce à un leadership fort et à une excellente collaboration entre le gouvernement et la mission de maintien de la paix.

Q : Compte tenu du soutien de longue date des États-Unis aux efforts de maintien de la paix, vous avez vu par vous-même et entendu parler de ce qui s’est passé depuis la signature de cet accord de paix sous l’égide de l’ONU et des États membres. Quelles sont vos attentes concernant les opérations de paix actuelles et futures, Monsieur l’Ambassadeur ?

L’ONU s’engage de manière exceptionnelle dans le maintien de la paix ; c’est la seule organisation internationale qui dispose de mécanismes tels que le Conseil de sécurité et le chapitre 7, les missions de maintien de la paix. Ce que nous avons fait au cours des quatre ou cinq derniers mois, ce n’est pas réinventer quoi que ce soit. Mais nous cherchons de nouvelles façons de collaborer avec les Nations Unies pour résoudre les crises dans le monde. Par exemple, la force de répression des gangs que le Conseil de Sécurité a adoptée en automne pour lutter contre le problème persistant des gangs en Haïti. Il s’agit pour le Conseil de sécurité de s’engager d’une manière exceptionnelle en faveur de la paix et de la sécurité internationales, sous le leadership des États-Unis ; mais bien sûr, l’ensemble du Conseil de Sécurité s’est réuni pour adopter cette résolution du plan de paix historique du président pour Gaza par treize voix contre zéro ; le Conseil de Sécurité a apporté son soutien unanime non seulement au Conseil de paix, mais aussi à la force internationale de stabilisation de la paix et à tous les niveaux du gouvernement qui vont maintenant prendre forme. Nous avons assisté à la signature historique en octobre, mais nous avons également vu la mise en place du Conseil de paix et d’autres entités à Davos, il y a quelques semaines à peine, et je pense donc qu’il y a beaucoup à voir là-bas. Les États-Unis ont joué un rôle considérable depuis la création de l’ONU, bien sûr, le leadership américain est indispensable, et la MINUSCA pour moi, alors que je voyage à travers le pays et que je m’entretiens avec les dirigeants ici en République centrafricaine. En discutant avec les dirigeants de la MINUSCA, j’apprends tout ce que je peux pour pouvoir ensuite rapporter ces informations à New York. Je travaille avec mes collègues à New York pour m’assurer non seulement que cette mission reste couronnée de succès, mais aussi pour déterminer ce que nous pouvons apprendre de cette dynamique positive qui s’est développée ici en République centrafricaine, et comment nous pouvons l’appliquer à d’autres missions et à des missions futures. Car il y aura d’autres crises dans le monde.

Q : Bien sûr, c’est inévitable.

C’est inévitable ! Que pouvons-nous apprendre de cette dynamique et que nous pouvons appliquer à d’autres missions ?

Q : Mais vous parlez de nouvelles façons de s’engager, mais cette nouvelle façon de s’engager ne se fait pas sans frictions.

Oui, bien sûr.

Q : Mais à cet égard donc, Monsieur l’Ambassadeur, et pour poursuivre, comment voyez-vous l’évolution du rôle de la MINUSCA en République centrafricaine ? Tous nos auditeurs à travers le monde qui suivent nos programmes seront très curieux de connaître votre réponse à cette question. Comment entrevoyez-vous l’avenir de cette mission des Nations Unies ici en République centrafricaine ?

Eh bien, les élections qui viennent d’avoir lieu le 28 décembre constituent une réussite monumentale ici. Pour le peuple de la République centrafricaine. Je pense que c’est une étape très importante pour la MINUSCA. Et bien sûr, pour le gouvernement de la République centrafricaine. Donc, je pense qu’en regardant vers l’avenir, je ne ferais pas de prédictions. Je ne voudrais jamais devancer les gens formidables qui sont ici, le gouvernement et les dirigeants de la MINUSCA. Je pense que ce que je ramène à New York, c’est que nous sommes ici depuis, voyons voir, près de neuf heures. Nous avons eu des réunions très enrichissantes avec l’équipe de direction à tous les niveaux de la mission.

