Des dons de médicaments à Ndélé, des parades conjointes à Kaga-Bandoro, des hommages à Obo et Bangassou ou encore des activités sportives, de renforcement des capacités des forces nationales à Bossangoa et une cérémonie solennelle à Bangui ont marqué la célébration de la Journée internationale des Casques bleus des Nations Unies en République centrafricaine, le 29 mai 2026. Placée sous le thème « Investir dans la paix : consolider et préserver les acquis de la paix », cette édition 2026 a permis aux populations, aux autorités locales et aux Forces de défense et de sécurité de saluer l’engagement des femmes et des hommes de la MINUSCA qui œuvrent quotidiennement en faveur de la paix, de la sécurité et de la stabilité du pays.
A Bangui, la Journée a été célébrée solennellement par la Représentante spéciale du Secrétaire général des Nations Unies pour la République centrafricaine, Valentine Rugwabiza et le Premier Ministre centrafricain, Félix Moloua.
« Nous célébrons les acquis qui ont été immenses au cours des années écoulées. Je n'ai pu citer que quelques-uns parce que nous avions des contraintes de temps, mais l'un de ces acquis, ce sont justement ces élections groupées, qui ont été réalisées et qui ont permis une stabilité institutionnelle dans le pays, ainsi que notre présence continue dans la protection des populations. Il est important de passer à la consolidation et de saisir cette opportunité pour assister le pays que nous servons à construire ses capacités et à accroître sa présence sur son territoire », a déclaré la Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza.
À Ndélé (Bamingui-Bangoran), un don de médicaments, de moustiquaires et de blouses du contingent djiboutien de la MINUSCA à l’hôpital de la ville a marqué cette journée. Le docteur Guy Medard Ourandji, médecin-chef du district sanitaire de la Bamingui-Bangoran, a remercié la MINUSCA pour cet appui. « Ce don pourra vraiment nous aider à repartir dans les villages pour apporter notre appui, car pendant le mois d'avril, lors de nos soins mobiles pour la population, nous avons secouru les familles sinistrées à 80 km d’ici, mais qui se retrouvent dans la même situation de détresse en ce moment », a-t-il dit.
À Kaga-Bandoro (Nana-Gribizi), la célébration a été marquée par une parade conjointe des Casques bleus de la MINUSCA et des Forces de défense et de sécurité centrafricaines, symbole du partenariat et des efforts communs en faveur de la paix et de la stabilité dans la Nana-Gribizi. Présent à cette cérémonie, le préfet de la Nana-Gribizi, Pierre Nino Yangoua, a salué l’engagement des Casques bleus dans la préfecture. « Aujourd’hui, même si des défis persistent, nous pouvons reconnaître que des progrès significatifs ont été accomplis grâce aux efforts conjoints du Gouvernement centrafricain et de la MINUSCA. Au fil des années, la MINUSCA a joué un rôle essentiel dans la stabilisation de notre préfecture », a-t-il affirmé.
À Obo, (Haut-Mbomou), les Casques bleus ont célébré leur Journée en présence des autorités locales et militaires. Le colonel Léonard Mbele, préfet du Haut-Mbomou, a salué les efforts inlassables des Casques bleus qui, depuis leur arrivée, se sont engagés à stabiliser la région, à assurer la sécurité, à promouvoir la cohésion sociale et à favoriser la réconciliation dans cette région marquée par les conflits armés. « Au nom du gouvernement de la RCA, je tiens à remercier de vive voix la Force onusienne déployée au Haut-Mbomou depuis 2015. Cette Force a tout fait pour que le Haut-Mbomou soit stabilisé. Aujourd’hui, nous témoignons notre reconnaissance envers les Nations Unies et les Casques bleus qui, selon leur mandat multiforme, œuvrent pour que la sécurité, la paix et le vivre-ensemble soient présents dans le Haut-Mbomou en particulier, mais aussi dans l’ensemble de la RCA », a-t-il dit.
