Plus d’une trentaine de participants, dont treize jeunes, ont pris part, le 10 septembre 2026 à Lambi, dans la préfecture de l’Ombella-M’Poko, à un Cercle de paix organisé par la MINUSCA en partenariat avec les autorités locales. Cette rencontre a permis d’échanger sur les questions de sécurité, de cohésion sociale, de transhumance, d’autonomisation économique des femmes et de formation professionnelle des jeunes. Les participants ont formulé plusieurs recommandations visant à promouvoir le développement local et à consolider la paix dans leur commune.
Les échanges ont porté sur plusieurs thématiques, notamment l’inclusion et la représentation, le climat, la paix et la sécurité, l’égalité de genre, ainsi que l’éducation et la culture de la paix.
Un espace de dialogue autour des défis de la communauté
Cette rencontre a donné l’occasion aux participants de partager leurs expériences et de formuler des propositions visant à renforcer la sécurité et à consolider la paix dans la commune de Lambi et ses environs.
Selon Roméo Ouabangué, président de la jeunesse de Lambi, la population s’est toujours mobilisée pour accompagner les initiatives communautaires. « Prenons le cas de la construction de la mairie de Bodiki. C’est la population qui a fourni les matières premières comme le sable, les cailloux et les concassés. La MINUSCA a, pour sa part, apporté du ciment et d’autres appuis », a-t-il expliqué.
Il rappelle également que lors de l’installation des Forces armées centrafricaines (FACA) à Lambi, les habitants avaient apporté diverses formes de soutien. « Quand les FACA sont arrivées, les populations de Lambi ont cotisé pour leur apporter un peu d’argent. Nous leur avons aussi offert des vivres et fourni des informations sécuritaires utiles à leur travail », a ajouté Roméo Ouabangué.
Pour lui, ces initiatives démontrent l’engagement de la population dans les efforts de développement local et de consolidation de la sécurité.
La prévention des conflits liés à la transhumance au cœur des préoccupations
La transhumance, souvent à l’origine de tensions entre agriculteurs et éleveurs, a largement retenu l’attention des participants. Ces derniers ont souligné la nécessité de renforcer l’action des services techniques dans la prévention et la gestion des conflits.
Technicien d’élevage à Lambi, Emmanuel Ouabangué estime qu’une meilleure coordination entre les services concernés permettrait de réduire les tensions. « Ce qui est souvent à l’origine des tensions entre agriculteurs et éleveurs, c’est le non-respect des couloirs de transhumance. Certains éleveurs conduisent leurs troupeaux dans les champs et certains agriculteurs cultivent dans les zones réservées au passage du bétail. Cela provoque des conflits. Pour y mettre un terme, je souhaite qu’un technicien d’agriculture soit affecté à Lambi afin que nous puissions travailler ensemble avec les autorités communales pour gérer les difficultés liées à la transhumance », a-t-il proposé.
Les femmes demandent un appui à leurs activités économiques
La question de l’autonomisation économique des femmes et des jeunes filles a également été abordée. Les femmes leaders présentes ont plaidé pour un accompagnement financier susceptible de renforcer leurs activités génératrices de revenus.
Commerçante au marché de Lambi, Nina Yadémé a souligné les difficultés rencontrées par les femmes de la commune. « Aujourd’hui, nous, femmes commerçantes de Lambi, ne pouvons pas diversifier suffisamment les produits que nous mettons sur le marché. L’état de la route ne nous permet pas de nous rendre facilement à Bangui ou dans d’autres localités pour nous approvisionner. Notre capacité financière demeure également limitée. C’est pourquoi je demande au gouvernement ainsi qu’aux organisations privées de nous soutenir à travers des mécanismes de microcrédit afin de développer davantage nos activités commerciales », a-t-elle dit.
Un appel en faveur de la formation professionnelle des jeunes
La problématique de l’éducation et de la culture de la paix a également suscité un vif intérêt parmi les participants. Plusieurs intervenants ont plaidé pour la création d’infrastructures de formation destinées aux jeunes.
Pour Roméo Ouabangué, de nombreux jeunes de Lambi n’ont pas eu la possibilité de poursuivre leurs études, mais disposent du potentiel nécessaire pour contribuer au développement de leur commune. « À Lambi, beaucoup de jeunes sont analphabètes ou n’ont pas poursuivi leur scolarité. Pourtant, ils peuvent participer au développement de leur localité. C’est pourquoi nous demandons la construction d’un centre de formation professionnelle afin de permettre aux jeunes femmes et hommes d’apprendre un métier et de devenir autonomes », a-t-il plaidé.
Même constat pour Ghislain Yelegbegbe, un autre jeune de la commune, qui estime qu’un centre de formation professionnelle ou une maison des jeunes permettrait aux jeunes d’acquérir des compétences utiles. « Je demande au gouvernement de penser aux jeunes de Lambi en construisant une maison des jeunes ou un centre de formation professionnelle où nous pourrions apprendre la saponification, la couture, la menuiserie et d’autres métiers. Un jeune qui dispose d’un métier devient un acteur de paix, car il ne souhaite pas voir la violence compromettre ses activités génératrices de revenus », a-t-il affirmé.
Cadre de dialogue intergénérationnel, le Cercle de paix a constitué un moment privilégié de partage d’expériences, de réflexions et d’engagements entre jeunes et adultes de la commune de Lambi. Les discussions ont permis de mettre en lumière les attentes des communautés en matière de sécurité, de cohésion sociale et de développement local, tout en réaffirmant leur volonté de contribuer à la consolidation durable de la paix.
Par Fleury Roger Koursany