Q : Les unes à la suite des autres.

Ils nous ont accordé environ 20 minutes pour déjeuner, ce qui est suffisant, mais je pense qu’il faut digérer tout ce que j’ai appris ici, le ramener avec moi et voir comment tirer parti de cette dynamique positive, ce que nous pouvons en retenir pour l’appliquer non seulement à d’autres missions, mais aussi à des crises à venir. C’est ce que je vois. C’est ce que je retiens de cet apprentissage. En termes de prévision de l’avenir, je pense que l’avenir est incroyablement prometteur.

Q : En septembre 2025, vous avez pris vos fonctions. Il s’agit de la première mission de maintien de la paix des Nations unies que vous visitez depuis que vous avez pris vos fonctions.

Je me suis rendu en RDC uniquement à cause du vol. Je ne voulais pas manquer de respect à la République centrafricaine, mais nous avons pris l’avion pour Kinshasa, où nous avons passé trois jours, rencontré l’équipe de la MONUSCO, puis nous sommes arrivés à Bangui hier. Comme je l’ai dit, je passerai trois jours ici en République centrafricaine. Avant de nous rendre à Nairobi pour y passer du temps avec nos collègues de l’ONU, mais oui, je pense qu’il était vraiment important pour moi et pour ainsi que pour le poste que j’occupe en matière de réforme de la gestion, compte tenu du temps, des efforts et des ressources consacrés aux missions de maintien de la paix, de rencontrer par moi-même les personnes sur le terrain qui non seulement fournissent les services, mais aussi les personnes formidables que j’ai rencontrées ici, les citoyens de la République centrafricaine, de voir les dirigeants du gouvernement, le Premier ministre, la Ministre des Affaires étrangères ; d'assimiler tout cela. Je vais retourner à New York, avec un horizon élargi et beaucoup d’enseignements, et nous verrons comment nous allons mettre cela en pratique à l’avenir.

Q : En parlant de rencontrer les gens, vous allez vous rendre dans les campagnes pour voir par vous-même comment les Nations Unies et le gouvernement travaillent main dans la main pour garantir la fourniture de services et l’application de l’autorité de l’État. Avez-vous des attentes particulières concernant ces visites sur le terrain ?

J’ai hâte d’être sur le terrain. Je suis tellement impatient d’aller sur le terrain. Tout d’abord, je vais pouvoir enlever mon costume-cravate et enfiler des vêtements de travail appropriés, sortir et rencontrer les gens sur le terrain, écouter ce qu’ils ont à dire, entendre comment la mission a affecté leur vie. Je m’attends à ressentir beaucoup d’enthousiasme au sujet du succès des élections et de ce que l’avenir réserve au peuple de la République centrafricaine. Je suis vraiment en mode écoute. Je n’ai rien à dire, je suis ici pour écouter, pour apprendre et pour recueillir les témoignages des personnes qui ont bénéficié de cette mission. Je m’attends à entendre, et je suis sûr que j’entendrai, lorsque nous serons sur le terrain, la fierté que les gens éprouvent face au grand succès que nous constatons ici en République centrafricaine.

Q : Monsieur l’Ambassadeur, si vous aviez un message à adresser au peuple centrafricain, quel serait-il ?

Merci pour votre chaleureuse hospitalité. J’ai vraiment apprécié mon séjour ici. J’ai hâte de me rendre sur le terrain demain. Félicitations pour le taux de participation de 64 % à une élection nationale pour la première fois en 37 ans, avec quatre niveaux de gouvernement sur le bulletin de vote. Ce sont des réalisations historiques, une grande source de fierté. Félicitations au peuple, félicitations au gouvernement et merci pour votre chaleureuse hospitalité. J’ai vraiment apprécié mon séjour ici.

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