À Bangassou (Mbomou), les autorités politico-administratives et militaires, ainsi que les responsables des structures de prévention et de gestion des conflits, se sont réunis sur la base du bataillon marocain pour rendre hommage à l’engagement et au dévouement des femmes et des hommes qui servent ou ont servi dans les opérations de maintien de la paix, qu’ils soient militaires, policiers ou civils. Victor Bissenkoin, Gouverneur de la région du Haut-Oubangui et préfet du Mbomou, a salué le sens de l’engagement, du sacrifice et de l’humanisme des femmes et des hommes qui servent ou ont servi dans les opérations de maintien de la paix. « La RCA fait partie des pays soutenus par les Nations Unies, précisément par sa Force constituée des Casques bleus, qui prêtent main-forte aux états fragilisés par les conflits, notamment les plus vulnérables. Ils les aident à ramener la paix sur leur territoire et à restaurer l’État de droit. Je suis convaincu qu’avec cette collaboration multidimensionnelle développée par la MINUSCA et nos forces nationales, nous arriverons un jour à mettre un terme à l’insécurité et à la crise en RCA », a affirmé le Gouverneur.
À Bossangoa (Ouham), un match de football opposant l’équipe de la Mission à l’AS Kangba, composée des vétérans de la ville, ainsi que la remise de trois motos destinées à renforcer les capacités opérationnelles des forces nationales dans leurs missions de protection et de sécurisation des populations civiles, ont marqué cette journée. Les deux activités se sont déroulées sur la place des fêtes de Bossangoa, en présence des autorités locales, des Forces de défense et de sécurité ainsi que des représentants de la MINUSCA. Selon le Gouverneur de la région de la Yade, Barthélémy Wilikon, « ces équipements permettront d’accroître les capacités opérationnelles des Forces armées centrafricaines et de faciliter leur déploiement sur le terrain au bénéfice des populations ».
À Bouar (Nana-Mambéré), l’Unité de police constituée camerounaise a organisé, dans le quartier Ngollo 2, une distribution d’eau potable. Ciblant près de 300 personnes, cette activité civilo-militaire a permis à de nombreuses familles de bénéficier d’un accès essentiel à l’eau potable, dans un contexte marqué par la pénurie. « Nous avions un puits, mais il est à présent à sec. Nous devons parcourir de longues distances pour puiser de l’eau potable », témoigne Abel Yakete, habitant du quartier.
La Place de la République de la ville de Paoua (Lim-Pendé) a servi de cadre à la célébration, au cours de laquelle plusieurs activités ont été organisées afin de mettre en lumière les contributions des soldats de la paix engagés au sein de la MINUSCA dans la région de la Yadé. La préfète de la Lim-Pendé, Pierrette Benguere, a rendu un vibrant hommage aux Casques bleus qui, au prix de leur vie, ont œuvré pour la stabilisation de la région et appuyé l’extension de l’autorité de l’État, notamment lors des récentes élections groupées : « Les Casques bleus continuent à contenir les menaces et à prévenir l'escalade. Ils assurent la protection des populations et ouvrent la voie au retour à une vie normale dans les régions traumatisées par la violence. Ils favorisent le retour de l'autorité de l'État dans les zones stabilisées. En appuyant nos forces centrafricaines, nous avons pu organiser les quatre élections en une journée et nous sommes devenus un héros ou un modèle sur le plan mondial. Nous ne pouvons que leur dire merci. Pour cette journée, la population de la Lim-Pendé, par ma voix, ne peut que vous tirer le chapeau ».
Cette Journée internationale des Casques bleus a mis en lumière l’engagement quotidien des personnels civils, policiers et militaires de la MINUSCA au service de la paix en République centrafricaine. Elle a également réaffirmé l’importance du partenariat entre la Mission, les autorités nationales et les populations pour relever les défis qui subsistent et poursuivre les efforts en faveur de la stabilité et du développement du pays.
Ingrid Josette Souembot née Sandanga














