MINUSCA
Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine

L’agriculture, voie d’insertion et de stabilité sociale à Boubouï

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A Boubouï, situé à 43 kilomètres de Bangui, sur l’axe Boali, 60 personnes, dont 36 femmes, participent à une activité agricole qui transforme progressivement leur quotidien, une activité du programme de réduction de la violence communautaire (CVR) de la MINUSCA,

Après avoir bénéficié d’une formation d’un mois en février 2026 sur les techniques culturales modernes, les membres du groupement mettent désormais en pratique les connaissances acquises. Préparation du sol, semis en ligne, entretien des cultures et maraîchage sont devenus leur quotidien. Aujourd’hui, ils exploitent quatre hectares sur les 15 hectares mis à leur disposition pour la culture de l’arachide, du maïs et des produits maraîchers. En parallèle, ils poursuivent le défrichage de nouvelles superficies destinées à l’extension des cultures vivrières.

Une opportunité qui redonne espoir aux familles

Pour Octavie Feidangai, bénéficiaire du programme, cette initiative représente bien plus qu’un simple projet agricole. « Nous exprimons notre gratitude envers la MINUSCA pour ce projet. Ce dernier nous a considérablement aidés, a suscité notre intérêt et nous avons investi toutes nos énergies pour faire prospérer notre groupement de Boubouï. Cela nous permettra d'assurer une alimentation adéquate pour nous et nos enfants. Nous avons déjà semé des arachides et nous sommes en train de défricher pour la culture du maïs, avant de planter des boutures de manioc », a-t-elle affirmé.

La formation dispensée dans le cadre du Programme CVR a profondément changé les pratiques agricoles des bénéficiaires. Noël Wambeti explique comment les nouvelles connaissances acquises ont amélioré sa façon de cultiver : « Auparavant, je ne choisissais pas le sol pour cultiver. Je défrichais n’importe où, ce qui entraînait une production limitée. Après avoir été formé à l’étude du sol, je suis désormais capable de sélectionner le sol propice à la culture. Aujourd’hui, grâce à cette formation, je bénéficie d’un rendement élevé qui nous permet de nous nourrir et de nous sentir bien intégrés dans la communauté ».

Le travail collectif au service de la cohésion sociale

Au-delà de l’apprentissage agricole, le programme contribue également à renforcer les liens entre les différentes composantes de la communauté.

Amadou Adamou, éleveur peulh, souligne l’impact du projet sur les relations sociales au sein du village. « Nous voulons que ce projet soit développé dans tout le pays pour renforcer la cohésion sociale. Ici à Boubouï, grâce à ce projet, nous vivons dans la cohésion sociale. Même dans nos familles, nos enfants bénéficient des retombées de cette entente », a-t-il dit.

Le groupement nourrit également de nouvelles ambitions, notamment dans le domaine de l’élevage, afin de diversifier les activités génératrices de revenus et renforcer davantage son autonomie financière.

Les femmes au cœur de la dynamique communautaire

Avec 36 femmes parmi les 60 bénéficiaires, le projet met en lumière le rôle essentiel des femmes dans le développement local. Soumouta Nadine, mère de sept enfants, observe avec satisfaction les progrès réalisés dans les champs : « Quand je vois les arachides pousser à grand pas, je suis heureuse car bientôt ce sera la récolte et nous allons bénéficier des retombées pour nous occuper de nos familles ». Pour elle, le projet favorise également le vivre-ensemble : « Je m’entends très bien avec les autres, on mange ensemble et on partage nos idées. À travers leur engagement, les femmes participent activement au développement économique du groupement tout en renforçant les liens de solidarité entre les membres ».

Le programme offre également de nouvelles perspectives à des jeunes qui exerçaient auparavant des activités pénibles ou peu rémunératrices.

C’est le cas de Josué Kouzoubanda, ancien charbonnier. « J’étais charbonnier, j’ai abandonné car c’est pénible. Aujourd’hui, j’houe cette terre pour le maïs. À la récolte, je pense m’occuper de mes besoins, construire ma maison et aider mes parents », confie -t-il. Comme beaucoup d’autres bénéficiaires, il met en avant les compétences techniques acquises grâce à la formation : « Avant, je cultivais en désordre sans utiliser les mesures. Avec le projet CVR, on nous a appris comment semer en ligne, en respectant les espaces. Aujourd’hui, je maîtrise cette technique et demain je serai capable de transmettre cette compétence à d’autres jeunes ».

Le suivi des bénéficiaires est assuré par des techniciens agricoles, parmi lesquels Élysée Polycarpe Gonalahou, ingénieur agronome et formateur.

Selon lui, les bénéficiaires ont été formés aussi bien au maraîchage qu’aux cultures vivrières : « Nous avons formé les bénéficiaires sur les techniques de culture maraîchère et vivrière. Aujourd’hui, vous voyez les résultats avec les parcelles d’arachide, de maïs et les cultures maraîchères ». Afin d’assurer un accompagnement efficace, les 60 bénéficiaires ont été répartis en quatre groupes de 15 personnes. « Nous avons subdivisé les bénéficiaires en quatre groupes afin de mieux coordonner les activités sur le terrain. Cela nous permet d’accompagner efficacement chaque équipe », a-t-il ajouté.

Deux mois après le lancement des activités, les progrès sont déjà visibles. « Auparavant, ils faisaient des semis d’arachide en désordre. Maintenant, ils appliquent le semis en ligne et les résultats sont visibles. Les bénéficiaires sont désormais capables de reproduire ces techniques même en notre absence », conclu Élysée Polycarpe Gonalahou.

Le Programme CVR de la MINUSCA favorise non seulement l’insertion socio-économique des communautés, mais contribue également au renforcement de la sécurité alimentaire et de la paix sociale à Boubouï. Une partie des futures récoltes est destinée à la consommation des familles tandis que l’autre est vendue afin de générer des revenus. Les membres du groupement prévoient également de constituer une épargne commune pour assurer le développement durable de leurs activités.

Par Grâce NGBALEO