Après plusieurs régions centrafricaines, c’est au tour de Bouar, préfecture de la Nana-Mambéré, d’accueillir, ce 28 octobre 2026, une délégation de la MINUSCA, conduite par la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies en République centrafricaine et Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza. A l’agenda, le renforcement de la gouvernance locale et la consolidation des acquis de la paix, et remettre au centre des discussions les attentes des populations après les élections.
Lors de ses échanges avec les autorités locales, les maires et les élus récemment installés, Valentine Rugwabiza a insisté sur la nécessité de traduire la confiance accordée par les citoyens dans les urnes en réponses concrètes à leurs besoins quotidiens. L’accès aux services publics, la sécurité, la cohésion sociale et les perspectives de développement constituent autant de défis auxquels les nouvelles autorités locales sont appelées à répondre.
« La confiance des populations vient toujours avec une demande », a rappelé la Cheffe de la MINUSCA aux élus, soulignant que leur mandat implique une responsabilité directe envers les citoyens. « La population vous donne sa confiance en vous élisant ; elle attend que vous lui apportiez des services. »
Consolider la paix pour ouvrir la voie au développement
Cette rencontre a également permis de faire le point sur les progrès réalisés dans la région en matière de paix, de sécurité, de tenue des élections et de renforcement de la présence de l’État. Valentine Rugwabiza a salué les efforts des autorités locales et des populations, dont l’engagement a contribué aux avancées enregistrées.
Elle a toutefois rappelé que ces acquis demeurent fragiles et doivent être consolidés pour prévenir tout retour à l’insécurité. Dans les communautés, la stabilité est essentielle pour permettre aux familles de se rendre aux champs, aux commerçants de poursuivre leurs activités et aux habitants de circuler librement.
« La priorité, c’est de consolider ces réalisations », a-t-elle déclaré, soulignant que la préservation de la paix est une condition indispensable à la mise en œuvre de projets sociaux et économiques durables.
Pour les nouveaux élus, l’enjeu est désormais de transformer les attentes des citoyens en initiatives locales adaptées aux réalités de leurs communes.
Des élus de proximité face aux attentes citoyennes
Le gouverneur de la région de l’Équateur, Honoré Kinda, a souligné que l’installation des nouveaux élus suscite l’espoir d’une gouvernance davantage tournée vers les préoccupations des communautés. Il a qualifié ces élus de porteurs de « l’espoir d’une gouvernance de proximité ».
Cette responsabilité s’accompagne néanmoins de défis importants, notamment en matière de services sociaux, de cohésion entre les communautés et de prévention des conflits.
Aussi, le gouverneur a-t-il appelé au renforcement des capacités des élus afin qu’ils puissent concevoir des projets de développement local et mieux répondre aux besoins de leurs administrés. Il les a également exhortés à exercer leur mandat dans « un esprit de transparence, d’éthique, de dialogue et de redevabilité ».
Mais la réussite de cette mission est aussi tributaire de la mobilité des autorités régionales, un enjeu opérationnel pour assurer une présence administrative plus effective, suivre les initiatives locales et maintenir le dialogue avec les communautés, y compris celles qui rencontrent des difficultés d’accès aux services.
En réponse, ils ont eu droit à trois véhicules de la MINUSCA pour ainsi faciliter leur déplacement et soutenir la mise en œuvre de leur mandat, dans un contexte où la proximité avec les populations et le suivi des besoins sur le terrain sont essentiels.
Femmes et enfants au cœur de la paix et de la stabilité
Etape importante de la visite, est la visite de la cheffe de la MINUSCA à la Maison de la Femme de Bouar et à l’école de musique locale, deux initiatives qu’elle a présentées comme des exemples de la contribution des communautés à la paix.
À la Maison de la Femme, Mme Rugwabiza a insisté sur le fait que le lieu ne se limite pas à ses bâtiments. Les activités qui s’y tiennent, a-t-elle souligné, aident les femmes à prendre part à la médiation, à la prévention des conflits et au renforcement de la cohésion sociale. Ce travail rapproche notamment des communautés autrefois en conflit et accompagne le retour de personnes déplacées ou réfugiées.
Elle a également salué les messages de sensibilisation affichés dans les différentes salles, estimant que d’autres Maisons de la Femme pourraient s’en inspirer. Mme Rugwabiza a assuré que celle de Bouar devait rester une priorité du soutien de la MINUSCA.
Occasion pour la présidente préfectorale de l’OFCA, Céline Gbiebivo, de décrire cette visite comme un moment historique et un signe d’encouragement pour les femmes de la région.
À l’école de musique, la cheffe de la MINUSCA a félicité l’équipe pour le développement de l’établissement, qui accueille désormais plusieurs générations d’élèves. Le projet, a-t-elle rappelé, vise depuis ses débuts à faire de la musique un instrument de paix.
Et de souligner que la formation ouvre de nouvelles perspectives à des jeunes issus de milieux vulnérables. Leurs talents musicaux peuvent élargir leurs horizons et leur offrir de nouvelles possibilités.
De la confiance électorale aux résultats concrets
Au-delà des rencontres institutionnelles, la visite a permis de remettre au centre des échanges les préoccupations quotidiennes des habitants : accéder aux services publics, exercer leurs activités en sécurité, se déplacer sans crainte et prendre part aux décisions qui concernent leur avenir.
Pour la MINUSCA et les autorités locales, l’enjeu consiste à mieux identifier les obstacles auxquels les communautés sont confrontées, à définir les priorités et à adapter leur coopération, notamment dans le contexte de la reconfiguration de la Mission.
« Il s’agissait d’abord de vous écouter et entendre quelles sont vos priorités », a résumé Valentine Rugwabiza.
Un message qui souligne l’importance du dialogue entre les institutions et les citoyens. Car, à Bouar comme dans les autres localités de la République centrafricaine, la consolidation de la paix se mesure aussi à la capacité des autorités à répondre aux attentes des populations et à transformer les progrès sécuritaires en améliorations durables de leurs conditions de vie.
Dramane Darave





