MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

DES INVESTISSEMENTS POUR LA STABILISATION, DES RÉSULTATS EN FAVEUR DE LA SÉCURITÉ, DE LA COHÉSION SOCIALE ET DE LA GOUVERNANCE LOCALE DANS LA YADE

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Bangui, le 9 septembre 2026 – Le relèvement de la région de Yadé et les prochains investissements pour la stabilisation dans la région du Triangle nord-est de la République centrafricaine (RCA) ont été au centre de la conférence de presse hebdomadaire de ce 9 septembre, avec la participation du Gouverneur de la région, M. Barthélémy Wilikon, de M. Jean-Paul Tshibangu, Chef par intérim du bureau de la MINUSCA à Paoua, et de la porte-parole de la MINUSCA, Yaye Sène.

Selon le Gouverneur Wilikon, la région de la Yadé se relève aujourd'hui progressivement grâce aux efforts conjugués du Gouvernement et de ses partenaires, notamment la MINUSCA. La situation sécuritaire, sans être totalement stabilisée, ne relève plus d'une rébellion organisée mais d'actes résiduels de banditisme.

Le programme de Réduction de la violence communautaire (CVR) contribue à la réinsertion socio-économique des jeunes à travers formations professionnelles et remise de kits d'installation, renforçant leur sentiment d'appartenance à leur communauté. Plusieurs projets à impact rapide ont par ailleurs permis de réhabiliter des ponts à Bocaranga et Bocaranga-Foulbé, désenclavant des localités longtemps isolées et facilitant les échanges commerciaux, a rappelé le Gouverneur. Le renforcement de la présence de l'État à Bembéré (FACA, douanes, police, gendarmerie, commerce) a quant à lui contribué à réduire sensiblement les conflits entre agriculteurs et éleveurs, grâce notamment à la mise en place de comités locaux de médiation et de gestion des conflits.

Détaillant l'action de la MINUSCA à Paoua, le chef par intérim du bureau de la Mission a rappelé l'appui apporté aux Comités de mise en œuvre préfectorale, ainsi qu'aux forces de défense et de sécurité : poste mixte FACA de Bembéré remis en mai 2026, cinq motos remises aux Forces de sécurité intérieure en novembre 2025, et déploiement depuis juin d'une unité de police constituée de la Mauritanie à Paoua. Selon M. Tshibangu, la Mission soutient également les groupes de travail sur la transhumance de l'Ouham-Pendé et de la Lim-Pendé, ainsi que le Comité local de paix et de réconciliation. Plusieurs infrastructures administratives ont en outre été construites ou réhabilitées entre 2025 et 2026, dont les sous-préfectures de Paoua, Ngaoundaye et Markounda et une clinique vétérinaire à Bocaranga.

Interrogé sur le DDRR et les préoccupations liées à la présence d’ex-combattants dans certaines localités, le Gouverneur a indiqué qu’à Paoua, une partie des ex-combattants ayant adhéré au processus a intégré les forces de défense et de sécurité conformément aux critères établis par l’État, tandis qu’une autre bénéficie de programmes de réinsertion socio-économique. Il a également souligné qu’à Kouki et à Markounda, aucun incident majeur impliquant les ex-combattants engagés dans le processus n’a été signalé à ce jour, relevant que la cohabitation avec les populations et les Forces armées centrafricaines demeure globalement pacifique.

Sur le volet électoral, le Gouverneur a précisé que les scrutins locaux invalidés dans certaines circonscriptions, dont une dans l'Ouham-Pendé, seront repris le 27 septembre. La MINUSCA continuera d'appuyer le Gouvernement et l'Autorité nationale des élections sur les plans logistique et sécuritaire, notamment pour l'acheminement du matériel électoral vers les zones difficiles d'accès. Un programme de renforcement des capacités des futurs élus locaux, portant sur la gouvernance et la gestion administrative, est par ailleurs prévu par le ministère de l'Administration du territoire.

Pour sa part, la porte-parole a réaffirmé le plein engagement de MINUSCA aux côtés du Gouvernement centrafricain, des autorités locales, des forces de défense et de sécurité ainsi que des communautés, pour consolider les acquis enregistrés dans la Yadé et accompagner les efforts en faveur d'une paix durable.

Au cours de la conférence de presse, la porte-parole a également annoncé le lancement officiel à Bria, sous la présidence du Premier ministre, Félix Moloua, et du Représentant spécial adjoint du Secrétaire général des Nations Unies, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire, Mohamed Ag Ayoya, du projet « Dynamique des conflits, transformation et stabilisation dans la région du Triangle au nord-est de la République centrafricaine », financé à hauteur de cinq millions de dollars par le Fonds des Nations Unies pour la consolidation de la paix (PBF). « S'inscrivant dans la continuité des engagements pris par le Gouvernement centrafricain et les Nations Unies lors de la visite conjointe de haut niveau effectuée à Bria et à Sam Ouandja en février 2023, ce projet vise à renforcer la présence de l'État, améliorer l'accès aux services sociaux de base et soutenir les moyens de subsistance dans la Haute-Kotto et la Vakaga », a précisé la porte-parole.

« La dynamique engagée aujourd'hui à Bria illustre l'approche intégrée que soutiennent le Gouvernement centrafricain, les Nations Unies et leurs partenaires : renforcer la présence de l'État, consolider la paix et améliorer les conditions de vie des populations dans les régions confrontées à des défis particuliers », a souligné Yaye Sène, avant de préciser que c'est dans ce même esprit que la conférence de presse de ce jour a été consacrée à la région de la Yadé, où la Mission poursuit son accompagnement des autorités et des communautés face aux enjeux de sécurité, de transhumance, de gestion des zones frontalières et de gouvernance locale.

Interrogée sur une possible baisse de visibilité de la Mission et sur la reconfiguration en cours, la porte-parole a tenu à clarifier qu'il ne s'agit en aucun cas d'un désengagement et que tout transfert de responsabilités aux autorités nationales résulte d'un dialogue concerté avec le Gouvernement, et seul le Conseil de sécurité des Nations Unies est habilité à modifier le mandat de la Mission. « Les priorités de la MINUSCA demeurent inchangées : protection des civils, appui aux autorités nationales, renforcement de la sécurité, restauration de l'autorité de l'État et accompagnement des processus de paix, de réconciliation et de gouvernance locale », a rappelé la porte-parole.