La République centrafricaine a été, ce 20 octobre, à l’agenda des discussions du Conseil de sécurité des Nations Unies à l’occasion de la présentation, par la Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, du dernier rapport du Secrétaire général sur la situation en RCA. Au nombre des points abordés figurent les avancées dans la mise en œuvre de l’accord de paix, la restructuration de la Mission, les élections, les droits de l’homme, les nouveaux défis sécuritaires transfrontaliers et les défis humanitaires. Occasion pour la Représentante spéciale de réitérer l’impérieuse nécessité de préserver les progrès et de continuer à privilégier la paix et la stabilité à long terme.
Dès l’entame de son exposé, la Cheffe de la MINUSCA a salué la libération, le 19 octobre, des trois dernières personnes, dont le sous-préfet, enlevées à Bambouti (Haut-Mbomou, au sud-est de la Centrafrique), lors de l’attaque du 28 décembre 2025. Une libération qui résulte d’une opération dirigée et sécurisée par la MINUSCA, à l’issue de plusieurs mois d’intenses efforts de médiation menés par les autorités locales et la Mission.
Des progrès concrets, mais aussi des défis
A l’intention des membres du Conseil de sécurité, Valentine Rugwabiza souligne que des résultats tangibles sont enregistrés, notamment « dans la mise en œuvre des processus politiques et de paix, l’extension effective de l’autorité et de la présence de l’État sur l’ensemble du territoire de la RCA, la protection des civils ainsi que la tenue des élections historiques de 2025 « et sont « le fruit des efforts soutenus des autorités et du peuple centrafricains, avec l’appui de la MINUSCA. Ces acquis doivent désormais être préservés et consolidés ».
Les avancées enregistrées en matière de désarmement ne sont pas des moindres.« Depuis juillet 2025, plus de 1 900 combattants ont été désarmés et démobilisés grâce au soutien logistique, sécuritaire et technique de la MINUSCA ».
Pour consolider ces acquis, la cheffe de la MINUSCA invite le Gouvernement à « accélérer, avec l'appui de la MINUSCA, l’achèvement du processus de désarmement et de démobilisation ainsi que l'auto-dissolution des groupes armés, tant il est vrai que « la pérennité de ces efforts passera par l'accélération du processus de réintégration socio-économique avec l'appui coordonné des partenaires de la République centrafricaine ».
La situation sécuritaire au cours des derniers mois a aussi connu des évolutions positives, grâce aux efforts conjugués de la MINUSCA et du Gouvernement. Des difficultés subsistent cependant dans la zone de la triple frontière entre la République centrafricaine, le Tchad et le Soudan. Le 30 juin, des groupes armés ont notamment attaqué Am-Dafock, dans la Vakaga.
L’attaque a provoqué le déplacement de plus de 17 000 civils et blessé six Casques bleus de la MINUSCA. Face à cette situation, la Mission a renforcé sa présence dans la zone et adopté des mesures robustes pour protéger les civils, appuyer les forces nationales et rétablir l’autorité de l’État.
La Cheffe de la MINUSCA a toutefois précisé que « les acquis en matière de paix et de sécurité n'ont pas été remis en cause et qu'aucune détérioration sécuritaire significative n'a été observée dans les localités où les bases de la MINUSCA ont été fermées », confirmant ainsi « l'efficacité de nos mesures d'atténuation, lesquelles comprennent notamment « des patrouilles de longue portée plus fréquentes en soutien aux forces armées et de sécurité nationales dans les zones où les responsabilités relatives à la protection des civils et aux tâches de sécurité ont été transférées à nos homologues nationaux ».
Quid de la restructuration de la MINUSCA ?
La mise en œuvre de la reconfiguration de la Mission a été l’un des points de l’intervention de la Représentante spéciale devant le Conseil de sécurité. Cette mesure doit permettre à la MINUSCA d'adopter une posture plus robuste et plus agile, concentrant ses ressources dans les zones à plus haut risque tout en favorisant une plus grande appropriation nationale dans les zones plus stables. Pour la Représentante spéciale, les premiers résultats sont positifs puisque la sécurisation dans certaines localités n’a pas été mis en cause grâce aux mesures mises en place par la MINUSCA.
La planification de la transition de la MINUSCA fait l’objet d’une concertation étroite entre la Mission et le Gouvernement centrafricain. Aussi, la Représentante spéciale a-t-elle rappelé la tenue, en août dernier, d’une réunion de haut niveau consacrée à la planification conjointe de la transition, qu’elle avait co-présidée avec le Premier ministre et Chef du Gouvernement.
« Cette réunion, dit la Cheffe de la MINUSCA, a mis en lumière les progrès déjà accomplis par la MINUSCA dans le transfert de certaines tâches aux autorités nationales ainsi que les capacités nécessaires au transfert de tâches supplémentaires. Notre approche commune est claire : la transition doit être conduite sous l'appropriation nationale, de manière responsable et en tenant compte des réalités du terrain afin de préserver les acquis, encore fragiles, en matière de paix, de sécurité et de stabilité ».
Alors que le Conseil poursuit les discussions en vue du renouvellement du mandat de la MINUSCA, la Représentante spéciale exhorte ses membres à maintenir celle-ci avec des effectifs et des capacités adéquats durant cette phase critique de consolidation. Le prochain mandat, fait-elle valoir, devrait être consacrée à la consolidation des progrès réalisés en matière de sécurité et de stabilisation afin de créer les conditions nécessaires à une transition progressive et responsable.
Le maintien des acquis au cœur des préoccupations du Conseil de sécurité
A tour de rôle, les 15 membres du Conseil ont salué des progrès constants réalisés par la République centrafricaine, avec le soutien de la MINUSCA, notamment dans le processus de paix, de désarmement, démobilisation et réinsertion, de protection des civils, ainsi qu’en matière de restauration et d’extension de l’autorité.
Ces avancées n’occultent en rien les défis sécuritaires encore notables sur le terrain. Aussi, le Conseil a-t-il souligné la nécessité de poursuivre du désarmement, la dissolution effective des groupes armés encore actifs et la réintégration durable des anciens combattants restent des conditions essentielles pour renforcer la stabilité et la sécurité sur le terrain.
Et préserver les acquis suppose le maintien des capacités de protection de la MINUSCA face à des menaces sécuritaires encore persistantes et de conduire toute évolution du dispositif de la MINUSCA en fonction des réalités du terrain.
Les États membres du Conseil ainsi que le représentant permanent de la RCA à l’ONU ont tous rendu hommage à la Représentante spéciale pour le travail accompli à la tête de la MINUSCA depuis quatre ans et demi. Des témoignages qui ont mis en exergue son engagement en faveur de la stabilisation du pays, du dialogue politique et de la mise en œuvre des priorités du mandat de la Mission.




